JEM : Kevin, ce sauveur au sacré caractère



Sans [Kevin Staut] et le fantastique sans-faute qu’il signe avec [Silvana] de Hus, c’était plié pour la France et sa participation à la finale par équipes demain, mercredi. Le cavalier de Hus sauve la France d’un scénario qui était cet après-midi dans toutes les têtes : celui d’Aix-la-Chapelle 2006 où la France n’avait pas su se qualifier pour les Jeux olympiques 2008. Pour autant, Kevin n’est pas un ange, le reconnaît, et revient pour GrandPrix-replay.Com sur son tempérament bien trempé.

 
GrandPrix-replay.Com : Quelle a été la principale différence entre l’épreuve d’hier et celle d’aujourd’hui ?

Kevin Staut : J’ai aujourd’hui totalement laissé de côté mes prétentions individuelles et ai monté pour la France ! Hier, sur la chasse (et je suis encore très en colère contre moi-même), j’ai vraiment adopté une démarche individualiste, en pensant qu’un bon résultat profiterait à l’équipe. C’était mal calculé… Aujourd’hui, j’ai donc sauté comme sur une Coupe des nations, en ruminant toute la journée le parcours, en changeant quinze fois de contrat par heure, etc. Je savais que ma jument ne m’en tiendrait pas rigueur, j’ai donc monté en ayant parfaitement à l’esprit que de mon parcours dépendait l’avenir de l’équipe. A cinq points près, nous étions dehors !

 
GPR : Votre rang de numéro un mondial crée-t-il une pression supplémentaire ?

K.S. : Non. Je ne pense pas à mon classement quand je suis en piste et sur un championnat comme celui-ci, il y a de telles pointures qu’on ne peut rouler des mécaniques.

 
GPR : Vous avez été très discret depuis hier, évitant soigneusement le contact : en tant que leader naturel de l’équipe de France, vos sautes  d’humeur ne mettent-elles pas en péril la cohésion au sein de l’équipe ?

K.S. : Je reconnais qu’il m’arrive d’être tellement déçu que je me renferme et supporte mal les questions, les remarques, le contact. Je n’en suis pas fier, mais c’est comme ça. Après une mauvaise prestation comme celle d’hier, je rumine, je rumine, mais soyez sûr de quelque chose : j’ai une telle estime de l’équipe que jamais je me pardonnerais d’être à l’origine d’une ambiance lourde au sein du groupe (à ce moment-là, passent Sabrine et Patrice Delaveau, qui l’embrassent et le remercient de son bon résultat salvateur, ndlr).

 
Propos recueillis à Lexington, Etats-Unis, par Daniel Koroloff