“Au haras de Bel Air, nous essayons de mettre en place des améliorations chaque année”, Marie-Laure Deuquet

À partir du 23 mai, le haras de Bel Air, à Pernay, accueillera en un moins les trois temps forts de sa saison de concours. Comme à l’habitude, ce lieu situé à une quinzaine de kilomètres de Tours sera l’hôte d’une étape du Grand National de saut d’obstacles, puis d’une de la Tournée des As Poneys estampillée du label “Super As”. Marie-Laure Deuquet, gérante de la structure avec ses fils, Eliott et Arthur, a également reconduit son CSI 2* lancé l’an passé, qui s’ouvrira le 12 juin. L’entrepreneuse tire le bilan de la première édition de ce concours international, expose les points forts de sa structure et s’exprime quant à ses ambitions pour cette saison de compétition. Élue secrétaire générale de la Fédération française d’équitation (FFE) en 2021, elle livre également son regard sur les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. 



Comment vont s’articuler les événements phares de la saison de compétition au haras de Bel Air? 

Du 23 au 26 mai, nous organiserons tout d’abord une étape du Grand National de saut d’obstacles, comme nous le faisons depuis onze ans maintenant à Pernay. Il s’agit d’un très beau concours qui accueille des chevaux en devenir avec des cavaliers de très bon niveauNous avons la chance d'accueillir tous les ans beaucoup d’engagés pour cet événement. Je pense que c’est une date qui est assez privilégiée car étant donné que la saison de concours a déjà marré depuis plus de deux mois, les couples sont rodés pour se lancer dans des Grands Prix Pro Élite à 1,50m. Ils intègrent donc assez facilement notre concours à leur calendrier de compétition et l’an passé, nous avions accueilli, au total cinq cent cinquante chevaux durant ce week-end-là. Nous espérons en avoir autant cette année. 

Le week-end suivant, les 1er et 2 juin, nous enchaînons avec une étape de la Tournée des As Poneys estampillée du label Super As. C’est un concours qui fonctionne aussi très bien puisque en 2023nous avons enregistré plus de mille cinq cents engagements sur deux jours. Cette saison, nous attendons encore beaucoup de monde et sommes très contents d’avoir un partenariat avec Harcour pour cette compétitiondurant laquelle nous essayons de chouchouter nos petits cavaliers en devenir. Nous avons la chance que notre concours soit l’une des étapes de sélection pour les championnats d’Europe Poneys, ce qui le rend un peu incontournable pour l’élite française de cette catégorie. Enfin, notre troisième grande échéance de la saison sera le CSI du 13 au 16 juin. Il accueillera six labels puisque nous aurons un 2*, un 1*, un CSI Poneys, un CSI jeunes chevaux ainsi qu’un CSI Amateurs qui sera le support d’une étape de l’Amateur Gold Tour. C’est un concours qui vaut le détour notamment du fait de sa convivialité et de la qualité des infrastructures. Nous espérons que les cavaliers fidèles des concours du haras de Bel Air répondront de nouveau présents cette année. 

Comment se déroulent les préparatifs pour votre CSI de la mi-juin? 

En réalité, les préparatifs pour les trois temps forts de la saison vont s’enchaîner, puisque nous accueillerons trois semaines de concours en l’espace d’un mois. Au haras de Bel Air, nous avons l’avantage d’avoir désormais beaucoup d'équipements permanents, ce qui évite d’avoir trop d’aménagements de dernière minute à effectuer. La partie village exposants va s'installer huit jours avant le démarrage du Grand National et nous préparons déjà les pistes de compétition d'arrache-pied. Par ailleurs, nous avons la chance d'avoir deux cent vingt boxes en dur, des parkings stabilisés, des belles aires de détente et une piste de galop. Le tout avec une forêt à proximité pour que les chevaux puissent s'oxygéner. Ces infrastructures participent grandement à la réussite de nos concours et nous permettent d’organiser trois beaux événements consécutivement, même si curer tous les boxes entre deux manifestations représente beaucoup de travail.  Nous sommes aussi dans les préparatifs des animations, parce qu'il faut avoir la capacité d'accueillir le public dans de bonnes conditions. Pour les cavaliers, nous en avons prévu un peu tous les soirs afin qu’en plus de l’aspect sportif, qui est ce pour quoi ils viennent, ils se souviennent aussi de notre concours pour les bons moments qu’ils y ont passés. En termes de restauration, la qualité sera de mise avec notamment un bar à vin très convivial où nous allons organiser des soirées juste en face de la piste. Nous espérons simplement que la météo sera de la partie.



Le haras de Bel Air accueillera la deuxième édition de son CSI du 13 au 16 juin 2024

Le haras de Bel Air accueillera la deuxième édition de son CSI du 13 au 16 juin 2024

© Collection privée

Quel bilan avez-vous tiré de la première édition de ce CSI ?  

Le bilan que nous en avons tiré est très bon, puisque nous avons accueilli environ cinq cents chevaux en 2023, et les gens étaient très satisfaits de cette édition. Elle nous a permis d’attirer des cavaliers venant d’un peu partout, et une population de concurrents un peu différente de ceux qui viennent à Pernay d’habitude. Bien sûr, il y avait des athlètes qui ont l’habitude de se rendre à Pernay pour notre étape du Grand National et nous connaissaient par ce biais, mais le fait que l’événement soit international a fait venir des cavaliers qui concourent essentiellement en CSI, justement, et qui souhaitent participer à des épreuves comptant pour le classement mondial Longines des cavaliers. Lors de notre événement, il y en aura deux, dont le Grand Prix 2* à 1,45m du dimanche, qui aura une dotation globale de 32000€Pour ce qui est des amateurs, nous avons l’habitude d’attirer ceux qui viennent avec des cavaliers professionnels et/ou sont installés dans les grandes régions limitrophes, et avec le CSI Amateurs, étape de l’Amateur Gold Tour, nous accueillons également un public différent.  

Des innovations ou des améliorations par rapport à l’édition 2023 sont-elles prévues cette année? 

Au haras de Bel Air, nous essayons de mettre en place des améliorations chaque année. Il y a deux ans, nous avons par exemple construit cent vingt box supplémentaires. L'an passé, nous avions fourni un gros effort et pas mal investi car nous accueillions le championnat de France Majors et que nous devons donc nous mettre à niveau sur la partie sanitaire et parking. Cette fois, nous avons essayé d'améliorer les abords du concours et la qualité de la restauration. Nous avons également le projet de rénover notre piste numéro deux. En bref, tous les ans, nous procédons à des améliorations dans un secteur ou un autre et l'année prochaine, nous espérons pouvoir vraiment monter d'un cran.



Quelles sont vos attentes quant à l’édition 2024 de votre étape du Grand National et de votre CSI? 

Tout d’abord, nous espérons avoir le plus d’engagés possible, ce qui est essentiel. Nous n’avons pas trop de craintes quant au week-end du Grand National ni même quant à celui où nous accueillons la Tournée des As, mais nous sommes un tout petit peu inquiets pour celui du CSI. En effet, un CSI 2* aura lieu sur le site du Haras du Pin en même temps que le nôtre, ce qui n’est pas idéal puisqu’il y aura donc deux concours de label similaire dans un rayon de deux heures et demie de route. Malheureusement, nous n’avons pas réellement eu la possibilité de nous entretenir avec un interlocuteur à ce sujet lors de la réunion de mise en place du calendrier. Nous espérons tout de même que les cavaliers fidèles à Pernay viendront pour le CSI. Par ailleurs, notre but est de profiter des grands événements que sont ce concours et l’étape du Grand National pour attirer du grand public et lui faire découvrir la filière cheval. Nous mettrons donc en place, lors des deux événements, un village enfant avec des baptêmes à poney, du tir à l'arc, des maquillages et plein d’autres activités. Durant le CSI, nous allons, de plus, organiser avec un prestataire une chasse au trésor afin de donner envie aux familles de venir passer un dimanche à la campagne en assistant à un bel événement équestre international. Le public pourra découvrir nos installations avec la possibilité de monter à cheval, voire de s'inscrire.

Quelles sont vos ambitions pour le futur du CSI? Passer à un label supérieur? 

Effectuer les demandes pour passer à un label supérieur et obtenir ce droit ne sont pas forcément les choses les plus difficiles, mais derrière, il faut trouver des budgets permettant d’assurer la dotation des épreuves. Aujourd'hui c'est vraiment le nerf de la guerre, et tous les organisateurs de concours le savent bien. Pour nous, l’objectif est déjà de pérenniser ce CSI 2*. Nous en organiserons un deuxième à la rentrée, le week-end du 5 au 8 septembre, ce qui est aussi inédit. Entre-temps, nous aurons également un concours national avec un Grand Prix Pro1 à 1,45m ainsi que des épreuves amateures du 22 au 25 août.



En tant que secrétaire générale de la FFE, quel regard portez-vous sur les Jeux olympiques et paralympiques qui approchent? Sentez-vous un frémissement préolympique? 

Il y a beaucoup de curiosité, d'intérêt, de passion à l'approche de ce grand rendez-vous, qu'on n'aura peut-être pas l'occasion de revoir en France, puisque a priori, nous n’accueillons les Jeux d’été qu’une fois tous les cent ans (la dernière édition française date en effet de 1924, ndlr). C'est un événement tout à fait hors norme et particulier. Il y a peu de tempsGL Events (qui assurera la livraison des opérations événementielles et sportives des épreuves équestres des Jeux olympiques et paralympiques, ndlr) a organisé une répétition générale dans les quatre disciplines à l’occasion du Printemps des sports équestres, et tout s’est parfaitement bien déroulé. C’est donc de bon augure! Il y a eu un bel engouement pour cet événement, donc nous espérons avoir la même ferveur pour les Jeux, qui seront d’autant plus incroyables que les épreuves équestres se dérouleront dans le parc du château de Versailles! Tout est prévu pour que ce soit un événement qui reste gravé dans l'esprit des gensen espérant là encore que cela permette de faire découvrir la pratique de l'équitation sportive dans le respect du bien-être animal et de toutes les attentes du public aujourd'hui à des novices, voire des non-initiés.