Le Domaine de Grosbois
Implanté sur les communes de Boissy-Saint-Léger, Marolles-en-Brie et Villecresnes, dans le Val-de-Marne, le domaine de Grosbois associe un château classé au titre des monuments historiques à l’un des plus grands centres d'entraînement de chevaux de course au trot au monde. Son histoire remonte au domaine royal médiéval. En 1190, Philippe Auguste cède les terres de Grosbois-le-Roi à l'abbaye Saint-Victor de Paris. Le lieu, entouré de forêts giboyeuses, doit son nom à ce couvert boisé et conserve longtemps une vocation cynégétique.
La construction du château débute en 1597, à l'initiative de Nicolas de Harlay, baron de Sancy, surintendant des finances d'Henri IV. Le chantier, confié à l'entrepreneur parisien Florent Fournier, s'interrompt en 1599 à la mort de ce dernier. Vendu inachevé en 1616 à Charles de Valois, comte d'Auvergne, l'édifice est achevé vers 1640. Il présente une architecture de style Louis XIII, reconnaissable à sa façade de brique et de pierre et à ses toitures d'ardoise.
Plusieurs propriétaires se succèdent sous l'Ancien Régime puis pendant la Révolution lorsque le domaine est déclaré bien national. En 1805, le domaine est acquis par Louis-Alexandre Berthier, maréchal d'Empire et prince de Wagram, chef d'état-major de Napoléon. Berthier restaure et remeuble la demeure, qui devient l'une des résidences marquantes de l'Empire. Il fait aménager le salon de l'Empereur ainsi que la galerie des batailles, ornée vers 1809 d'un cycle de huit toiles représentant des victoires napoléoniennes, parmi lesquelles Rivoli, Marengo, Austerlitz, Iéna et Wagram, et de bustes de maréchaux. Son fils, Napoléon Berthier, constitue la bibliothèque, qui réunit plus de trois mille ouvrages, cartes et plans.
Le domaine demeure dans la famille Berthier de Wagram durant plus d'un siècle et demi. Le quatrième prince de Wagram meurt en 1918 des suites de blessures de guerre et transmet le domaine à sa sœur, Élisabeth Berthier de Wagram, princesse de La Tour d'Auvergne, dernière propriétaire de la lignée, disparue en 1960. Le château est classé au titre des monuments historiques en 1948.
©Domaine de Grosbois
En 1962, la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français (SETF), sous l'impulsion de son président René Ballière, fait l'acquisition de Grosbois pour y installer un centre d'entraînement destiné au trotteur français. Aujourd'hui propriété de la SETF, le domaine consacre plus de quatre cents hectares à l'entraînement, à une quinzaine de kilomètres de l'hippodrome de Paris-Vincennes. En pleine saison, ses installations peuvent accueillir jusqu'à mille cinq cents chevaux. Le centre dispose également de plusieurs pistes. La plus grande, longue de mille cinq cents mètres et large de quinze mètres, sert aux qualifications des trotteurs. Viennent ensuite deux anneaux de mille mètres, une ligne droite de mille deux cents mètres et une piste couverte de quatre cents mètres pour le mauvais temps. Le domaine compte aussi une quarantaine de kilomètres de pistes de promenades, principalement en forêt, une clinique vétérinaire de renommée internationale, une maréchalerie, une sellerie et plus de mille box répartis entre une soixantaine d'écuries.
Le château abrite depuis 2010 le musée du Trot, espace d'environ six cents mètres carrés présenté comme le plus important d'Europe consacré aux courses de trotteurs. Le parcours muséographique retrace toute l’histoire de cette discipline. Grosbois conjugue ainsi un patrimoine bâti et mobilier hérité de l'époque impériale et une activité hippique de premier plan, articulant conservation du monument et fonction sportive. Le domaine possède également une Orangerie, avec une capacité de quatre cent personnes, en mesure d’accueillir vos plus belles réceptions.


