Geoffroy Martinez met un terme à sa carrière

En mai, Geoffroy Martinez s’était classé deuxième du Grand Prix CSI 2* de Nîmes, juste derrière Harold Boisset. Associé à Eh Manciais du Bidou et Dentleman, le Provençal établi à Sénas, dans les Bouches-du-Rhône, se classait régulièrement dans des épreuves Pro 1 et en CSI 1 et 2*. Pourtant, à trente-sept ans, il a décidé de mettre fin à sa carrière ce 1er août. Son camion et ses chevaux ont été vendus. Geoffroy va s’offrir quelque temps de repos avant de changer de vie. Quitter un métier qui est aussi une passion n’a pas été évident pour ce cavalier, qui évoque surtout des raisons familiales: “J’ai une épouse, qui n’est pas issue du monde du cheval, et un jeune fils. Entre les concours du week-end et les jeunes chevaux en semaine, j’ai l’impression de ne plus les voir. Je n’ai pas de structure. Mes seuls revenus proviennent de mes gains et du travail auprès des propriétaires. Ce que j’aime, c’est la piste, le sport. J’aime les chevaux, j’aime les monter... mais pour avoir des chevaux, il faut de l’argent et donc des clients. On se retrouve à ne plus pouvoir faire les choses comme on voudrait, et j’estime que je suis allé au bout: j’ai peur de péter un câble!”

Geoffroy a travaillé comme cavalier depuis ses seize ans. Il a commencé à La Marquisanne, à Marseille, avant de partir prendre de l’expérience en Belgique. À son retour en 2008, il crée sa société et travaille indépendamment à Aix et Marseille, avant de regrouper la plupart de ses clients aux écuries de La Ciotat. “Lorsque nous avons dû quitter La Ciotat, il fallait trouver une structure ayant la possibilité de nous accueillir et nous nous sommes éloignés. En plus de la quantité de travail, il y a eu les temps de déplacement.” Les clients ont accusé le coup et se sont dispersés sur d’autres structures, avec de nouveaux coachs. “Geoffroy m’a permis de progresser à un point que je n’espérais pas”, confie Elodie Trapani. Un sentiment partagé par la plupart, comme en attestent les publications sur les réseaux.

Le métier de cavalier est chronophage, demande de la passion et du travail, et cette activité coûte de plus en plus cher. À moins de vendre très régulièrement des chevaux, sa pratique demeure difficile à rentabiliser quand on n’est pas propriétaire de sa structure…