Frederic Wandres engouffre l’Allemagne dans la brèche ouverte par Becky Moody au premier jour des Mondiaux
Frederic Wandres a signé la meilleure reprise de la première journée des championnats du monde de dressage avec Bluetooth, parachevant ainsi la très bonne entame de l’équipe d’Allemagne après une bonne prestation de Raphael Netz et Great Escape Camelot. La Grande-Bretagne, en mesure de ravir le titre à la nation-hôte, a lâché du terrain en raison de la prestation fautive de Becky Moody et Jägerbomb. Quant aux Français, ils ont réalisé des performances correspondant à leurs standards.
Le duel annoncé entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne a déjà légèrement tourné en faveur de la nation-hôte, cet après-midi au sein du mythique stade principal de la Soers, à Aix-la-Chapelle. Vainqueurs de la finale de la Coupe du monde de Fort Worth en avril, la Britannique Becky Moody a présenté un Jägerbomb ayant retrouvé une énergie que l’on ne lui avait pas connue depuis longtemps. De fait, le hongre a notamment délivré des piaffers actifs qui font partie “des meilleurs jamais réalisés” par le couple, selon la cavalière du Yorkshire, qui s’est également réjouie d’avoir présenté des appuyers au trot “meilleurs qu’à la détente” et une bonne première pirouette. Oui, mais voilà: après un premier arrêt délicat, le fils de Dante Weltino a pris le galop dans la première diagonale au trot allongé et a perdu le rythme du galop en sortie de la seconde pirouette. Ces erreurs ont coûté cher au couple, sorti du rectangle avec 73,82% alors que selon les données d’Equestrian Hub, sa moyenne en Grand Prix s’élève à 76,71% sur ces cinq dernières sorties. “Clairement, ce n’était pas le score que je voulais rapporter à l’équipe”, a déclaré la sympathique Anglaise.
Quelques minutes seulement après sa prestation, Frederic Wandres a su s’engouffrer dans la brèche ouverte par sa rivale avec son inoxydable Bluetooth, désormais âgé de seize ans. Le cavalier des écuries Kasselmann a su tirer le meilleur de son bai foncé, produisant notamment une diagonale de changements de pied aux deux temps d’une rectitude exemplaire et des appuyers au trot plus fluides que par le passé. En revanche, le couple a eu un peu de mal à s’installer dans le second piaffer et le fils de Bordeaux n’a pas conservé un rythme de galop idéal dans les pirouettes. Pour autant, le duo est sorti de piste avec 75,963%, soit plus de deux points d’avance sur Becky Moody et Jägerbomb. Ces couples étaient engagés dans la deuxième rotation des équipes. Plus tôt dans la journée, la bataille entre les ouvreurs - en dressage, c’est généralement le couple le plus faible qui ouvre le bal - des deux collectifs avait également tourné à l’avantage des Allemands. En effet, Raphael Netz pointe au troisième rang individuel ce soir avec Great Escape Camelot, crédité de 73,338%, tandis que Fiona Bigwood et Donna Bella n’ont obtenu que 69,348%, un score synonyme de quinzième place au classement provisoire ce soir.
Notons par ailleurs que la hiérarchie des équipes affichée ce soir ne revêt aucun véritable sens sportif, puisqu’elle ne prend en compte qu’un seul résultat et que la plupart des nations enverront leurs deux meilleurs équipiers en piste demain. Ainsi, l’Australie, qui pointe virtuellement au troisième rang provisoire grâce à la belle performance de Simone Pearce et Will Marq, crédités de 72,391%, n’a objectivement aucune chance de figurer sur le podium demain soir.
Les Bleus sont là où l’on pouvait les attendre
Comme toutes les équipes, le collectif tricolore a vu ses deux premiers couples s’élancer aujourd’hui. Bertrand Liégard a eu la difficile tâche de s’élancer en tout début d’épreuve, puisqu’il portait le dossard numéro trois. “Ginger s’est retenue dans le travail au trot”, a expliqué le Normand à l’issue de sa prestation, où sa jument a effectivement semblé manquer d’activité. “Ginger s’est fait un peu mal sur le chemin entre la grande piste d’échauffement et la carrière où les cavaliers passent les dix dernières minutes avant d’entrer en piste”, a explicité Jean Morel, le sélectionneur national des Bleus, quelques heures plus tard. “Grâce à son expérience, Bertrand a tout de même réussi à finir sa reprise et à réaliser tous les exercices demandés.” En effet, le duo qu’il forme avec sa KWPN de quinze ans n’a commis aucune faute majeure, et tous deux ont conclu leur reprise avec 65,637%, un score qui correspond à leurs standards récents, puisqu’ils avaient été évalués à 65,891% au CDI 4* de Crozet puis 65,152% au CDI 3* de Mâcon-Chaintré.
Disputant son premier grand championnat, Alizée Roussel a quant à elle “tenté de savourer chaque seconde” passée dans le mythique stade principal de la Soers avec son Bel Amour, qui a passé toute sa vie à ses côtés, le couple se connaissant depuis les deux mois de l’alezan. Ouvrant régulièrement la bouche, le fils de Bretton Woods, assez impressionné par l’atmosphère inhabituelle de la piste, a délivré de bonnes choses, notamment dans les airs relevés. Il a aussi réussi une belle ligne de changements de pied au temps amples et sautés, mais le couple a commis plusieurs fautes dans la diagonale aux deux temps, ce qui lui a coûté cher. Le duo a finalement été crédité de 67,407%, soit la vingt-sixième place ce soir. Pour rappel, les trente meilleurs couples à l’issue des deux journées de Grand Prix obtiendront leur ticket pour le Grand Prix Spécial.
Les résultats individuels
Les résultats par équipes
Les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle sont diffusés en direct et en intégralité sur ClipMyHorse.tv, où les épreuves de dressage sont commentées par Odile van Doorn

