Pourquoi le CHIO d’Aix-la-Chapelle est-il encore le concours de l’année ?

Durant la période des fêtes, GRANDPRIX revient sur les événements, les faits, les femmes, les hommes et les équidés qui ont marqué 2022. Parmi les plus beaux concours du monde, celui d’Aix-la-Chapelle attire chaque année la plupart des regards et l’édition 2022 n’a pas manqué de saveur.



Du 28 juin au 3 juillet, Aix-la-Chapelle, véritable terre de pèlerinage, a une fois de plus concentré tous les regards de la planète équestre à l’occasion de son immanquable CHIO. Si l’événement a la réputation d’être l’un des plus importants chaque saison, l’édition 2022 a revêtu une importance encore plus particulière. Après une édition 2020 annulée en raison de la pandémie de Covid-19, le cru 2021 du CHIO a bien eu lieu, mais à jauge réduite. L’an passé, toujours en raison de mesures sanitaires, même si le sport a pu se tenir et que le public a été au rendez-vous, le CHIO d’Aix-la-Chapelle n’avait pas pu être le rendez-vous de la démesure que les passionnés connaissent. Rectification faite en 2022, une édition qui a tenu toutes ses promesses. Si la planète sport avait peu à peu repris son rythme depuis plusieurs mois, une ambiance de chaleureuses retrouvailles a néanmoins régné à Aix-la-Chapelle lors de ces quelques journées de très grand sport. 



Cathrine Dufour et Vamos Amigos.

Cathrine Dufour et Vamos Amigos.

© Lucas Tracol

En dressage, il y a eu la nette domination du Danemark, arrivé le couteau entre les dents à cinq semaines des mondiaux, qui se sont tenus à Herning… au Danemark. Avant de décrocher l’or par équipes à domicile, le drapeau pourpre à la croix blanche a frappé un grand coup dans la Mecque des sports équestres en remportant pour la première fois de son histoire la Coupes des nations d’Aix-la-Chapelle, aux mains des Germaniques depuis dix ans. À l’œuvre, Cathrine Dufour semblait paver sa route vers le zénith des mondiaux en remportant cinq épreuves avec ses deux cartouches Bohemian et Vamos Amigos. Finalement, aux championnats du monde, celle-ci a été doublée par les renversants britanniques Charlotte Fry et Glamourdale. 

Puis il y a bien sûr eu les émouvants adieux de Bella Rose 2, monture ayant permis à Isabell Werth de décrocher l’argent olympique et l’or mondial. Dans le stade de dressage, l’alezane dont les adieux avaient dû être repoussés d’un an pour une opération de coliques a déroulé sa dernière reprise, parvenant à faire lever et émouvoir toute l’assemblée. 

Du côté du complet, les retournements de situations ont été au rendez-vous. Si Michael Jung semblait parti pour s’imposer une nouvelle fois dans le temple du cheval, un imprévu est venu contrecarrer ses plans. À l’issue du cross, une heure de délibération a en effet été nécessaire pour déterminer si le multimédaillé allemand et Fischer Chipmunk FRH étaient bien passés entre les fanions de l’obstacle quatorze. Le jury a fini par répondre à cette question par la négative, laissant ainsi filer la victoire à la coéquipière de Michael Jung, Sandra Auffarth, couronnée huit ans après son dernier succès sur le champion du monde de 2014 Opgun Louvo. Cette fois, l’Allemande avait choisi Viamant du Matz, un autre Selle Français. Collectivement, la Mannschaft a donc été rétrogradée au deuxième rang, laissant filer la tête à la Grande-Bretagne, malheureusement endeuillée par la disparition du champion du monde Allstar B

Avec une équipe renouvelée, les Bleus sont quant à eux remontés sur une très belle troisième marche du podium.



L’inoubliable percée de Gerrit Nieberg

Pour ce qui est du jumping, le barrage devrait rester dans les mémoires pour longtemps. Pour cause, en sein même du chaudron qu’est le stade de la Soers rempli de quarante mille âmes, Gerrit Nieberg s’est révélé aux yeux du monde, réussissant l’exploit de devancer l’Écossais Scott Brash, vainqueur de ce même grand rendez-vous en 2015 avec l’inoubliable Hello Sanctos. Grâce à une option folle et une dernière ligne à toute vitesse, le jeune allemand et l’énergique Ben 431 sont ainsi entrés dans l’histoire du concours aixois. 

Alors que les Mondiaux étaient dans toutes les têtes, la Mannschaft avait par ailleurs réussi à frapper fort en s’imposant dans la mythique Coupe des nations, envoyant un signal fort aux rivaux. Cinquièmes, les Bleus avaient quant à eux connu un bilan mitigé avec quelques parcours mémorables et de sacrées désillusions dont la glissade ayant entrainé la chute de Mégane Moissonnier, bien partie pour un second sans-faute avec Cordial. 

Enfin, la si séduisante Fit For Fun 13 a pu dire au revoir à son public à l’occasion d’un ultime tour de piste accompagnée de l’un de ses premiers poulains et sa cavalière, la désormais Brésilienne Luciana Diniz. 

Après vingt-neuf ans de loyauté, pour l’ultime édition du concours sous la houlette de Frank Kemperman, président de la Société des concours hippiques d’Aix-la-Chapelle et directeur de son mythique CHIO, la fête fut indéniablement belle. S’il laisse son poste à Stefanie Peters, le Néerlandais restera toutefois membre du conseil de surveillance. Et l’édition 2022 du CHIO d’Aix-la-Chapelle restera quant à elle dans toutes les têtes !