À soixante et onze ans, Heidemarie Dresing vise un podium aux Mondiaux
Dominant le classement mondial des cavaliers de para-dressage de Grade II, Heidemarie Dresing se prépare pour les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle 2026 avec de solides ambitions. À soixante et onze ans, l’Allemande est également la deuxième athlète la plus âgée présente sur la liste des engagements nominatifs pour ces Mondiaux, toutes disciplines confondues. Dans cet entretien, elle revient sur le lien unique qui l’unit à sa jument, Poesie et sur la manière dont elle compose avec sa maladie chronique. Elle dévoile ce qui continue, année après année, d’alimenter sa passion et son envie de performer au plus haut niveau.
Vous abordez les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle en dominant le classement mondial de Grade II. Avec un tel statut, quelles ambitions nourrissez-vous pour cette échéance majeure?
Naturellement, mon objectif est d’y remporter une médaille. Lors des championnats d’Europe de 2019, des Jeux paralympiques de 2021 et de mes premiers championnats du monde, en 2022, j’ai terminé quatrième à plusieurs reprises en individuel. Même si depuis, j’ai eu la chance de rentrer des championnats d’Europe d’Ermelo l’année dernière avec trois médailles d’or (après s’être déjà adjugé deux titres continentaux à Riesenbeck en 2023 et une médaille de bronze paralympique à Versailles en 2024, ndlr), l’envie de monter sur le podium lors de ces championnats du monde à domicile est très forte. Au-delà de cela, je souhaite également inspirer les personnes âgées et servir de modèle, car rien n’est jamais impossible. Si l’on fournit des efforts et que l’on reste actif, on peut accomplir des choses extraordinaires, même à un âge avancé.
Vous avez été sélectionnée avec votre jument Poesie. Ensemble, vous avez déjà remporté de grands succès et vous êtes hissées au sommet du para-dressage mondial. Pouvez-vous nous parler un peu d’elle?
Poesie est aussi folle que moi. C’est une battante et elle a son propre caractère – après tout, c’est une fille (rires). Mais c’est précisément ce qui fait tout son charme. C’est une jument vraiment spéciale. Nous nous entendons extrêmement bien toutes les deux et partageons une forme de communication très subtile.
Comment avez-vous commencé à pratiquer l’équitation ?
La première fois que j’ai été en contact avec des chevaux, j’avais huit ans. Ma mère a toujours aimé ces animaux et, un beau jour, je me suis retrouvée assise sur un poney. Ensuite, j’ai pris des cours d’équitation au centre équestre de Hagen et suivi un parcours classique, en montant des chevaux de club puis en participant à mes premières compétitions, d’abord en saut d’obstacles. J’ai acheté un cheval dès que j’ai véritablement gagné de l’argent et, à partir de là, les choses ont simplement suivi leur cours.
Comment votre maladie affecte-t-elle votre quotidien et votre entraînement?
Je souffre d’une sclérose en plaques, ce qui signifie que je suis confrontée à des troubles neurologiques et musculaires tels que des problèmes d’équilibre, de la fatigue et une diminution de la force musculaire. Je rencontre des difficultés de mobilité et je me déplace en fauteuil roulant, même si je parviens à marcher quelques mètres sans celui-ci. Rester active me permet de garder la forme.
Quelle place les chevaux occupent-ils dans votre vie, notamment depuis le diagnostic de votre sclérose en plaques?
Les chevaux sont toute ma vie, je ne peux pas l’imaginer sans eux. Naturellement, mon entraînement a changé depuis l’apparition de ma maladie, mais je suis toujours absolument émerveillée par le sentiment d’unité et d’harmonie que nous pouvons créer ensemble. Parfois, j’ai les larmes aux yeux lorsque je vois tout ce que les chevaux font pour moi et à quel point ils sont attentifs. Ils réagissent aux aides les plus subtiles et ils pardonnent aussi les erreurs, ce qui est vraiment formidable.
Comment avez-vous découvert le para-dressage?
La compétition a toujours fait partie de ma vie car je suis très ambitieuse. À une période, j’ai pensé que ma maladie allait m’empêcher de disputer des compétitions, et j’ai alors voulu arrêter de monter. J’ai ensuite découvert l’existence du para-dressage grâce à Hanne Brenner (cavalière allemande de para-dressage à succès, ndlr) et, soudainement, j’ai à nouveau pu concourir, d’une manière différente évidemment. Les chevaux m’apportent une nouvelle motivation chaque jour, ils constituent le meilleur des médicaments. C’est formidable que nous, para-dresseurs, ayons désormais notre place à Aix-la-Chapelle. C’est une grande chance de pouvoir démontrer nos compétences sur une piste aussi impressionnante.

