Comment l’équipe de France de complet s’est-elle préparée pour les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle ?

En amont des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, dont la première épreuve du concours complet a débuté aujourd’hui, la studieuse équipe de France s’est installée pendant deux semaines sur le site de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) de Saumur, afin de répéter ses gammes. Cédric Lyard, Amélie Billard, Philippe Limousin et Xavier Le Sauce dévoilent les dessous de ces derniers préparatifs.



Cédric Lyard, entraîneur de l’équipe de France de concours complet pour le cross, revient sur les quinze jours de stage de préparation pour les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, au Pôle France de Saumur : “Nous n’avons pas travaillé le cross, car les chevaux sont au point. Nous avons néanmoins terminé le stage sur une séance dédiée au cross, pour ceux qui le souhaitent, en faisant sur la carrière du Pôle France un petit travail axé sur les directionnels avec des obstacles fixes que nous y avons placés pour l’occasion. Il s’agit dans ce genre de séance de travailler sur des profils de directionnels, sur des angles inattendus pour rendre les chevaux particulièrement attentifs”, décrit-il

Sur les barres, le groupe a privilégié la gymnastique, notamment le travail sur des combinaisons sur de petits obstacles, afin que les chevaux s’articulent sur les sauts. “Cela a été complété par une mise en condition sur un grand terrain en herbe, celui de La Baule, pour se rapprocher de ce que trouverons à Aix-La-Chapelle. Nous avons utilisé un très bon matériel sur place, et profité des bidets creusés que propose l'infrastructure, ce qui était bien pratique car nous en trouvons de moins en moins sur les terrains de concours, et que nous savons que nous en rencontrerons en Allemagne. Les chevaux se sont très bien comportés, mais nous étions tout de même contents de les faire répéter avant. À La Baule, nous avons mis les côtes de concours sur un parcours technique. Aujourd’hui, il faut que nos cavaliers restent très sûrs d’eux. Ils commencent à monter en pression et nous devons les garder le plus calme possible… Il va s’agir maintenant de gérer. Techniquement, je dirais qu’ils sont au point. Nous avons une belle équipe, et nous en sommes fiers”, a-t-il complété. 



“Nous avons de bons chevaux, de bons cavaliers, et pas de quoi rougir !”

Quant aux entraîneurs de dressage de l’équipe de France de concours complet, Amélie Billard et Philippe Limousin, tous deux s’accordent sur la vision qu’ils ont tenu à insuffler. “Nous avons continué à stabiliser les bases, comme nous le faisons avec les cavaliers depuis un moment déjà”, explique Amélie Billard. “Le bilan de cette préparation est positif : nous avons une vraie équipe, et il s’agit que nos cavaliers croient en eux. Il semble en plus que le niveau entre nos coéquipiers se lisse, ils se rapprochent tous d’un même niveau : nous avons de bons chevaux et de bons cavaliers, il ne faut pas complexer ! À l’avenir, ce qui pourrait être amélioré est le côté artistique, ce qui signifierait que les cavaliers ont gagné en facilité d'exécution ”, ajoute-t-elle. 

“Les cavaliers ont bénéficié d’un suivi attentif lors de mini-stages, lors des concours et nous avons donc cette fois prolongé les stages de cet hiver”, complète Philippe Limousin. “Nous avons travaillé la présentation, qui est un peu différente du travail de base : il s’agit d’avoir acquis des réflexes qui auront été mis en place par la préparation et l’apprentissage de l’anticipation. Le bilan de cette préparation est positif : nous avons une équipe solide, et il s’agit que nos cavaliers croient en eux. Il semble en plus que le niveau entre nos coéquipiers se lisse, ils se rapprochent tous d’un même niveau : nous avons de bons chevaux, de bons cavaliers, et pas de quoi rougir ! Nous arrivons en condition et il faudra maintenant montrer que nous avons travaillé. Pour l’avenir, en direction des Jeux olympiques, nous pourrons gagner encore en fluidité, afin qu’ils vivent moins la technicité comme un carcan.” 

Venu en intervenant extérieur pendant une journée en fin de préparation, le juge olympique Xavier Le Sauce a assisté aux présentations des reprises de dressage de chaque cavalier et a aidé de ses conseils en commentant les prestations : “Il s’est agi d’une démarche d’optimisation pour cerner les points supplémentaires que les cavaliers peuvent encore ambitionner d’aller chercher à quelques jours de l’événement. Il ne s'est agi aucunement de prétendre changer la technique mais de chercher plutôt à quoi faire particulièrement attention. Nous avons essayé de finaliser, perfectionner et j’ai trouvé des cavaliers vraiment prêts, même s’il est certain que nous étions à Saumur en conditions d’entraînement, et pas encore en situation de grand championnat. Intrinsèquement, nous avons des mouvements réussis et des chevaux à l’écoute, ce qui laisse à penser que la montée en puissance a été efficace : aujourd’hui les Tricolores sont en capacité d’aller performer”. 



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