Laura Monier, une Bretonne qui s’épanouit pleinement en Allemagne

Fin avril à Grimaud, Laura Monier a pris part à son premier CSI 5*, quelques mois avoir découvert le niveau 4*. Collaborant avec l’écurie Welvert, établie dans la Sarre, non loin de la Lorraine et de l’Alsace, elle concourt un peu partout en Europe et commence à obtenir des résultats encourageants. À trente-deux ans, la Bretonne, rencontrée à l’occasion du CHI de Wiesbaden, entend bien s’établir parmi l’élite.



Laura Monier avec Kira Loe et Petter Patter à l’Hubside Jumping de Grimaud.

Laura Monier avec Kira Loe et Petter Patter à l’Hubside Jumping de Grimaud.

© Sportfot

Si elle représente la France avec fierté en concours internationaux de saut d’obstacles, Laura Monier vit et travaille en Allemagne. Depuis quatre ans et demi, elle œuvre pour le compte de Gestüt Welvert, une écurie d’élevage installée à Saint-Wendel, à cent kilomètres au nord-est, dans le Land de la Sarre. Depuis quelques années, elle a pour mission de développer l’activité de compétition de cette structure, animée par une équipe résolument binationale. N’étant pas issue d’une famille équitante, cette cavalière aux trente-deux printemps, qui a débuté a douze ans dans un poney-club à Vannes, trace son parcours selon une ligne directrice qui lui tient à cœur depuis toujours: constamment chercher à évoluer et à percer.

Suivant ce désir, Laura Monier, qui avait entamé des études de droit, a quitté sa Bretagne natale à dix-neuf ans pour parfaire sa formation équestre dans une première écurie de commerce, puis chez Walter Lapertot, chez Éric Levallois en Normandie, en Italie et en Allemagne, d’abord chez Paul Schockemöhle, avant de rejoindre Graciela et Thomas Bruch à Saint-Wendel. Une localisation parfaite à ses yeux, qui lui permet “avant tout de découvrir plusieurs techniques différentes. Bien sûr, il n’y a pas une seule technique allemande, il y en a même plusieurs, mais les Allemands sont quand même au sommet, et j’apprécie leur façon de faire en général. Ils dressent beaucoup leurs chevaux, cela me semble très intéressant”, souligne-t-elle.

Au cours de ce périple, en termes de niveau d’épreuves, elle est passée d’1,30m à 1,50m, et du débourrage à la valorisation de chevaux de Grands Prix. Quelques mois avoir débuté en CSI 4*, elle a pris part à son premier CSI 5* fin avril à Grimaud, dans le cadre de l’Hubside Jumping. À ce jour, sa meilleure performance reste une sixième place dans le Grand Prix CSI 3* de Roeser avec Kira Loe (Bav, Clooney x Cruising) en septembre dernier. Naturellement, la Française a également pour mission de former les jeunes chevaux de l’élevage Welvert, avec l’objectif de les qualifier pour les championnats. Ainsi, elle alterne entre concours, nationaux et internationaux, et préparation des chevaux à la maison.

Laura Monier avec Kira Loe à l’Hubside Jumping de Grimaud.

Laura Monier avec Kira Loe à l’Hubside Jumping de Grimaud.

© Sportfot



L’équipe de France en ligne de mire

Laura Monier avec Attaque au Sunshine Tour, à Vejer de la Frontera.

Laura Monier avec Attaque au Sunshine Tour, à Vejer de la Frontera.

© Moises Basallote

Se donnant le temps de bien faire, l’élevage Welvert, qui fait naître sept à huit poulains par an, n’a pas pour ambition de vendre ses produits, mais plutôt de les conserver pour le sport, ce qui représente une opportunité extraordinaire pour Laura, qui s’illustre notamment avec Petter Patter (ZWEIB, Phlox x Quinar), douze ans, récemment classé à 1,50m en CSI 3* à Lanaken, Attaque (ZWEIB, Armitage 2 x Quinar), huit ans, et Amira B 3 (ZWEIB, All Music x Damarco), six ans. “Nous tenons à les garder, malgré les belles offres qui nous ont déjà été faites”, précise Laura. La cavalière valorise également deux chevaux des écuries de Ludger Beerbaum, qui eux sont à vendre: Diacontina (Han, Diacontinus x A Conto AS), sept ans, et Garance La Garette (SF, Montender 2 x Flipper d’Elle), six ans.

Pour son avenir, Laura Monier ne se fixe pas de limite, et espère pouvoir prochainement honorer une première sélection en équipe de France. “Je suis très fière d’avoir pu monter mon premier CSI 5* à Grimaud. C’était une superbe expérience. Nous avons aussi pu participer à bon nombre de CSI 4*. À l’avenir, j’aimerais vraiment pouvoir disputer des Coupes des nations de niveau 3*. J’aimerais aller le plus loin possible et je suis pleine de projets. J’ai la chance d’être très bien suivie par mes propriétaires, la famille Bruch, qui a même investi dans Kira Loe pour épauler Petter Patter. De plus, ils m’accordent une pleine confiance dans la gestion de l’écurie, ce qui est inestimable. Nous construisons et nous avançons ensemble”, se réjouit-elle fièrement. “Si un jour je trouve les mêmes conditions en France, je rentrerai bien sûr, mais j’ai tellement de possibilités ici qu’il n’en est pas question pour l’instant.”

Nourrissant sa soif de progression, la Française observe beaucoup les grands cavaliers. “Depuis mes premières années, Pénélope Leprevost représente un modèle. J’ai toujours bien aimé sa position.  Aujourd’hui, mes sources d’inspiration sont bien sûr plus nombreuses: Laura Kraut, Ludger Beerbaum et Martin Fuchs, entre autres. Je les regarde volontiers dès que j’ai l’occasion pour voir comment ils travaillent, comment ils fonctionnent en général.” De vraies références, à n’en pas douter.

Revivez le barrage qui avait permis à Laura Monier et Petter Patter de terminer deuxième du Grand Prix CSI 1* de Fontainebleau Classic l’été dernier