“Le parcours de ma mère m’inspire beaucoup”, Eden Leprevost Blin Lebreton

Les similitudes entre elle et sa maman sont si nombreuses que l'on pourrait parfois les confondre. Eden Leprevost Blin Lebreton a hérité de sa championne olympique de mère un style d’équitation élégant et efficace. Âgée de dix-sept ans, la jeune amazone cultive même cette ressemblance, en espérant toutefois réussir à se faire un prénom. Se cachant presque sous sa grande visière, la discrète Eden semble avoir le talent en héritage. Ses derniers résultats l’ont prouvé, puisqu’elle s’est hissée sur la deuxième marche du podium lors de la Coupe des nations d’Opglabbeek mi-avril, puis du relevé Grand Prix CSI 2* de l’Hubside Jumping de Grimaud début mai. À chaque fois, la Tricolore a brillé avec Une Étoile Landaise, la belle brune qui lui avait initialement été confiée par Michel Robert. Bien déterminée à marcher dans les traces de sa mère, Eden s’est un peu dévoilée en répondant aux questions de GRANDPRIX.



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Eden est ici en selle sur sa meilleure recrue, Une Étoile Landaise.

© Sportfot

Dimanche 2 mai, vous et Une Étoile Landaise vous êtes classées deuxièmes du Grand Prix CSI 2* de l’Hubside Jumping de Grimaud, dans lequel seuls Grégory Wathelet et vous avez réussi un double zéro. Pouvez-vous décrire votre parcours initial ? Puis votre barrage ?

Ce sans faute dans le Grand Prix 2* était comme une revanche sur le parcours de la veille, lors duquel nous avions fait une petite faute sur le dernier obstacle de l’épreuve à 1,45m comptant pour le classement mondial, ce qui nous avait privées du barrage. J’étais déjà très satisfaite de notre parcours initial, mais tout a pris une autre dimension lorsque j’ai réalisé que nous étions seulement cinq à être qualifiés pour le barrage, et surtout que j’allais me confronter aux meilleurs cavaliers mondiaux. Je me suis alors dit “là, je suis réellement dans la cour des grands”. Puisque je passais en numéro quatre au barrage j’ai pu voir les trois premiers parcours. Sachant qu’ils avaient tous fait une faute, j’ai commencé à me dire que j’avais quelque chose à jouer et à tenter ! Lors du barrage j’ai une nouvelle fois pu compter sur Une Étoile qui m’a permis de réaliser le premier double sans faute. En passant dernier, Grégory Wathelet a été meilleur, ce qui nous a reléguées, Une Étoile et moi, à la deuxième place. C’est le sport ...

Que ce classement symbolise-t-il pour votre jeune carrière ?

En début d’année, j’avais remporté avec Une Étoile ma première épreuve à barrage comptant pour le classement mondial au Sunshine Tour. Mais ici, à Grimaud, Les épreuves du CSI 2* sont d’un niveau particulièrement relevé étant donné que les meilleurs cavaliers au monde y participent. Je suis très fière d’avoir figuré parmi les meilleurs et il s’agit très certainement ma meilleure performance. Cette épreuve restera gravée dans ma mémoire, c’était vraiment fort en émotions. 

Le même jour, votre maman s’est elle aussi classée deuxième du Grand Prix CSI 4* avec GFE*Excalibur de la Tour Vidal. Ces deux classements le même jour décuplent-ils les joies ?

J’entends souvent que je fais comme ma mère, mais cette fois, c’est elle qui m’a copiée (rires).

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Mère et fille partagent un moment de bonheur après la deuxième place d'Eden à Grimaud.

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“Passer mon bac général pour ensuite me consacrer aux chevaux”

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Michel Robert est ici aux côtés de la jeune amazone et d'Une Étoile Landaise.

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Le 18 avril, vous avez participé à la deuxième place de la France dans la Coupe des nations Juniors d’Opglabbeek, déjà avec Une Étoile Landaise. Quel souvenir gardez-vous de cette épreuve ?

J’en garde un superbe souvenir ! Je pense que les Coupes des nations sont les épreuves que je préfère. L’esprit d’équipe et le fait de représenter la France est selon moi quelque chose de génial ! C’est à chaque fois une opportunité et une grande prise d’expérience, avec une certaine pression et de l’adrénaline en plus par rapport aux épreuves traditionnelles. 

Quelles sont vos ambitions pour cette année 2021 ?

J’aimerais continuer à obtenir des classements dans des Grand Prix CSI 2* et peut être plus si j’en ai la capacité. Mon objectif est également de participer aux championnats d’Europe Juniors avec Une Étoile, avec l’espoir de réussir un bon résultat. 

Les crises sanitaires que nous traversons vous font-elles réfléchir quant à l’avenir ?

Il est vrai que l’on se demande un peu plus comment les choses vont se dérouler, mais nous devons nous adapter aux conditions actuelles et continuer à travailler.

Une Étoile Landaise vous a été confiée par Michel Robert en août 2020. Comment se sont déroulés vos débuts ? Sur quels points avez-vous dû particulièrement vous améliorer ensemble ?

Nous nous sommes bien entendues directement. Même si Une Étoile est une jument à fort caractère, en piste, elle a une grande envie de gagner. La notion de couple est très importante avec elle pour qu’elle se donne à fond pour le cavalier.

Comment se compose le reste de votre piquet de chevaux ? Quels objectifs avez-vous avec eux ?

Je monte actuellement sept chevaux au quotidien. Une Étoile Landaise est ma jument de tête. J’ai également Quivoila que je monte désormais depuis un an et demi et qui m’a permis de prendre de l’expérience dans mes premières épreuves comptant pour le classement mondial. Il est toujours compétitif. Depuis ce début d’année, je monte Golden Cygano Jap (9 ans), Costa Diam (9 ans), Don’t Stop Semilly (8 ans) et Champion Douze (9 ans) qui participent à des épreuves d’environ 1,40m. Je prends aussi mon temps pour préparer la jeune Élégance de Lanlore, propre sœur de Vancouver de Lanlore âgée de sept ans (l’étalon que Pénélope Leprevost prépare pour les Jeux olympiques de Tokyo, ndlr), que je monte depuis ses six ans.

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Eden et Une Étoile Landaise après leur deuxième place dans le Grand Prix CSI 2* de l'Hubside Jumping de Grimaud, le 2 mai.

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“J’ai beaucoup aimé le couple que ma mère et Flora de Mariposa formaient”

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Eden est ici en selle sur Quivoila et aux côtés de Pénélope Leprevost.

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Où en êtes-vous d’un point de vue scolaire ? Qu’ambitionnez-vous pour la suite ?

Depuis la rentrée 2020 je suis les cours par correspondance avec le CNED. Cela me permet de me consacrer davantage aux chevaux et de partir tous les week-ends en concours. Généralement, je monte mes chevaux le matin et je travaille l’après-midi. Je souhaite passer mon bac général pour ensuite me consacrer entièrement aux chevaux et devenir cavalière professionnelle.

Quelles trajectoires de cavaliers vous inspirent particulièrement ?

Bien évidemment, sans grande surprise, le parcours de ma mère m’inspire beaucoup. En voyant tout le chemin qu’elle a parcouru pour en arriver là où elle en est aujourd’hui, je ne peux qu’être admirative. 

Comment vivez-vous le fait d’être plus observée que la plupart des autres jeunes compte tenu de votre patronyme ?

Pour être honnête, je fais mon chemin sans y penser. Un jour quelqu’un m’a dit “tu as déjà un nom, maintenant tu dois te faire un prénom...”

Michel Robert a dit dans un entretien accordé à GRANDPRIX : “Pénélope et Éden sont deux exemples de rigueur, de travail, de discipline, qui font la force de leur équipe. Elles se mettent en face des réalités. Pénélope est très exigeante avec sa fille. Elle est juste mais ne fait pas de cadeaux. Pour elle, il faut faire les choses correctement ou ne pas les faire. J’ai eu la chance de faire travailler Éden, qui est très à l’écoute”. Que cela vous inspire-t-il ?

Effectivement, ma mère a beaucoup de rigueur, n’accepte pas le “à peu près”. Elle veut que je me donne à cent pour cent et m’inculque le goût de l’effort. 

Quels chevaux de votre mère vous ont-ils le plus marquée ? Avez-vous eu l’occasion de les monter ? 

J’ai beaucoup aimé le couple que ma mère et Flora de Mariposa formaient. Dans notre système, nous cultivons la notion de couple avec nos chevaux, donc nous ne les échangeons pas. Ma mère n’a jamais monté les miens, et pour ma part, j’ai juste eu la chance de monter Mylord Carthago avant sa retraite.


Ci-dessous, le barrage d'Eden Leprevost Blin Lebreton et Une Étoile Landaise dans le Grand Prix CSI 2* de l'Hubside Jumping de Grimaud, le 2 mai.

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Eden est ici en selle sur Quivoila et aux côtés de Pénélope Leprevost.

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