Avec Lancelotta, Steve Guerdat ravit le public baulois
Dernier à s’élancer, premier à l’arrivée! L’incroyable Steve Guerdat, toujours aussi compétitif et grand habitué du CSIO 5* de La Baule, a tout donné pour s’imposer dans ce Prix Saur à 1,50m aux rênes de la véloce Lancelotta. Devant un public retenant son souffle, le maestro suisse a su mesurer risques et secondes à la perfection…
C’est sous le soleil qu’a débuté le Prix Saur à 1,50m, ce samedi au stade François-André de La Baule. Dernière épreuve qualificative pour le Grand Prix Rolex de dimanche, cette compétition a été disputée par soixante-sept couples. Il a fallu attendre le onzième pilote à s’élancer dans l’épreuve, l’Italien Riccardo Pisani, en selle sur Chacco’s Lawito PS, pour entendre le premier jingle synonyme de sans-faute! Avant lui, l’Irlandais Cian O’Connor et l’Allemande Pia Reich s’étaient laissé piéger par le chronomètre, écopant tous deux d’un point pour avoir dépassé le temps accordé de 73’’ avec Genghis Khan (né Gengis Kann de Londé) et PB Löwenherz.
Intelligemment construit par le chef de piste Grégory Bodo, le parcours a su distiller des fautes par-ci, par-là, notamment dans la dernière ligne composée d’un vertical surmonté d’une palanque aux couleurs de la Fédération française d’équitation et d’un oxer, où le Rhônalpin Olivier Perreau – vainqueur de la Coupe des nations Barrière avec l’équipe de France hier – a, hélas, fauté après un très beau parcours sur Himalaya du Temple.
Le premier clear round tricolore a été signé Antoine Ermann sur Foxpit Grim. Il a rapidement été rejoint par son compatriote Nicolas Layec, parfait aux rênes de Fée de Caryan, puis, enfin, par Julien Épaillard et Le Coultre de Muze. Trois chances françaises, donc, s’annonçaient pour prétendre à la victoire de cette épreuve. Mais il fallait compter sur onze autres pilotes – le Sud-Africain Oliver Lazarus, le Néo-Zélandais Luke Dee et la Belge Emilie Conter n’ayant pas souhaité s’élancer au barrage – prêts à en découdre. Et non des moindres!
Un barrage sous pression
Premier à s’élancer, l’Italien Riccardo Pisani a, d’entrée de jeu, proposé un tracé serré et osé, franchissant la ligne d’arrivée en 38’’29. Voilà de quoi instaurer un tantinet de pression à la concurrence. La première chance française a, hélas, rapidement dû dire au revoir à la victoire, Antoine Ermann accusant un refus de Foxpit Grim sur le premier obstacle du parcours. Nicolas Layec, a, lui, réussi le double sans-faute, mais ne s’est pas montré assez rapide pour inquiéter l’Italien. Enfin, Julien Épaillard semblait bien parti pour imposer un nouveau temps de référence, mais une faute sur l’oxer avant la combinaison a annihilé ses chances et celles de la France malgré un tonitruant ‘‘Allez la France!’’ entendu à l’entrée de piste du cavalier.
De fait, le chronomètre imposé par Riccardo Pisani est longtemps resté celui de référence. Ni le Belge Gilles Thomas, ni l’Irlandais Shane Sweetnam, ni le Suisse Adrian Schmid ne sont parvenus à faire mieux … Il aura fallu le pari osé du cavalier égyptien Nayel Nassar, dixième à s’élancer dans l’arène avec Orphea HQ, mordant tous les virages et prenant tous les risques, pour abaisser le chronomètre à 38’’03. La partie semblait clairement jouée, tant cette première prouesse avait paru délicate, mais c’était sans compter sur la maîtrise et le sang-froid hors pair de l’Américain McLain Ward et High Star Hero. Sans-faute en 37’’40, le couple est sorti de piste victorieux, ou presque… Restait la dernière cartouche suisse…
Le maître du temps
Devant des tribunes combles, semblant avoir cessé de respirer, Steve Guerdat a pris le galop dans un bon tempo. Un très bon tempo… Au premier chronomètre intermédiaire, Lancelotta était plus rapide que High Star Hero… À quelques foulées de la combinaison, elle avait pris du retard… Jusqu’au bout, Steve Guerdat aura tenu son public en apnée, dessinant un ultime virage salvateur. Hourra des spectateurs !! Et 36’’57 pour le chronomètre. Le sourire de Steve en prime. Et une belle “revanche” pour le Suisse, qui ne s’est pas (encore) qualifié pour le Grand Prix Rolex de demain. Le champion olympique fait toutefois partie des tout premiers réservistes et semble donc en bonne position pour décrocher son sésame, à l’instar du Français Olivier Perreau.

