Simon Delestre s’entoure de Kevin Staut et Roger-Yves Bost sur le podium du Longines Masters de Paris

Comme l’a justement souligné le président fondateur d’EEM Christophe Ameeuw, l’épilogue du Longines Masters de Paris a livré un scénario tout à fait idéal. Pour la première fois en onze éditions, le podium du Grand Prix a été arraché par les Bleus, avec en chefs de file Simon Delestre et le formidable Hermès Ryan des Hayettes, suivis de Kevin Staut sur For Joy van’t Zorgvliet*HDC ainsi que Roger-Yves Bost sur sa meilleure jument Sangria du Coty. 



Les Bleus ont réalisé une performance inédite en ravissant les trois marches du podium de Villepinte.

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La marche était haute cet après-midi au Longines Masters de Paris. Imaginé pour la première fois par le Français Grégory Bodo, le parcours du Grand Prix a en effet donné du fil à retordre à quarante-deux des meilleurs cavaliers au monde, notamment en raison d’un temps imparti qui n’a laissé aucune chance au hasard. La sortie du triple n°4 a engendré d’assez lourdes fautes, notamment pour les excellents Iron Man van de Padenborre et Jasmien vd Bisschop de Grégory Wathelet et Daniel Deusser. 

Première à trouver la voie du sans-faute, Félicie Bertrand a réalisé une véritable démonstration avec la survoltée Sultane des Ibis, que la Normande a interprétée à la perfection. De quoi faire oublier leur lourd score dans l’épreuve à barrage de vendredi soir. Bien qu’un peu emmené par sa puissante Sangria du Coty en fin de course, Roger-Yves Bost en a fait de même. Les Tricolores se sont montrés très en forme puisque Kevin Staut et Simon Delestre en ont eux aussi réussi un sans-fautes sur des For Joy van’t Zorgvliet*HDC et Hermès Ryan des Hayettes en pleine possession de leurs moyens. Pour troubler cette hégémonie très teintée de bleu, de blanc et de rouge, l’Allemand Christian Ahlmann et l’Irlandais Darragh Kenny se sont également invités au barrage. Le premier avait choisi Take A Chance On Me Z, le bon fils de son Taloubet Z, qui lui offrait la victoire dans le Longines Global Champions Tour de Paris en juillet, tandis que le second a compté sur Classic Dream, un formidable et jeune fils de Colestus au passage de postérieurs sans pareil. 
 
Bien qu’auteurs d’une démonstration lors de toute la première partie du parcours, Pénélope Leprevost et Vancouver de Lanlore se sont malheureusement laissés piéger sur les deux ultimes oxers. La sentence a été encore plus lourde pour le champion olympique brésilien Rodrigo Pessoa, sanctionné sur les n°1, 10 et 11 avec Quality FZ, sur lequel il compe pour les JO de Tokyo l’été prochain. 
Il s’en est fallu de peu pour qu’Éric Lamaze se fasse une place parmi les barragistes. Avec Chacco Kid, son cheval des Jeux équestres mondiaux de Tryon, le Canadien a été écarté de ce second parcours pour cinq petits centièmes de trop… Associé pour la deuxième fois en compétition à Tum Play Du Jouas, Steve Guerdat a quant à lui pêché sur le vertical n°5. Après de belles performances sous la selle d’Anthony Bourquard, le second du champion olympique suisse, le bai de douze ans formé en France semble toutefois prévu à un très bel avenir. 
 


Simon Delestre barre la route à Kevin Staut

Pour trente-et-un centièmes, Kevin Staut a dû s'incliner cet après-midi.

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Ouvreuse du barrage, Félicie Bertrand et sa bondissante alezane ont fixé un objectif de taille à la concurrence en bouclant leur parcours en 36“81 avec notamment un superbe demi-tour à la réception du double. Pas de quoi impressionner leurs adversaires toutefois, qui les ont finalement reléguées au cinquième rang. Comptant sur la grande galopade de Sangria du Coty, qui est loin d’être la jument la plus rapide au sol, Bosty a tout donné, abordant notamment le double tambour battant. Plus rapide en 36“05, il a un temps pris les commandes de l’épreuve, qu’il a finalement dû céder pour terminer sur une encourageante troisième place. Sérieuse cartouche pour l’équipe de France en vue des Jeux olympiques de Tokyo, la baie de treize ans semble avoir retrouvé toute sa superbe. 
Christian Ahlmann et son alezan ont rapidement perdu toute chance de bien figurer après une faute sur le n°3, puis une autre sur le vertical qui suivait le double. Au terme d’un tour fluide mais sans folies, Darragh Kenny a arrêté le chronomètre en 36“69 sur son hongre à la petite foulée, finalement quatrième. 
 
La fin de barrage a donné lieu à un duel au sommet entre Kevin Staut et Simon Delestre, vivement encouragés par les tribunes. Si For Joy van’t Zorgvliet*HDC a perdu un fer en prenant son appel pour franchir le n°1, le Normand ne s’est pas laissé déconcentrer en réalisant une superbe courbe pour aborder l’oxer n°2. Devant rééquilibrer le bai par For Pleasure face au double, il a ensuite pris un sacré risque face à l’avant dernier, dont la distance était franchement longue. En 35“63, le champion olympique par équipes de Rio de Janeiro a provisoirement inscrit son nom en haut du tableau face à un public franchement enthousiaste. Pour lui, qui s’est employé à reconstruire un système pérenne cette année, la victoire aurait été belle car il ne compte plus de succès dans un si grand rendez-vous depuis son triomphe dans le Top Ten IJRC de Genève, en décembre 2017. Après s’être imposé ici-même avec Silvana*HDC en 2013, il n’a pu se faire une nouvelle place dans le palmarès du concours. Pour cause, Simon Delestre s’est mis en travers de sa route sur le généreux Hermès Ryan des Hayettes, double zéro en 35“34. La foulée si rapide de l’alezan et l’audace du Lorrain ont fait la différence, ce qui leur a permis de remporter un nouveau Grand Prix à Paris cette saison, moins de neuf mois après leur sacre sous la verrière du Grand Palais. Si l’avenir du fils d’Hugo Gesmeray ne se conjuguera pas avec les Jeux olympiques de Tokyo, pour lesquels son cavalier l’estime trop âgé, il semble qu’il lui reste tout de même de belles années à l’horizon. 

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