À Madrid, Philipp Weishaupt prive Eduardo Alvarez Aznar d’une victoire à domicile

Philipp Weishaupt a remporté aujourd’hui le Grand Prix secondaire du CSI 5* de Madrid, en Espagne. Ce soir, en selle sur Chaquitos PS, l’Allemand a privé Eduardo Alvarez Aznar d’une victoire à domicile avec Genaro Paulois, au grand dam des spectateurs, venus en nombre autour de la piste madrilène. Pour la Principauté de Monaco, Anastasia Nielsen a complété le trio de tête aux commandes d’Esi Rocky.



Bien que le Grand Prix secondaire du CSI 5* de Madrid n’était coté “qu’à” 1,50m ce soir au Club de Campo Villa de Madrid, il n’en demeurait pas moins sélectif. Pour cette quatrième étape du Longines Global Champions Tour (LGCT), le chef de piste Santiago Varela a dessiné un parcours composé de quatorze obstacles sur la vaste piste en herbe espagnole. Malgré la hauteur relativement modérée de l’épreuve, le tracé a mis de nombreuses paires en difficulté tout au long de la soirée. Ainsi, sur les quarante-cinq couples engagés au départ, seuls huit sont parvenus à laisser toutes les barres sur les taquets tout en bouclant leur parcours dans le temps accordé. À l’inverse, dix cavaliers n’ont pas pris la peine de terminer leur tour, ce qui témoigne une nouvelle fois des difficultés proposées ce soir par le chef de piste espagnol. Pour autant, de nombreux concurrents sont passés tout près du barrage, puisque quatorze couples ont été privés du parcours réduit après avoir laissé une seule barre au sol. Par exemple, après avoir été piégé sur la délicate palanque placée en numéro cinq, Simon Delestre s’est classé treizième place avec Olga van de Kruishoeve. L’Irlandais Denis Lynch, associé à Conterno-Blue PS, a lui aussi écopé de quatre points, tout comme l’exceptionnel Beauville, piloté par le Néerlandais Maikel van der Vleuten.

 Pour la France, Inès Joly a elle aussi vu le barrage lui échapper après avoir laissé une barre au sol avec Crack d’Aiguilly. Son compatriote Antoine Ermann, de son côté, n’a pu éviter deux fautes avec Jiamo VDS. Quant à Jeanne Sadran, elle a préféré abandonner alors qu’elle comptait sur Cepano Baloubet.



Eduardo Alvarez Aznar échoue de peu

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le public espagnol, massé autour de la piste tout au long de l’épreuve, a cru jusqu’au bout à une victoire à domicile. Avant-dernier à s’élancer sur le parcours réduit, Eduardo Alvarez Aznar n’est en effet pas passé loin d’offrir un succès espagnol aux spectateurs madrilènes. Associé à Genaro Paulois, un étalon Selle Français fils d’Aldo du Plessis et petit-fils de Baloubet du Rouet, l’Espagnol a coupé les cellules en 45’’63. Un excellent chronomètre, qui ne lui a toutefois pas permis de dépasser Philipp Weishaupt. Quelques minutes plus tôt, l’Allemand avait réalisé un barrage particulièrement rapide avec Chaquitos PS, arrêtant la montre en 44’’89 pour finalement s’adjuger la victoire. Un temps installé à la troisième place grâce à un chronomètre de 46’’95 avec Kokomo B, Maximilian Weishaupt a finalement dû reculer d’un rang après le passage de la dernière concurrente. En effet, Anastasia Nielsen, unique cavalière à s’élancer au barrage avec Esi Rocky, autrefois monté par l’Irlandais Seamus Hughes Kennedy, a signé un chronomètre de 46’’26, suffisant pour s’emparer de la troisième place. 

Alors qu’il ne monte Chaquitos PS que depuis le mois de décembre dernier, Philipp Weishaupt a expliqué comment la confiance que lui avait donnée son partenaire lors de la première manche lui avait permis d’oser davantage au barrage: “C’est encore une association très récente pour moi, je ne l’ai que depuis quelques mois et c’est un cheval incroyable, la manière dont il a sauté lors du premier tour m’a vraiment donné la confiance nécessaire pour prendre un peu plus de risques aujourd’hui. En arrivant sur le vertical, j’ai vu ma foulée et je me suis dit: ‘vas-y, ne sois pas peureux’. Heureusement, tout s’est parfaitement mis en place.”

Concourir devant des tribunes combles à domicile a ajouté une dimension particulière à cette victoire, et le vainqueur de l’épreuve n’a pas manqué de saluer l’ambiance madrilène, même après avoir privé un cavalier espagnol de la victoire: “Je dois un peu m’excuser auprès des supporters espagnols d’avoir gâché la fête en terminant devant un cavalier local, mais le public ici est incroyable. L’ambiance, la piste… tout est spécial à Madrid, et c’est vraiment une épreuve très sympa à remporter.”

Revenant enfin sur l’importance de cette épreuve, Philipp Weishaupt a souligné le prestige de remporter l’un des trophées les plus historiques du sport, dans un cadre aussi emblématique: “Cette Coupe du Roi est une épreuve très spéciale. Je crois qu’elle existe depuis environ soixante ans, donc inscrire son nom à ce palmarès représente quelque chose d’unique. Le faire ici, devant ce public et dans cette piste, lors d’un concours aussi traditionnel à Madrid, rend cela encore plus beau. C’est l’un de mes concours préférés, et je suis vraiment reconnaissant envers mon cheval. Maintenant, j’espère que nous pourrons recommencer demain!”

Les résultats



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