“J’ai du mal à accepter la défaite, mais il faut le faire”, Jean-Luc Force

L’équipe de France de concours complet a quitté les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle sans médaille ni qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, mais trois cavaliers tricolores se sont classés dans le Top dix individuel. Déçu mais conforté par les performances de ses troupes, le sélectionneur national Jean-Luc Force dresse le bilan de cette échéance, revient sur l’abandon de Nicolas Touzaint et Diabolo Menthe et se projette déjà vers les prochaines occasions de décrocher le précieux sésame olympique.



Vous terminez ces championnats du monde avec le sourire malgré beaucoup de frustration. Quel bilan en tirez-vous ?

C’est difficile à avaler (après la chute de Benjamin Massié en début de cross et le retrait de Diabolo Menthe, partenaire de Nicolas Touzaint, en amont de la seconde inspection des chevaux, la France a conclu le championnat sans équipe, ndlr), mais il faut faire avec. Les gars ont été super jusqu’au bout. Nous terminons avec trois sans-faute au saut d’obstacles (signés par Gaspard Maksud et Alexis Goury, membres de l’équipe avec Zaragoza et Je’Vall, et par Astier Nicolas qui concourait en individuel sur Alertamalib’Or, ndrl), c’était magique. On dirait que nous sommes abonnés aux sans-faute depuis l’année dernière! En tout cas, ils ont prouvé qu’ils avaient la tête sur les épaules. Les chevaux ont été super et je pense que la préparation était bien adaptée.

Je crois que nous avons une équipe solide, autant au niveau des cavaliers que de l’encadrement. C’est réjouissant. Un résultat comme celui-là fait mal parce que, non seulement nous repartons sans médaille, mais aussi sans qualification olympique. J’ai du mal à accepter la défaite, mais il faut le faire, car elle fait partie du sport.

Concernant Diabolo Menthe, le cheval de Nicolas Touzaint, avez-vous cru à un miracle pendant la nuit ?

Nous étions moyennement confiants, puis nous nous sommes dit qu’il ne fallait pas insister. Le cheval a mérité qu’on le laisse tranquille. À un moment donné, il faut savoir jeter l’éponge. Cela fait partie du jeu.

Je ne regrette qu’une chose: que nous ne soyons pas plus vigilants sur la qualité du terrain. Nous avions tiré la sonnette d’alarme sur le fait qu’il était assez irrégulier. Certains endroits étaient vraiment très bons parce qu’il y avait eu beaucoup d’arrosage, tandis que d’autres étaient un peu trop fermes. Ces variations de terrain ne sont pas toujours ce qu’il y a de plus agréable pour les chevaux.

Je trouve que nous devons être vigilants là-dessus. J’essaie de l’être en France. Il ne faut pas chercher à attribuer nos échecs à des causes extérieures, d’autant que tout le monde a couru sur le même terrain, mais je crois qu’il faut faire attention à cela. Avec des terrains de plus en plus secs, faut se donner les moyens d’avoir de bons sols si nous voulons continuer à pratiquer ce sport.

La France n’a pas décroché sa qualification olympique ici, mais aura deux autres occasions de le faire l’an prochain, aux championnats d’Europe et via le circuit des Coupes nations. Cela semble largement à votre portée, n’est-ce pas?

Oui, je pense que c’est évidemment à notre portée. Nous voyons bien que nous avons une belle équipe et toutes les chances de pouvoir y parvenir, mais il y a toujours un risque, comme nous l’avons expérimenté ici. Passer l’hiver avec ce risque-là en tête, c’est pénible, d’autant qu’il faudra aussi profiter de cette saison plus creuse pour élargir un peu le vivier, faire monter en compétence de nouveaux chevaux et de nouveaux cavaliers. Il faut peut-être avoir davantage de monde sur le Grand National et dans les Coupes des nations, puisque ce circuit peut nous permettre de nous qualifier.