Pour Karl Cook, l’heure est enfin venue!

Si cette année est celle de ses premiers Jeux olympiques, 2024 aura, quoi qu’il arrive, marqué un tournant dans la carrière de Karl Cook. Semblant avoir trouvé la partenaire rêvée en Caracole de la Roque (SF, Zandor x Kannan), l’Américain touche désormais son objectif du doigt.



Fin mai, lui et sa bondissante baie ont créé la surprise en s’imposant brillamment dans l’historique Grand Prix du CSIO 5* de Rome, face à une concurrence de taille, deux jours après avoir bouclé une splendide Coupe des nations (0+4). Le couple s’est emparé deux semaines plus tard de la deuxième place du difficile Grand Prix du CSIO 5* de La Baule, après une autre remarquable prestation dans la Coupe des nations (0+4). Une impeccable régularité lui ayant permis d’être désigné comme remplaçant pour les Jeux olympiques de Paris; un combat de taille, car les États-Unis disposent finalement de nombreuses cartouches. “Pour l’instant, notre seul but était d’aligner les sans-faute. Forcément, plus on en signe, plus on se rapproche de notre objectif qui est de décrocher une sélection pour les Jeux de Paris”, avait-il déclaré à l’issue du week-end. Son succès sur la piste du stade François-André revêtait une symbolique d’autant plus particulière que l’Américain est entraîné depuis douze ans par le vénérable multimédaillé français Éric Navet, dont la rencontre a considérablement influencé sa trajectoire. “J’ai toujours voulu concourir ici. Éric a tellement de souvenirs et d’anecdotes sur cette piste, où il a mis Quito de Baussy à la retraite…”, s’était ému le cavalier de trente-trois ans.



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Fils du milliardaire américain Scott Cook et installé à Rancho Santa Fe, en Californie, Karl Cook a enfin acquis la célébrité sportive qu’il méritait. S’il était déjà très connu aux États-Unis, ayant été durant plusieurs années le compagnon de l’actrice Kaley Cuoco, figurant parmi les stars de la série culte “The Big Bang Theory”, l’athlète s’est désormais fait un nom grâce à ses propres oeuvres. Accessible et disponible, l’Américain, dont les looks parfois excentriques et l’attitude détendue dénotent agréablement avec l’atmosphère quelquefois rigide des concours hippiques, est également un excellent communicant et semble déjà servir les sports équestres à merveille.

S’il est désormais bien installé dans la cour des grands, Karl Cook y a fait son entrée il y a déjà plus de dix ans. Il s’est d’abord fait remarquer aux rênes de Jonkheer (Z, Jetset-D x Skippy II), avec lequel il a disputé la finale de la Coupe du monde Longines de Göteborg en 2013, puis aux côtés de Caillou 24 (Holst, Casall x Corrado I), qui lui a permis de signer ses premières performances significatives en CSI 5*. Le fruit d’une éthique de travail précise et rigoureuse. “Karl ne m’a pas attendu pour être brillant”, affirmait Éric Navet dans un entretien accordé à GRANDPRIX en 2020. “Quand il était jeune, il gagnait tout. C’est un cavalier extrêmement rapide et compétitif. Il lui a plutôt fallu apprendre à se canaliser et à se poser.”



S’il flirte avec le plus haut niveau depuis une décennie, c’est au cours de ces deux dernières années que le trentenaire a connu une véritable montée en puissance, associé, entre autres, à l’excellente Kalinka Van’t Zorgvliet (BWP, Thunder van de Zuuthoeve x Flip- per d’Elle). Il y a un an, l’élan donné à sa carrière par l’acquisition de Caracole de la Roque, qui avait connu une ascension phénoménale sous la selle du Normand Julien Épaillard, est arrivé à point nommé. “Nous avons eu l’opportunité de l’acheter, et l’objectif premier était bien sûr qu’elle me permette de participer aux Jeux olympiques de Paris. Toutefois, nous y voyions avant tout la chance d’acquérir une jument exceptionnelle qui semblait me correspondre. Les JO seraient la cerise sur le gâteau et on pourrait voir cela comme un retour sur notre investissement, mais comme tout cavalier, je cherche d’abord à avoir les meilleurs chevaux dans mon écurie”, assure-t-il. Malgré des débuts en demi-teinte, le cavalier a su s’adapter au génie atypique de sa complice pour finalement réussir à exploiter son plein potentiel. “En piste, il ne faut pas essayer de trop la contrôler, car c’est impossible. Si on fait cela, c’est qu’on ne l’a pas comprise ! Il s’agit davantage d’essayer de suivre son rythme, car elle est tellement rapide que tout arrive très vite. On n’a pas vraiment le temps de réfléchir lorsqu’on la monte”, explique-t-il. Grâce à ses récents résultats, le duo a été désigné remplaçant pour les Jeux olympiques de Paris 2024. À suivre…



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