“J’ai la chance que mon activité ait bien fonctionné malgré la crise”, Charles-Henri Fermé

Charles-Henri Fermé s’est illustré le week-end passé au Jumping de Royan. Avec son hongre de douze ans Jaqui, ancienne monture de Titouan Schumacher, François-Xavier Boudant et Antoine Hélie, le couple a remporté sa première victoire internationale à l’occasion du Grand Prix CSI 2* à 1,45m. À la tête de sa propre structure avec le haras du Breuil, situé dans le Calvados, dans la commune de Le-Breuil-en-Auge, le trentenaire est revenu sur cette victoire et sur le futur de sa saison avec son piquet de chevaux prometteur.



Dimanche, vous avez remporté le Grand Prix CSI 2* de Royan avec Jaqui (BWP, Ogano Sitte x Action Breaker). Qu'avez-vous pensé du premier parcours puis du barrage ?

 Comme tous les parcours de Cédric Longis, ils étaient très bien construits. Le premier était assez conséquent pour un début de saison, mais étant donné que beaucoup de chevaux de niveau CSI 4* et 5* étaient au départ, il fallait une épreuve à la hauteur. C’était un parcours agréable à monter, sur lequel il y a eu quelques fautes à droite et à gauche. Il n’y avait pas de juge de paix. Pour le barrage, c’était un tracé avec des tournants et sur lequel il fallait galoper. Heureusement, car compte tenu du nombre de couples qualifiés pour le?barrage, il fallait vraiment que le chef de piste joue sur ces deux axes-là. Pour moi, cela s’est joué sur le fil, mais je m’en suis bien sorti avec Jaqui, qui est très rapide au sol. 

Comment Jaqui est-il arrivé dans vos écuries ? Vous l’a-t-on confié ou l’avez-vous acheté ? 

J’ai acheté Jaqui à Titouan Schumacher et à son père l’année dernière, en septembre il me semble. Titouan voulait s’en séparer et il l’avait confié à François-Xavier Boudant pour qu’il saute quelques parcours avec lui. J’aimais déjà beaucoup le cheval il y a quelques années et j’ai donc saisi l’opportunité de pouvoir le racheter quand François-Xavier l’a eu pour la commercialisation. Je n’ai même pas encore sauté dix épreuves comptant pour le classement mondial avec lui, et pourtant, il a déjà gagné une fois, terminé une fois deuxième et une fois troisième. C’est un cheval très compétitif, qui est bien en confiance aujourd’hui et que je commence à bien connaître. 

Vous êtes également à Royan avec de jeunes chevaux comme Equinox de la Pomme (SF, Vigo d’Arsouilles x Ingmar) et Enrico de la Pomme (SF, Vigo d’Arsouilles x Ingmar). Comment se passe leur progression ? 

Ce sont des chevaux que j’ai récupérés il y a un mois et qui ont été montés par divers cavaliers avant moi. Les deux ont notamment pris part à la finale des Jeunes Chevaux de Fontainebleau avec David Jobertie. Equinox a d’ailleurs gagné la classe des six ans. Ils appartiennent toujours à leur éleveur, avec qui je travaille depuis presque quinze ans, Monsieur Geert Baertsoen, du haras de la Pomme. Au début, j’étais client chez lui pour faire naître des poulains en tant que particulier, puis pour mon haras (Le haras du Breuil, ndlr). C’est comme cela que nous nous sommes rencontrés. Le rapprochement a fait qu’aujourd’hui nous avons entamé une collaboration, notamment sur ces deux chevaux-là qui sont, je trouve, d’excellents éléments et de très bonnes recrues pour l’avenir. Je suis très content d’avoir ces deux chevaux, qui seront des chevaux de Grands Prix à terme.

 Quelles sont vos attentes pour la deuxième semaine du CSI de Royan, puis pour le reste de la saison ?

 Nous allons essayer d’avoir une deuxième semaine assez soft. Le CSI de Royan est une sorte de mise en jambes pour remettre mes chevaux dans le bain avant de passer par le Grand National d’Auvers pour monter en niveau. Nous irons ensuite quinze jours à Arezzo, en Italie, pour attaquer les Grand Prix CSI 3* sur herbe. La suite du programme se déroulera au Touquet, avant d’attaquer les championnats.



“Ma saison 2020 a été très courte”

Charles-Henri Fermé avec Bellini Dufaure de L à l'Hubside Jumping de Grimaud.

© Sportfot

Sur quels chevaux pouvez-vous compter ? 

Dans mon piquet j’ai Dakota de Castel (SF, Ensor vd Heffinck x Visage vd Olmenhoeve), un très bon huit ans opéré de coliques l’année dernière, qui devrait revenir en piste très bientôt. C’est un cheval d’avenir qui dispose de toutes les qualités nécessaires?; la force et le respect d’un très bon cheval. J’ai ensuite un cheval de l’élevage “maison”, Dexter de Jonkiere (SF, Kannan x Défi d’Armenti). J’avais déjà pris part à des Grand Prix 3* avec son frère Vasnupied (AA, Laurier du Hère x Defi d’Armenti) que nous avons vendu. Dexter va être un cheval taillé pour la vitesse pour et les épreuves à 1,45m à terme. J’ai également mon cheval de tête Bellini Dufaure de L (SF, Mylord Carthago x Dollar de la Pierre), ainsi que Jaqui et les deux jeunes recrues du haras de la Pomme, Equinox et Enrico. 

Quel regard portez-vous sur la crise sanitaire et ses conséquences pour le domaine équestre ? 

La crise sanitaire a été très pénible psychologiquement en tant que sportif. J’ai la chance que mon activité ait bien fonctionné malgré la situation, nous avons vendu beaucoup de chevaux donc je n’ai pas réellement souffert de cette crise. Mais il a tout de même été difficile de se projeter, de prévoir un programme de concours, étant donné qu’il était déjà difficile de trouver des concours. Comme il y avait très peu de place à Grimaud pour l’Hubside Jumping par exemple, le sélectionneur avait la lourde de tache de devoir faire des choix dans les participants, donc ma saison 2020 a été très courte. Par exemple, Bellini n’a réalisé qu’une vingtaine de parcours, même s’il a beaucoup gagné. 

Que peut-on vous souhaiter pour l’année 2021 ? 

Plein de victoires forcément (rires), même si cela commence déjà bien. Qu’il y ait plein de beaux concours pour tout le monde, que je puisse refaire de belles échéances, comme j’ai eu l’occasion avec Dali (cédé en aôut à la jeune Mathilde Pinault, la fille du dirigeant d’entreprises et milliardaire français François-Henri Pinault, ndlr) en Coupes des nations. Aujourd’hui, je peux compter Bellini que je sens capable de participer à de telles échéances, ainsi que sur Jaqui, qui fait bien le travail pour être rapide dans des épreuves à 1,45m.



Grâce aux images de GRANDPRIX.tv, revivez le barrage gagnant de Charles-Henri Fermé et Jaqui lors du Grand Prix CSI 2* de Royan.