“Nous sommes un pays riche en concours de grande qualité”, Edouard Coupérie
À l’occasion du Longines Equita Lyon - Concours Hippique International, organisé du 28 octobre au 1er novembre et hôte notamment d’une étape Coupe du monde de saut d’obstacles, le sélectionneur national Edouard Coupérie s’est confié sur le circuit indoor FEI. Il a aussi évoqué l’ouverture du concours à la jeune génération ainsi que l’importance du Grand National FFE - AC Print.
La saison indoor est lancée, avec le Longines Equita Lyon - Concours Hippique International qui marque pour de nombreux couples tricolores le début de la période hivernale. Est-ce l’occasion pour vous d’effectuer une revue des troupes à l’occasion d’un concours majeur du calendrier international ?
Exactement, car beaucoup de cavaliers français sont là. De plus, il s’agit de la deuxième étape Coupe du monde après Oslo et de nombreux cavaliers qui espèrent se qualifier pour la finale sont présents. Il est intéressant que j’observe le comportement de leurs chevaux afin de distribuer les places pour la suite de l’hiver. J’en saurai plus à l’issue du concours de Lyon. Comme l’an passé, nous prévoyons une réunion des cavaliers le dimanche premier novembre au matin. Je souhaite faire avec eux un bilan de la saison, des championnats du monde et des CSIO, puis échanger sur la saison prochaine : connaître l’état de forme de leurs chevaux, leurs souhaits, envies et objectifs. En tant que sélectionneur, c’est ensuite à moi de décider où chacun peut aller selon le nombre de places dont nous disposons. C’est également la période où nous effectuons les demandes de participation dans les différentes Coupes des nations, nous verrons les réponses pour pouvoir mettre un plan en place. En tout cas, les épreuves par équipes reprendront en février avec la Ligue des nations Longines à Abou Dabi (UAE), puis à Ocala (USA) en mars, deux CSIO majeurs importants pour l’équipe de France.
Lyon est la deuxième étape du circuit Coupe du monde FEI de saut d’obstacles, où les Français sont généralement performants. Quelles sont les ambitions de nos cavaliers et quelle est la stratégie mise en place cette année ?
Il y a tout un groupe de cavaliers motivés. Kevin Staut l’est toujours, c'est un grand amateur du circuit Coupe du monde et, à chaque fois, il se comporte très bien à la finale. Simon Delestre m'a aussi confié être motivé, tout comme Julien Epaillard et Marc Dilasser, qui a pris quelques points à Oslo (NOR). Je dois continuer à échanger avec les cavaliers, Nicolas Sers par exemple n’est pas à Lyon mais sera à Vérone la semaine suivante. La stratégie est évidemment de participer à toutes les étapes de la Ligue d’Europe de l’Ouest. Pour l’heure, nous n’avons pas beaucoup de places : une place que la Fédération distribue, puis deux pour les cavaliers français dans le top 10. Julien Epaillard et Nina Mallevaey peuvent donc participer partout où ils le souhaitent. Si Nina décide de ne pas participer car elle est aux États-Unis, je peux attribuer sa place à un cavalier du top 100 uniquement. Cette organisation tient jusqu’à fin décembre, où une nouvelle liste sortira et pourra changer notre quota.
La France a d’ailleurs la chance d’avoir deux étapes du circuit Coupe du monde FEI de saut d'obstacles sur son territoire, à Lyon puis Bordeaux (33) en février prochain…
J’aime beaucoup ce circuit indoor. La technicité est au rendez-vous, on voit vraiment où en sont les chevaux et ce qu’il faut travailler. Et puis comme ici à Lyon, ce sont des concours magnifiques, avec un public formidable et intéressé ; c'est important pour notre sport. Nous avons la chance d'avoir ensuite une étape à Bordeaux. Nous sommes un pays riche en concours de grande qualité, puisqu’il y a aussi trois CSIO, deux de niveau 5* à La Baule (44) et Gassin (83) et un 3* à Deauville (14). Tout cela est possible grâce à l’investissement des organisateurs, et je demande aux cavaliers de les remercier lorsqu’ils sont invités dans ces beaux concours.
La finale Coupe du monde se déroulera en terrain connu, à Göteborg (SWE), du 23 au 28 mars prochain. Après la victoire de Julien Epaillard en 2025 et le podium de Kevin Staut au printemps dernier, comment vous projetez-vous vers cet événement ?
La facilité d'accès de cette finale, comparée à celle de Forth Worth, aux États-Unis cette année, est un facteur de motivation pour les cavaliers. Ils connaissent par ailleurs la piste de Göteborg, qui est un tout petit peu spéciale ; elle est ovale, pas très grande, donc il faut des chevaux adaptés à cette configuration. C'est un magnifique concours qui est bien organisé, rodé depuis des années et habitué à recevoir des finales du circuit Coupe du monde. On se réjouit de voir la finale 2027 organisée là-bas.
Pour revenir au concours de Lyon, quel regard portez-vous sur les participations, dans le CSI 5*, de jeunes cavaliers tels qu’Eden Leprevost Blin Lebreton, Lucas Fournier, Théo Ogorzaly ou Paul Rulquin ?
Je remercie Sylvie Robert, présidente de GL events Equestrian Sport, pour son esprit d’ouverture et d’avoir intégré ces jeunes cavaliers. Je dois dire qu'avec Sylvie nous nous entendons très bien à ce niveau-là et partageons la même vision. Cela va être intéressant pour eux de prendre part aux épreuves à 1,50 m, où ils seront confrontés aux meilleurs mondiaux. Pour ma part, c’est l’occasion de voir où ils en sont pour la suite.
Une étape du Grand National FFE - AC Print est également organisée, c’est un avantage pour vous ?
Je suis arrivé dès mercredi pour pouvoir assister à toutes les épreuves du Grand National, qui se courent sur la piste internationale. C’est intéressant d’observer le comportement des couples et d’en repérer de nouveaux. Il y a des cavaliers de la région que je connais parfois moins, mais aussi des cavaliers d’expérience. Derrière, on a la chance d’avoir de beaux concours comme les CSI 4* à Saint-Lô (50) et Rouen (76), un 3* lors du salon du cheval à Paris (75)… Cela permet aussi de se projeter sur la saison prochaine en voyant avec ces cavaliers comment faire progresser leurs chevaux et maintenir leur état de forme pour les mois à venir.

