Max Kühner détrône Julien Épaillard au palmarès du Grand Prix CSI 5* de Ramatuelle

Max Kühner a remporté de haute lutte le Grand Prix Longines du CSI 5* de Ramatuelle, ce soir dans le Var. Associé au très rapide EIC Up Too Jacco Blue, l’Autrichien est sorti vainqueur d’un barrage à quatre, devançant les Français Simon Delestre et Julien Épaillard, deux et quatrième sur Cayman Jolly Jumper et Donatello d’Auge, tenant du titre. Eduardo Álvarez Aznar s’est intercalé au troisième rang sur Rokfeller de Pléville, son fabuleux Selle Français de dix-neuf ans.



Compte tenu des chevaux dont il disposait, on pouvait penser que 2023 serait l’année de Max Kühner. Ayant bouclé cet exercice à la huitième place du classement mondial Longines des cavaliers, l’Autrichien, qui a mené sa nation d’adoption à une médaille de bronze par équipes historique aux championnats d’Europe de Milan, a plutôt réussi son année, également marquée par une victoire dans le Grand Prix Rolex du CSI 5* de Dinard avec Elektric Blue P. Pour autant, il a manqué la finale de la Coupe du monde Longines et terminé “seulement” très bon septième des Européens en individuel avec le même cheval. Certes, il est plus facile de théoriser depuis un confortable fauteuil de journaliste que de gagner des Grands Prix, mais on était en droit d’en attendre un peu plus encore de lui.

L’an 2024 sera-t-il le bon pour le natif d’Allemagne, éternel gendre idéal aux yeux bleus et à la silhouette aussi impeccable que son brushing? Il est encore trop tôt pour le dire, d’autant que son bilan dépendra beaucoup de sa réussite aux Jeux olympiques de Paris 2024, où l’Autriche présentera une équipe pour la première fois depuis des lustres. En attendant, le réservé Bavarois s’est classé septième de la finale de la Coupe du monde en avril avec EIC Up Too Jacco Blue et Julius Caesar, ainsi que troisième du Grand Prix Coupe du monde de Bâle avec EIC Cooley Jump the Q, également deuxième du Longines Global Champions Tour (LGCT) de Miami. Ce soir, il a ni plus ni moins remporté le deuxième Grand Prix LGCT de sa carrière, deux ans après sa victoire à Monte-Carlo avec le Selle Français Coriolis des Isles, vendu l’automne dernier aux Émirats arabes unis en vue des JO. Septième au classement mondial, il pourrait gagner une place en juin – on le saura d’ici quelques jours. Bref, voilà le jeune quinquagénaire bien lancé pour réussir la meilleure saison de sa carrière.

Tout près de l’iconique plage de Pampelonne, Max Kühner s’est imposé aux rênes d’Up Too Jacco Blue, un hongre ISH de treize ans par Chacco-Blue et une mère par ARD VDL Douglas. Ce n’est peut-être pas un hasard si la victoire est revenue à un cheval Irlandais, tant la classe de galop a joué une importance cruciale ce soir. Toujours en phase d’expérimentation en vue des JO, où il officiera en duo avec l’Espagnol Santiago Varela Ullastres, Grégory Bodo a lancé aux trente-huit cavaliers en lice un sacré défi. Insurmontable? Non, puisqu’un barrage à quatre a conclu les festivités, mais extrêmement difficile, particulièrement pour les cavaliers s’attachant à soigner leur tour initial. Au menu, il n’y avait point de rivière, mais une ligne avec des barres de Spa en 5 et un double vertical-oxer en 6, puis un triple oxer-vertical-oxer en 10 et une dernière ligne avec un double de verticaux en 12 et un gros oxer en 13. L’épaisseur des obstacles a fait son travail, tout comme la technicité du tracé, mais on retiendra surtout que le temps imparti a poussé nombre de concurrents à la faute. En tout, on a compté quatre abandons, dix-huit parcours pénalisés de temps dépassé et sept autres sanctionnés de deux et trois fautes, presque toujours causées par de la précipitation.



Julien Épaillard défend son titre avec panache, et Simon Delestre retrouve son crack

Des douze Français au départ, seuls deux se sont qualifiés pour le barrage. Dans l’ordre, on a compté huit points à Jean-Luc Mourier et Gravity LCH, battus sur les barres de Spa et l’oxer 13, neuf à Kevin Staut et Scuderia 1918 Viking d’la Rousserie, fautifs sur les oxers 8 (sur bidet) et 11, six à Olivier Robert, qui a renversé le dernier sur Iglesias DV, quatre à Jeanne Sadran et Nina Mallevaey, piégées elles aussi sur le dernier après des tours épiques sur Dexter de Kerglenn, huitième, et Dynastie de Beaufour, neuvième, juste devant Grégory Cottard, qui n’a cédé que sur l’oxer 11 avec Cocaïne du Val. Julien Anquetin a abandonné après cinq fautes sur Blood Diamond du Pont. L’oxer 10a et le vertical 12a sont tombés au passage de Roger-Yves Bost et Ballerine du Vilpion, tandis qu’Edward Levy et Igins du Seigneur ont fauché le vertical 9 et l’oxer 13. Dernier à partir, Philippe Rozier a livré une prestation convaincante avec sa Dirty Sweet jusqu’au triple, dont le couple a renversé les deux premiers éléments, avant d’abandonner.

Au barrage, Max Kühner a d’emblée signé un double sans-faute, à peine entaché par un dernier saut délicat, mais assez réussi pour mettre ses rivaux sous pression. Juste après lui, Julien Épaillard et Donatello d’Auge, tenants du titre, ont coupé la ligne d’arrivée dans un temps quasiment identique à celui du lauréat, mais fauché l’oxer 11 et le vertical 12b, finissant quatrièmes. Quant à Eduardo Álvarez Aznar, il a accompli un nouvel acte de bravoure associé à Rokfeller de Pléville, son fringant Selle Français de dix-neuf ans, se classant troisième au mérite d’un irréprochable double sans-faute. Dernier à s’élancer, Simon Delestre a bénéficié des conseils de Henk Nooren, le sélectionneur de l’équipe de France, jusqu’au dernier instant. Juché sur un Cayman Jolly Jumper aussi brillant au barrage qu’au tour initial, le Lorrain n’a pas su aller plus vite que l’Autrichien, mais son double sans-faute lui a offert une très belle deuxième place. Et l’ancien numéro un mondial est reparti avec l’assurance que son crack a retrouvé son meilleur niveau, ce qui est de très bon augure à trois semaines de l’étape néerlandaise de la Ligue des nations Longines, à Rotterdam, dernier test majeur avant l’annonce de la sélection olympique.

Auteur d’un cinquième sans-faute en cinq étapes disputées cette année avec Rokfeller, Eduardo Álvarez Aznar conserve logiquement la tête du classement général du LGCT. En revanche, l’Espagnol n’est pas encore qualifié pour le Super Grand Prix Longines de novembre, n’ayant pas encore gagné d’étape ou fini deuxième derrière un cavalier déjà qualifié. Dès jeudi prochain, le LGCT et sa ligue d’écuries privées poseront leur barnum à Cannes, étape historique, dont la tenue est désormais concomitante avec le CSIO 5* de La Baule.

Les résultats
Le parcours du Grand Prix Longines
Le classement général du Longines Global Champions Tour



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