Pierre Cimolaï condamné à six mois fermes de suspension

Le 14 juillet, Funny Boy du Golfe avait trouvé la mort en piste au Lion-d’Angers lors d’une étape du Cycle classique de saut d’obstacles. Ce mâle de cinq ans par Kannan et une mère par l’Arc de Triomphe, né chez Jean-Pierre Cimolaï, dans les Côtes-d’Armor, était monté par son fils, Pierre Cimolaï, et venait de terminer une épreuve de qualification pour la finale de Fontainebleau. Ce fait survenu dans le cadre d’un concours d’élevage a donné lieu à une procédure conduite par la commission disciplinaire de la Société hippique française (SHF), saisie par le jury de l’épreuve. Celle-ci a publié aujourd’hui sa décision sur le site de la société-mère du jeune cheval et poney de sport.

La commission de première instance s’est réunie le 10 août 2020 en présence de quatre de ses membres, Loïc de la Porte du Theil, président, Marie-Dominique Saumont-Lacœuille, Alain Fortin et Gérard Rameix, ainsi que de Pierre Cimolaï et Me Patrick Eveno, son avocat. Après avoir pris connaissance notamment de témoignages écrits, dont celui du “vétérinaire qui a été amené à euthanasier le cheval à l’issue de son accident et qui a pu voir la vidéo du parcours du cheval” – la commission n’a pas pu l’obtenir du cavalier –, d’une photo du cheval sur le dernier obstacle, du détail des vingt-six points de pénalité du cheval sur le parcours, la commission a entendu Pierre Cimolaï et son avocat. Ce dernier a présenté des témoignages de personnes présentes sur le terrain de concours et des “attestations sur le comportement professionnel de Pierre Cimolaï en concours”. Le cavalier a alors réclamé “la clémence” des juges.

Au regard de tous ces éléments, la commission a considéré que “le code de bonne conduite de la SHF, qui rappelle les exigences de bien-être et de santé du cheval de la part du cavalier, n’a pas été respecté; que les actions de rêne droite du cavalier sur le dernier obstacle de son parcours sont violentes, inappropriées et injustifiées alors que son cheval était en difficulté; que ces faits ont abouti à la chute puis la mort du cheval.” Sur le fondement de l’article 14.2.2 du Règlement général des épreuves d’élevage, elle a condamné Pierre Cimolaï une suspension de sa licence de compétition Jeunes Chevaux de la SHF d’une durée de deux ans, dont dix-huit mois avec sursis. Le point de départ de cette sanction a été fixé au 1er août 2020. À noter qu’elle s’applique également aux épreuves de la Fédération française d’équitation et la Fédération équestre internationale. Contacté par GRANDPRIX, le cavalier a indiqué qu’il ne ferait pas appel de cette décision de première instance. Il ne pourra donc plus concourir jusqu’au 1er février 2021.