Alexis Goury prend la tête chez les sept ans, à égalité avec Lara de Liedekerke-Meier

Au Lion-d’Angers, le deuxième jour du championnat du monde des jeunes chevaux de concours complet a vu s’affronter l’ensemble des chevaux de six ans, puis la deuxième partie des sept ans. Chez les premiers, un classement s’est dessiné autour du Néerlandais Patrick Verbakel et Passoa, et de la Néo-Zélandaise Caroline Powell et WLS Ravenscourt à égalité de points avec l’Allemande Ann-Catrin Bierlein et ACSI Daisy Dynamite. Chez les seconds le podium provisoire d’hier a été bouleversé par l’entrée du Français Alexis Goury qui, avec Jeroboam Wal, est ex aequo à la première place avec la Belge Lara de Liedekerke-Meier et Tara van het Leliehof. Le Britannique Hector Mayne et Bueno sont troisièmes. 



Ce matin, c’est sous le soleil que l’ensemble des quarante-cinq couples en lice s’est présenté au départ du dressage des six ans sur la carrière de l’hippodrome l’Isle Briand. Et pour une première participation au Mondial du Lion, le Néerlandais Patrick Verbakel a su se faire remarquer avec l’aide de Passoa (KWPN, Liamant W x Freeman VDL), dont il est le naisseur. Sorti de piste avec 28 points, le sculptural hongre a déroulé une reprise toute en fluidité lui permettant de s’octroyer la première place au classement provisoire. "Passoa est un grand cheval, qui se déplace très bien et est très agréable à monter. J’ai fait des épreuves nationales aux Pays-Bas et quatre CCI2* avec lui. J’espère que tout ira bien demain sur ce magnifique terrain", a déclaré le cavalier âgé de soixante ans, peu connu à ce jour sur la scène internationale puisqu’il n’y est apparu qu’une trentaine de fois, jusqu’au niveau 3*. 

Avec un score de 29,4 points, la Néo-Zélandaise Caroline Powell et WLS Ravenscourt (ISH, Cristo 5 x Sorento) talonne le couple Néerlandais, à égalité avec l’Allemande Ann-Catrin Bierlein et ACSI Daisy Dynamite (Westf, Diacontinus x Casall). La première affirme accorder une grande estime à son partenaire, tout soulignant un manque d’expérience par rapport à ses concurrents. "Il a pris la dernière place des chevaux qualifiés pour la Nouvelle-Zélande", précise-t-elle. La seconde se réjouit du sérieux de sa monture, élevée par ses grands-parents, tout en s’étonnant d’avoir autant performé dans un test qui n’est pas son point fort en tant que cavalière. "Après avoir regardé quelques reprises, j’ai décidé que mon objectif serait de sortir sans faute du carré, et mes plans se sont bien déroulés. Je savais qu’elle pouvait bien faire, mais ignorais comment elle se positionnerait dans la hiérarchie des six ans", explique la cavalière d’Outre-Rhin. 

Deux Belges, Lara de Liedekerke-Meier et Herakles (Hann, Herald 3 x Check In), et Jarno Verwimp en selle sur Diacontina C&T Z (Zang, Diacontinus x Codex), se trouvent au pied du podium provisoire avec 29,8 et 30,9 points. 

Onzième avec 31,5 points et première Tricolore au classement, Julie Simonet s’avouait elle aussi ravie de Khalonek de Kergane (SF, Canturo x Nabab de Rêve), dont elle est copropriétaire avec son père Luc. "Mon cheval est très émotif, ce qui me rend d’autant plus fière de son attitude ici, où l’atmosphère est très particulière. D’autant que j’habite dans le sud où nous faisons beaucoup de concours bien loin d’être aussi regardants. Je lui ai monté la carrière hier, mais il y avait tellement de chevaux qu’à mon avis, il n’a pas pu se rendre compte de ce à quoi elle ressemble. Mais il est resté sérieux tout au long de la reprise. Il est certain qu'il y a plein de petites choses à améliorer. Le galop est son point fort et il y a pris beaucoup de points, quand j’aurais pu avoir un peu plus d’activité au trot. Mais je n'ai pas trop voulu lui en demander dans ce contexte. J'avais surtout envie qu'il reste calme et qu'il en tire une bonne expérience". Les deux autres Français en lice, Nicolas Touzaint et Joséphine Heteau, respectivement associés à Kovu de Belle Croix (SF, Mylord Carthago x Flipper d’Elle) et Kill Bill de Galarza (SF, Untouchable*GFE x Kalaska de Semilly), occupent les quinze et trente-quatrième places du classement provisoire. 

Le Néerlandais Patrick Verbakel a su se faire remarquer aux côtés de Passoa, dont il est le naisseur

Le Néerlandais Patrick Verbakel a su se faire remarquer aux côtés de Passoa, dont il est le naisseur

© Le Mondial du Lion



Alexis Goury partage la tête chez les sept ans

Du côté des sept ans, le podium très provisoire de la première journée a été chamboulé, avec l’arrivée en tête d’Alexis Goury et Jeroboam Wal (SF, Vleut*GFE x Flyer), à égalité de points avec Lara de Leidekerke-Meier et Tara Van Het Leliehof (Bwp, Pegase van’t Ruytershof x Major de la Cour). Les deux couples entameront le cross de demain avec 28,6 points. À sa descente de selle, le cavalier installé dans le Maine-et-Loire rayonnait de joie : "Je suis très content de mon cheval, qui a vraiment progressé depuis sa dernière épreuve de préparation à Lignières. Il a des points communs avec Je’Vall (son cheval de tête, avec qui il s’est classé dixième des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle en août dernier, ndlr). Comme lui, il est un peu introverti et a tendance à se mettre la pression au point de passer en apnée sur des phases du dressage. Mais j’ai beaucoup travaillé sur le relâchement. J’ai senti qu’il est arrivé ici dans un très bon état d’esprit". Pour lui, comme pour Lara de Liedekerke-Meier, l’objectif sera demain de s’approcher autant que possible du temps de référence du cross, afin de s’assurer l‘avantage en cas d’égalité au soir du CSO. 

Derrière eux, les Britanniques Yasmin Ingham et Club Class (SHBGB, Diarado x Kiltealy Spring) ont quant à eux cédé leur troisième place provisoire à leurs compatriotes Hector Payne et Bueno (AES, Dante’s Junior x Alicante), sortis de piste avec 29 points. "Bueno a des origines de dressage dont je me réjouis qu’il ait pu les montrer aujourd'hui. Quand il a regardé fort dans le premier coin, j’ai craint que le test ne soit très long. Finalement, il s’est détendu et nous avons pu dérouler une belle reprise. J’espère que demain, il ne se révèlera pas trop regardant sur le cross". 

Yasmin Ingham a été rejointe au pied du podium par l’Allemande Caro Hoffrichter et Archie CC (Hann, Alaba 2 x Lancer II). Outre Alexis Goury, deux Tricolores font partie du Top 10 puisque Thomas Carlile et Juste Unetoile (SF, Upsilon x Unetoile de la Serre) sont septièmes et Héloïse Le Guern et Cambel (Westf, Caroly x Canturano), neuvièmes. 



Un cross à multiples enjeux

Demain, le cross pourrait bien rebattre les cartes chez les six comme les sept ans. Le test des concurrents nés en 2019 sera particulièrement scruté au regard des événements de l’an passé. On se souviendra en effet, que le test des aînés avait donné lieu à un nombre d’incidents et de chutes tout à fait inhabituel au Mondial du Lion. Croisés dans les travées du concours, plusieurs cavaliers jugent le parcours de cette année, construit comme c’est le cas depuis trente ans par le Français Pierre Michelet, plus simple que ceux des années précédentes. Certains, comme Lara de Liedekerke-Meier, le regrettent. "Je suis un peu déçue du cross", exposait hier la cavalière. "Je pense que Pierre a subi foule de remontrances l’an dernier alors que, pour être souvent venue ici, le parcours ne m’avait pas paru différent des autres années. Je ne suis évidemment pas en faveur d’un cross piégeur pour les chevaux. Mais je pense qu’ils ont rencontré des difficultés techniques plus importantes sur les CCI3* qu’ils ont courus cette année qu’ils n’en verront ici, alors qu’un championnat du monde devrait vraiment permettre de valoriser les meilleurs. Ceci dit, le cross durera neuf minutes, et il faudra prendre en compte le public. Tout le travail reste donc à faire". 

Le son de cloche est un peu différent du côté du Français Thomas Carlile. "Peut-être que l'an dernier, le parcours était un rien trop sévère. Mais je ne pense pas que le chef de piste était le seul à remettre en cause. En particulier, un élément qu’on ne prend pas assez en compte est que lorsque les juges ne se mouillent pas au dressage et octroient des notes très serrées, chaque seconde de temps dépassé sur le cross coûte très cher. Cela incite les cavaliers à aller plus vite, ce qui augmente les risques. C’est ce qu’on a vu l’an passé. Quoi qu’il en soit, même avec une construction allégée, le parcours de demain ne va pas se faire tout seul : il y a de quoi se faire piéger ! Et comme cavaliers, nous devons nous rappeler que même si c’est la trentième fois que nous prenons le départ du championnat, c’est la première fois pour nos montures, et leur premier CCI3* en format long". Au vu du faible écart entre les concurrents ce soir, 1,3 points séparant les premiers de la cinquième, chaque seconde sera très pénalisante. Pour l’image du complet et du Mondial, espérons que s’appliquera le principe selon lequel chat échaudé craint l’eau froide !

Demain, le cross des chevaux de six ans commencera à 10h. Celui des sept ans suivra à 13h. 

Les résultats des six ans 
Les résultats des sept ans 
L’ensemble du Mondial du Lion est diffusé en direct sur GRANDPRIX.tv



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