“Il y a de bonnes chances pour que j’engage Je’Vall à Badminton l’année prochaine”, Alexis Goury

Dixième de ses premiers championnats du monde à Aix-la-Chapelle avec Je’Vall, Alexis Goury dresse un bilan positif de sa saison, malgré la frustration du résultat par équipes. Le cavalier revient sur les progrès de son partenaire, avec lequel il envisage de découvrir Badminton en 2027, et sur l’évolution de son piquet. De Colorée de Poteau Z à Hatchi des Loges, sans oublier les chevaux qui prendront la relève, l’Angevin a pris un moment au CCI de Lignières pour détailles ses perspectives et l’organisation qui accompagne ses ambitions.



Quel bilan tirez-vous de votre saison jusqu’ici ?

Compte tenu de ma dixième place aux championnats du monde avec Je’Vall, c’est évidemment une saison très satisfaisante. Plus globalement, je suis content de l’ensemble de mes chevaux. Plusieurs jeunes progressent vers le haut niveau. Le bilan est donc plutôt positif.

Avec quelques semaines de recul, que retenez-vous de votre dixième place aux championnats du monde d’Aix-la-Chapelle ?

Cela a été une expérience formidable. Les chevaux de l’équipe de France se sont très bien comportés. Évidemment, il reste de la frustration concernant le résultat par équipes (les Bleus ont bouclé les Mondiaux sans médaille ni qualification olympique après l’élimination de Benjamin Massié et l’abandon de Nicolas Touzaint, ndlr), mais nous ne maîtrisons malheureusement pas tout. Ce sont les aléas du sport. À titre individuel, c’était une très belle expérience. Il s’agissait de mes premiers championnats du monde, et les disputer à Aix-la-Chapelle, un lieu si particulier, était exceptionnel.

Comment avez-vous vécu ces Mondiaux au sein de l’équipe de France ? Vous étiez très ému à l’issue de la dernière épreuve.

Assumer sa place dans une équipe représente forcément une responsabilité importante. Avec l’élimination de notre premier couple, j’ai dû ouvrir la voie pour l’équipe dans la suite du championnat. Cela ajoutait encore un peu plus de responsabilité. Une fois le championnat terminé, on mesure le travail accompli et le chemin parcouru. Cela permet de prendre du recul. Dans le feu de l’action, nous sommes concentrés sur ce que nous avons à faire. C’est lorsque la pression retombe que nous réalisons pleinement ce que nous venons de vivre.

Après une dixième place individuelle pour ses premiers championnats du monde, Alexis Goury dresse un bilan positif de sa saison, malgré la frustration du résultat collectif des Bleus.

Après une dixième place individuelle pour ses premiers championnats du monde, Alexis Goury dresse un bilan positif de sa saison, malgré la frustration du résultat collectif des Bleus.

© Dirk Caremans/Hippo Foto Media



“Si Hatchi est qualifié et prêt à courir un championnat en 2027, pourquoi pas !”

Quel cap Je’Vall a-t-il franchi cette saison ? Dans quel domaine a-t-il le plus progressé ?

Je’Vall devient vraiment un grand cheval. Il évolue chaque année et franchit les étapes avec toujours plus de facilité. J’ai le sentiment de monter un cheval qui connaît son métier par cœur et qui l’exerce sans forcer. Cette année, sa principale progression concerne le dressage : nous avons réussi à être performants en gagnant en sérénité, car il me fait confiance. Il s’agit du grand point positif de cette saison, et j’espère poursuivre dans cette voie l’année prochaine.

Où en est Colorée de Poteau Z ? Avez-vous compris les difficultés rencontrées plus tôt dans la saison ?

Colorée a connu une progression assez fulgurante. Comme pour tout athlète de haut niveau, il y a des hauts et des bas. Je pense qu’il a simplement traversé une période un peu moins bonne, sans que cela ne soit très grave. Il a besoin de temps pour assimiler les choses et je garde à l’esprit qu’il n’a que dix ans. Avec des chevaux de cette qualité, nous avons toujours envie que tout aille vite, mais il faut leur laisser le temps de digérer ce qu’ils apprennent. Pour lui, les étapes se sont enchaînées rapidement. Un échec peut être décevant, bien sûr, mais cela fait partie du sport.

Quelle place souhaitez-vous lui donner dans vos prochains objectifs ?

Je n’ai pas d’idée arrêtée à ce sujet. Colorée reste l’un de mes chevaux de tête. Chaque cheval prend sa place au bon moment, en fonction de ses performances.

Hatchi des Loges a découvert le niveau 4* cette saison. Que vous ont appris ses premières sorties, et pourrait-il viser un championnat en 2027 ?

C’est un cheval que je monte depuis longtemps et auquel je crois beaucoup. Il est grand, assez lent et a besoin de temps. C’est pour cela que j’ai attendu cette année pour le lancer à ce niveau et il a bien répondu. Le saut d’obstacles reste encore un peu délicat : il a beaucoup d’amplitude et un geste assez lent. Cela demande du travail et de la réflexion pour trouver comment l’améliorer. Nous avons néanmoins bien progressé sur ce point. C’est un cheval que j’estime beaucoup. Je souhaitais terminer sa saison à Boekelo, mais il a eu un petit souci. Pour le préparer correctement sans compromettre sa santé, il aurait fallu lui accorder quatre semaines de repos, puis quatre semaines de préparation, ce qui ne correspondait plus au calendrier. J’ai donc renoncé à cet objectif pour privilégier sa santé et le retrouver dans les meilleures conditions l’année prochaine. S’il est qualifié et prêt à courir un championnat en 2027, pourquoi pas. 

Dixièmes des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, Alexis Goury et Je’Vall ont franchi un nouveau cap cette saison.

Dixièmes des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, Alexis Goury et Je’Vall ont franchi un nouveau cap cette saison.

© Dirk Caremans/Hippo Foto Media



“Je rêve de concourir à Badminton”

Avec plusieurs chevaux installés au niveau 4*, envisagez-vous d’en présenter un en 5*l’année prochaine ?

C’est une possibilité pour Je’Vall, qui devrait concourir à Badminton l’année prochaine. Les championnats d’Europe ayant lieu fin septembre, le calendrier pourrait nous laisser le temps de le faire auparavant. C’est une épreuve que je rêve de disputer et je pense que mon cheval est prêt. Il y a donc de bonnes chances que nous tentions l’aventure l’année prochaine.

Quels chevaux représentent la relève ?

J’ai un huit ans engagé dans le CCI 3*-L de Lignières (Iron de Brunel, finalement troisième de l’épreuve, ndlr).Il a déjà terminé deuxième du 3*-L de Vittel. C’est un cheval très particulier, qui était encore compliqué mentalement jusqu’à cette année. Il débordait d’énergie, mais pas toujours dans le bon sens.

Cette saison, il commence à se canaliser et fait les choses très bien. Je crois beaucoup en lui. Il aura neuf ans l’année prochaine et pourrait suivre une progression comparable à celle d’Hatchi cette saison, avant de découvrir le niveau 4* plus tard dans l’année.

J’ai également un sept ans (Jeroboam Wal, ndlr) dans lequel je place beaucoup d’espoirs. Toutefois, comme il m’appartient, il pourrait être davantage destiné à la vente cet hiver, notamment s’il réalise un bon concours au Lion-d’Angers. L’idée est de toujours conserver une vision à long terme, d’amener des chevaux au Lion-d’Angers et de préparer la suite.

Comment votre organisation avec votre épouse Fanny et votre équipe a-t-elle évolué pour accompagner vos chevaux et vos ambitions ?

Avec le temps, les choses deviennent plus faciles, parce que nous nous organisons mieux. Nous avons davantage de chevaux et notre situation financière se stabilise par rapport aux débuts. Nous abordons donc les choses un peu plus sereinement, ce qui facilite aussi l’organisation.

Cette année, j’ai deux apprentis, deux salariés et des stagiaires. Nous cherchons à être suffisamment entourés pour avoir le temps de bien faire les choses, mais aussi pour pouvoir souffler. C’est important de ne pas être constamment la tête dans le guidon.



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