En 2019, Martin Fuchs et Clooney 51 ont outrageusement dominé leur sujet

Alors que le passage à 2020 approche, GRANDPRIX-Replay.com a décidé de se replonger dans les événements marquants de l’année écoulée, ainsi que sur les parcours de celles et ceux qui ont fait 2019. Après avoir retracé l’incroyable année d’Isabell Werth hier, c’est au tour de Martin Fuchs et Clooney 51 d’être à l’honneur. Et comment faire autrement, tant la paire a dominé son sujet cette année ?
 



Deuxième de la finale de la Coupe du Monde de Göteborg, Martin Fuchs n'est pas passé loin d'une autre médaille d'or.

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L’exercice 2019 de Martin Fuchs et Clooney 51 s’est terminé en apothéose, au CHI de Genève. La paire s’est imposée, survolant un barrage à onze. Malgré son impressionnante saison, le Suisse n’a pas caché son émotion, en pleurs au moment où, Darragh Kenny, dernier à s’élancer dans l’antre de Palexpo, a renversé l’oxer numéro deux du barrage. Alors que le bruit de la barre laissée à terre par l’Irlandais venait à peine de résonner, tous les proches de Martin Fuchs, vêtus de leurs vestes estampillées “Team Fuchs”, se sautaient dans les bras. En pleurs, Martin Fuchs enlaçait son groom, Sean Vard, premier artisan de son succès, Andy Kistler, son chef d’équipe, sa compagne, Paris Sellon, Renata Fuchs, sa mère et également cavalière émérite, ou encore son fidèle propriétaire, Luigi Baleri, sans qui l’aventure aurait pu tourner court après les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016. Et la reconnaissance des autres cavaliers aux paddocks en disait long sur l’admiration que suscite le couple Martin Fuchs-Clooney 51. Comme le disait justement Honoré de Balzac, “en toute chose, nous ne pouvons être jugés que par nos pairs”. 
Dans son numéro 110, GRANDPRIX consacrait un portrait au talentueux fils de Cornet Obolensky, retraçant ses débuts compliqués, faute à un fort caractère. Si le premier parcours du duo à Genève a semblé moins fluide qu’à l’accoutumée, l’osmose que présentent désormais les deux complices leur a permis de franchir toutes les difficultés sans problème. D’ailleurs, plus qu’à Genève, la confiance qu’a accumulée la paire ces dernières années se ressent, et a offert à Martin Fuchs une année de rêve.
 


Le graal à Rotterdam

Ici accompagné par Sean Vard, le groom de Clooney, la paire a triomphé à Rotterdam avec brio.

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Débutée de la plus belle des manières, par une victoire le 13 janvier à Bâle, le reste de l’année n’a été qu’une formalité pour le duo zurichois. Le mois suivant, le 9 février, c’est de l’autre côté de l’océan atlantique que Martin Fuchs et Clooney 51 s’imposent cette fois, dans le Grand Prix 5* de Wellington. Après un autre Grand Prix, couru deux semaines plus tard, et conclu avec une faute au compteur, les deux fidèles complices prennent la direction de Göteborg pour prendre part à la finale du circuit de la Coupe du Monde Longines. Impériaux, Martin Fuchs et Clooney 51 sont tout de même battus par leurs voisins, Steve Guerdat et le surprenant Alamo. “Clooney m’a donné l’impression que les parcours étaient vraiment simples alors que les obstacles étaient énormes”, analyse le champion après avoir décroché une méritoire médaille d’argent lors de cette finale indoor. 
Après deux mois de pause, le Westphalien de 13 ans, né chez Bernd Richter, en Allemagne, retrouve les terrains internationaux à Treffen, pour un parcours de travail, avant d'enchaîner à Monte Carlo, pour l’étape du Longines Global Champions Tour. Douzième avec quatre points, le couple retrouve le même classement dans le mythique CHIO d’Aix-la-Chapelle, qui leur avait échappé en 2016, après un violent et catégorique refus du beau gris. Laissant une barre à terre dans le Grand Prix de Dinard, remporté par Alexis Deroubaix et son formidable Timon d’Aure, désormais propriété de la Fédération Équestre Qatarienne, la paire est prête à en découdre à Rotterdam. Sans avoir participé à la moindre Coupe des Nations, comme ce fut le cas en 2018, Clooney et Martin arrivent aux Pays-Bas au sommet de leur art. Pénalisés d’une faute dans la chasse, les deux cracks tiennent leur rang, enchaînant les sans-faute. Seul Ben Maher, et son incroyable Explosion W peuvent leur barrer la route. Bouclant les deux manches de la finale avec un seul point de temps dépassé au total, le duo suisse est à rien d’un sacre historique. Et, comme si le sort se répétait pour lui après sa faute à Herning, en 2013, Ben Maher effleure l’avant-dernier vertical avec son fils de Chacco-Blue, laissant l’or filer autour du cou du Zurichois. La médaille fièrement arborée, Martin s’est laissé aller à l’émotion, lui qui venait alors de décrocher sa quatrième médaille en grands championnats, mais surtout, sa première du plus précieux des métal. 
 


Genève, ou l’apothéose d’une saison quasi sans fausse note

À Genève, Martin et Clooney ont parachevé une saison de rêve.

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Ne comptant pas s’arrêter là, la paire prend la direction de Calgary, pour affronter le très difficile Grand Prix Rolex, comptant pour le Grand Slam de sauts d’obstacles. À peine remis de leur sacre européen, Martin et Clooney sortent de piste à quatre points, dans ce qui a, sans doute, été le Grand Prix le plus difficile de l’année, puisque seule Beezie Madden est parvenue à effacer les difficultés des deux énormes parcours sans encombre. Avant de conserver son titre dans la Coupe du Monde Longines de Lyon, Clooney saute deux petites épreuves à New York, support de la dernière étape de la saison régulière du Longines Global Champions Tour et de la Global Champions League. En France, sur la grande piste d’Eurexpo, les champions d’Europe et vice-champions du Monde en titre offrent deux véritables démonstrations au public lyonnais. Comme dans un rêve, Martin conserve son titre avec brio. Si le Zurichois annonce rapidement après cette victoire que son crack sera préservé cet hiver, et ne prendra pas la direction de Las Vegas au printemps prochain pour disputer la finale de la Coupe du Monde Longines, il reste bel et bien deux rendez-vous majeurs à honorer pour le couple.
Les Playoffs de Prague sont le premier des deux. Face à son plus grand rival cette saison, Explosion W, Clooney perd un peu de terrain, laissant retomber derrière lui le deuxième plan de l’oxer numéro cinq de la première manche. Rapide, très rapide même, en seconde manche, Martin ne peut refaire son retard et laisse cette fois la vedette à Ben Maher. Troisième, derrière Darragh Kenny, piégé par le temps, le pilote de vingt-sept ans peut tout de même se réjouir de ce concours réussi. Et puis, arriva Genève, avec le succès que l’on sait. Dans son “nouveau jardin”, comme s’en amusaient les journalistes après cette retentissante victoire, le Suisse semblait sur un nuage, survolant toutes les difficultés sans sourciller. Une quatrième victoire en Grands Prix cette saison, sur dix courus. À ces victoires, il convient d’ajouter la deuxième place décrochée à Göteborg lors de la finale de la Coupe du Monde Longines, et, bien évidemment, la médaille d’or européenne, point culminant de cette saison plus que réussie. Désormais, c’est vers Tokyo que les regards se tournent. L’été prochain, nul doute que la paire, si en phase depuis plusieurs mois après avoir connu quelques péripéties, comptera parmi les favorites. Peut-être même que Martin Fuchs et Clooney 51 pourront tenter, en parallèle, de compléter le Rolex Grand Slam de sauts d’obstacles, entamé le 15 décembre dernier, sur la fabuleuse piste de Palexpo.