Alin Seidler, groom de Maikel van der Vleuten, témoigne avec émotion de son travail

Si Maikel van der Vleuten a concédé deux fautes dans le Grand Prix support du Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles, dimanche à Bois-le-Duc, le plus capé de tous les cavaliers néerlandais en activité a signé une édition 2024 du Dutch Masters exemplaire en termes de résultats. Victorieux de deux épreuves, dont la première des trois majeures, vendredi, au mérite d’un barrage supersonique sur Beauville, médaillé de bronze individuel aux JO de Tokyo en 2021 et aux Mondiaux de Herning en 2022, il s’est aussi classé dans trois autres épreuves avec Elwikke et Kentucky TMS. Ces succès, le cavalier fin et humble les doit aussi à Alin Seidler, soigneuse attitrée de ses chevaux en compétition depuis près d’un an. Rencontre avec une jeune Allemande passionnée par son travail.



Pourriez-vous d’abord vous présenter et nous dire quel est votre rôle?

Je m’appelle Alin, et je travaille pour Maikel van der Vleuten depuis près d’un an. J’ai commencé ma carrière de groom en Allemagne il y a dix ans, au service du Holsteiner Verband (l’association des éleveurs du Holstein, ndlr).

Qu’est-ce qui vous a motivée à faire carrière dans le milieu équestre ?

J’ai commencé à monter à cheval avec mon père quand j’étais enfant. C’était notre moment à nous. J’avais un cheval de compétition, mais les très bons cavaliers sont nombreux en Allemagne. Je ne pensais pas avoir les qualités nécessaires pour atteindre le haut niveau. En réfléchissant, je me suis dit que pour voyager à travers le monde avec les chevaux, je pourrais devenir groom. Ce métier me permettrait de passer mon temps avec les chevaux, de continuer à monter et de voir le monde: la solution idéale!

Selon vous, qu’est-ce qui fait du Dutch Masters une compétition à part?

L’atmosphère qui y règne. L’ambiance autour de la piste principale est folle. Le public est toujours à fond derrière nous. C’est aussi l’un des meilleurs concours pour nous, car tout est là pour notre confort. Les stands de nourriture sont excellents, et tout est à portée de main, si bien qu’il n’est jamais nécessaire de marcher très loin. C’est également un lieu très accueillant pour les chevaux. Et si les chevaux sont heureux, nous le sommes aussi!

Comment qualifieriez-vous les chevaux qui vous accompagnent?

Nous avons Beauville, que j’appelle le “patron”. Il a une personnalité bien à lui, c’est le type de cheval qu’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie (vendredi soir, il a remporté la première des trois épreuves majeures du CSI 5*, ndlr). Ensuite, nous avons Elwikke, une jument de douze ans (quatrième et sixième des deux épreuves à 1,45m qu’elle a sautées à Bois-le-Duc, ndlr), et notre jeune étalon Kentucky TMS, qui est très sympa, mais qui a encore besoin d’un peu de temps pour révéler son potentiel (il a toutefois gagné une épreuve à 1,40m et s’est classé cinquième d’une autre épreuve à cette hauteur, ndlr).

En tant que groom internationale de concours, vous voyagez tout autour du monde. Comment veillez-vous à ce que vos chevaux soient à leur aise et prêts à performer?

J’essaie de faire en sorte que tout soit comme à la maison, où que nous soyons. Nous veillons à ce que nos chevaux ne soient pas stressés, nous prenons notre temps. Dans ce métier, même si l’on risque d’avoir trois heures de retard, on n’agit jamais dans la précipitation. L’important, c’est le bien-être des chevaux. Je fais tout mon possible pour qu’ils soient à l’aise. Si un cheval a besoin de plus d’espace, ou s’il faut que le cheval d’à côté soit un hongre, on s’adapte. Il faut bien connaître ses chevaux et comprendre ce qui les rend heureux.



“Maikel est un véritable homme de cheval, qui comprend instinctivement sa monture”

Quelles sont les qualités qui font de Maikel van der Vleuten un si bon cavalier?

C’est un véritable homme de cheval. Il comprend instinctivement sa monture. Il sent lorsque quelque chose ne va pas, et nous discutons ensemble pour trouver des solutions. Il suffit parfois de changer d’alimentation, ou de parler au vétérinaire ou au kiné, mais il est toujours important de planifier une solution pour remédier au problème le plus vite possible.

Parlez-nous de l’équipe qui vous entoure...

Notre équipe à domicile accomplit un boulot formidable. Nous n’en serions pas là sans son aide. Notre réussite commence à la maison. Les déplacements et concours sont ma responsabilité, mais il faut que les chevaux soient bien chez nous si nous voulons qu’ils se sentent bien en concours. En veillant à ce qu’ils restent en bonne santé et en bonne forme physique lorsque nous sommes absents, l’équipe à la maison effectue un travail essentiel.

Le Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles vient de fêter son dixième anniversaire. Quelle importance revêt cette initiative pour la discipline, selon vous?

À part le CSIO 5* Masters de Spruce Meadows, je suis allée à tous les Majeurs du Grand Chelem Rolex. Cette initiative a joué un rôle primordial pour la discipline. Elle réunit les meilleurs cavaliers au monde qui y engagent leurs meilleurs chevaux. On n’assiste pas à un tel niveau de compétition toutes les semaines. C’est une chance inouïe pour les amateurs de saut d’obstacles, qui peuvent ainsi voir concourir le nec plus ultra de ce sport.

Si vous étiez à nouveau un enfant, quel conseil que vous donneriez-vous à vous-même?

Je dirais à la petite fille que j’étais de tout refaire pareil, de faire ce qu’elle aime pour réaliser ses rêves.



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