Polo Chantilly : l’équipe “Kazak” prend sa revanche

Un temps frais, idéal pour que ces incroyables chevaux donnent le meilleur d’eux-mêmes, beaucoup de public et, sur le terrain, cinq chukkers joués presque sans reprendre son souffle. La finale 2026 de l’Open de France de polo BARNES, organisé à Chantilly, aura été l’une des plus belles, mais aussi l’une des plus rapides de ses vingt-six éditions: très peu d’arrêts de jeu, peu de pénalités, des courses, des golazos et une bande de jeunes joueurs qui a emballé le match, au point d’impressionner même ceux qui découvraient le polo ce dimanche à Chantilly. L’équipe “Kazak” a finalement pris sa revanche sur Akasha (10-9) au terme d’une dernière période irrespirable. Capitaine du collectif vainqueur, Sébastien Aguettant attendait cette revanche depuis cinq ans, après avoir été battu 12-5 par La Magdeleine, devenue depuis Akasha, en finale de l’Open de France 2021. Cette année, le capitaine de Kazak avait choisi de miser sur la jeunesse. Une extrême jeunesse… qui a tout simplement pris le pouvoir à Chantilly.

Le plus âgé des trois professionnels de Kazak, Teodoro Lacau, vient à peine de fêter ses vingt-quatre ans. À ses côtés, Pedro Chavanne et Leon Donoso, trente-trois ans… à eux deux, ont livré une finale éblouissante. Des golazos, des courses, des actions improbables, très peu de fautes et, surtout, les dix goals de Kazak inscrits à eux trois: quatre pour Chavanne, quatre pour Donoso et deux pour Lacau. En face, un autre gamin avait décidé de leur compliquer sérieusement la tâche. Ciro Urturi, vingt ans, a inscrit quatre des neuf goals d’Akasha dont les deux premiers, lançant son équipe et la maintenant au contact dans un match que Kazak semblait pourtant avoir en main. 2-1, 4-3, 6-5, puis 8-6 : à chaque chukker, Kazak restait devant. Mais jamais suffisamment loin pour respirer, et surtout pas dans les dernières minutes. Menée 10-6 dans l’ultime période, Akasha est revenue à 10-9 en une poignée de minutes. Lors de la dernière action, l’égalisation semblait même au bout du maillet. Il a fallu un sauvetage miraculeux de la défense de Kazak devant sa ligne pour empêcher le dixième goal et une prolongation. Il ne fallait pas être cardiaque.

À vingt-quatre ans, Teodoro Lacau faisait donc presque figure de patriarche au milieu de cette bande. “Je me suis senti un peu comme un papa”, s’est-il amusé. “Je n’avais pas grand-chose à faire, simplement ne pas désorganiser l’équipe, et mes coéquipiers faisaient tout.” Le “papa” avait pourtant annoncé la couleur. En effet, après que Kazak  été battue 11-6 par Akasha lors de leur première confrontation dans le tournoi, il leur avait assuré que son équipe les battrait lors de leur prochaine rencontre. “C’est ce qu’il s’est passé!”, sourit-il. Restait à désigner le meilleur joueur de cette finale. Difficile de départager Pedro Chavanne et Leon Donoso tant les deux ont pesé dans la rencontre. Il fallait pourtant en choisir un: le titre de MVP est revenu au second, devenu à seize ans le plus jeune MVP de l’Open de France.