"La force du monde équestre français est sans aucun doute la valeur de son élevage", Alexis Deroubaix

Après la vente de son cheval de tête, Timon d’Aure, cédé au marchand néerlandais Jan Tops puis rapidement confié à divers cavaliers Qatariens l’hiver dernier, la vie du Tricolore Alexis Deroubaix a forcément changé. Le Nordiste reste toutefois positif et se projette vers l’avenir, espérant pouvoir mener de nouvelles montures sur le devant de la scène dès 2021. Vainqueur du Grand Prix 5* de Dinard l’été dernier sur la splendide piste en herbe du Val Porée, le Français a troqué sa selle pour ses outils de bricolage ces dernières semaines, confinement oblige. Mais il reste avant tout résolument motivé et prêt à en découdre, dès que les compétitions reprendront.



Associé à son beau gris, Timon d’Aure, depuis 2015, Alexis Deroubaix a connu de nombreux succès. Le hongre, fils de Mylord Carthago avait permis au Nordiste d’arriver sur le devant de la scène, prenant part aux Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018, puis aux championnats d’Europe Longines de Rotterdam, en août 2019. Respectivement neuvième et treizième, la paire avait sensation.

Alors que les Jeux olympiques de Tokyo se profilaient à l’horizon 2020, la famille Chenu, propriétaire de Timon d’Aure, avait décidé de le céder au marchand Jan Tops. À désormais trente-deux ans, Alexis Deroubaix poursuit son travail avec ses futurs cracks et espère bien un succès similaire, aux côtés de ses fidèles soutiens, le Haras du Plessis et la famille Chenu.

Après avoir impressionné l'équipe de France à La Baule il y a un an, Alexis Deroubaix n'aura pas eu l'occasion de participer à l’édition 2020 du concours, initialement programmé au week-end dernier et annulé en raison de la pandémie de Covid-19. Pour nos confrères de la Fédération Équestre Internationale, le pilote français a accepté de se livrer au jeu des questions-réponses.



"Timon d’Aure a un mental de guerrier"

Alexis Deroubaix se trouve ici aux côtés de ses amis Kévin Staut et Nicolas Delmotte, ainsi que de sa fidèle propriétaire Annick Chenu.

© Scoopdyga

Comment le confinement, qui a duré du 17 mars au 11 mai en France, a-t-il affecté votre routine équestre et votre entrainement ?

Le fait qu'il n'y ait pas eu de compétition a en fait été bénéfique pour les chevaux. Ils ont bien progressé sur le plat, et ont maintenu leur condition à l’obstacle à raison d’une séance par semaine. Mais bien sûr, pour eux, le vrai travail et l'apprentissage se font sur les terrains de compétition ! D'un point de vue personnel, il a été agréable, pendant cette période d'isolement, de pouvoir rester à la maison et de ne pas avoir à voyager semaine après semaine. J'en ai profité pour lire et faire un peu de bricolage.

Quels étaient vos objectifs pour 2020 ?

En 2020, j'avais prévu de travailler avec mes chevaux pour les faire monter progressivement de niveau. Je comptais particulièrement sur Bornthis Way Chapel et Kitona de Muze, ainsi que de nombreux chevaux de huit et neuf ans pour les niveaux 2 et 3*. Désormais, j'espère être prêt avec ces chevaux pour le haut-niveau dès le début de la saison 2021.

Pouvez-vous nous parler de Timon d'Aure, avec qui vous avez connu tant de succès avant son récent départ ?

Timon d'Aure est un cheval avec lequel j'ai passé beaucoup de temps dès mon arrivée au Haras du Plessis. Etant jeune, il en avait besoin en raison de sa nature unique et de son caractère respectueux. Il a progressé à travers les épreuves, et il s'est vraiment révélé à l'âge de dix ans en 2018, qui était l'année des Jeux équestres mondiaux de Tryon. Après cette étape, il a montré exactement qui il est. Il a un mental de guerrier et est né pour faire de la compétition. Il y démontre tout son potentiel.

Le week-end dernier aurait dû se tenir le CSIO 5* de La Baule. Que représente cet événement pour le monde équestre français ?

La Baule est un lieu légendaire. C'est aussi l’Officiel de France. Il est très important pour nous, cavaliers français, de pouvoir représenter notre drapeau devant notre public. C'est un sentiment incroyable.

Comment jugez-vous les forces en présence dans le milieu du saut d’obstacles français en ce moment ?

La force du monde équestre français est sans aucun doute la valeur de l'élevage que nous avons dans ce pays. Il y a de vrais génies qui ont utilisé leur savoir-faire pour développer les chevaux que nous avons. Beaucoup dans l'élevage ont utilisé la génétique d'autres stud-books pour faire de beaux mariages. Il y a aussi un grand nombre de chevaux talentueux. Nous avons également le circuit de la Société hippique française (SHF) qui permet aux chevaux de tous les âges de bien évoluer. L’entraînement est aussi une part importante de cette amélioration.

Il y a beaucoup de cavaliers et de chevaux français que j'admire. Je regarde beaucoup les performances de Kevin Staut, Nicolas Delmotte, Thierry Rozier et bien d'autres.

Quel serait le premier conseil que vous donneriez aux jeunes cavaliers ?

Développer la confiance en soi est pour moi le meilleur conseil pour celles et ceux qui souhaitent s’améliorer. C’est la clef pour réduire ses inhibitions. Cela demande beaucoup de travail et de réflexion.