La FFE fait le point sur la préparation des Bleus à moins de quatre mois des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle
À l’occasion du Printemps des sports équestres, vendredi dernier à Fontainebleau, Frédéric Bouix, président de la Fédération française d’équitation, Sophie Dubourg, directrice technique nationale, et Edouard Coupérie, sélectionneur national de saut d’obstacles, ont effectué un point d’étape sur la préparation des couples de l’équipe de France. Les championnats du monde se dérouleront du 11 au 23 août à Aix-la-Chapelle, pour six disciplines, et à Al-’Ula, le 28 novembre pour l’endurance.
Après des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 réussis, la Fédération française d’équitation (FFE) entend capitaliser sur les enseignements engrangés pour préparer aux mieux les grandes échéances suivantes, dont les prochains championnats du monde des sept disciplines FEI: saut d’obstacles, concours complet, dressage, para-dressage, voltige, attelage et endurance. À la suite de son élection à la présidence de la FFE, fin 2024, Frédéric Bouix a choisi de favoriser la continuité en confirmant Sophie Dubourg dans ses fonctions de directrice technique nationale. “L’héritage des Jeux se mesure aussi sur la volonté d’accompagner au mieux la préparation des collectifs tricolores. En vue de cette échéance, les cavaliers ont bénéficié de soutiens de partenaires privés et publics. Si tout n’a pas été conservé, certaines initiatives perdurent, comme le soutien à sept cavaliers de complet, avec la FFE et EquiAction, son Fonds de dotation, qui cofinancent avec l’Agence nationale du Sport (ANS) des contrats de sportif de haut niveau, portés par quatre comités régionaux d’équitation différents (Normandie, Pays-de-la-Loire, Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val-de-Loire) qui leur permettent de se concentrer sur leur sport, ou encore le soutien du Crédit agricole pour le para-dressage”, a mis en exergue Frédéric Bouix.
Le renforcement de l'accompagnement se matérialise aussi par des staffs élargis de façon pérenne: techniciens, préparation physique et mentale, vétérinaires et maréchaux-ferrants fédéraux pour effectuer un suivi longitudinal, nombreux stages fédéraux, etc. Ces moyens, mis dans des compétences d’experts, participent à la force du collectif. L’accent est mis sur l’échange et le partage entre toutes les disciplines afin de mutualiser les bonnes pratiques. Un autre moyen de sécuriser les enseignements et la performance est le lancement du Plan Coach 2032, afin d’accompagner la montée en puissance de l’encadrement sportif, y compris chez les jeunes. Sophie Dubourg, directrice technique nationale, a réaffirmé la volonté de la FFE “d’acculturer tous les entraîneurs privés à la formation continue”. Elle est revenue sur les premières Journées fédérales des entraîneurs, organisées en régions, qui permettront d’identifier des relais en région. Le sport permettant également de dynamiser toute la filière, la FFE a choisi d’accompagner des collectifs nationaux dans toutes les disciplines et catégories d’âge, dans la continuité des activités proposées par les 9.000 clubs adhérents à la FFE.
Des parcours individualisés de formation
L’objectif fixé aux staffs fédéraux est de décrocher la qualification directe des équipes de France pour les Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles 2028. Pour cela, il faudra faire partie des sept meilleures nations en saut d’obstacles, concours complet et para-dressage, et des six meilleures en dressage, hors Etats-Unis, automatiquement qualifiés en tant que nation hôte. Cet objectif semble accessible en jumping et complet, voire en para-dressage, mais presque impossible en dressage. La France peut également gagner des médailles en voltige et en endurance, et reprendre sa progression en attelage, avec l’intégration de nouveaux athlètes, ce qui permettra de présenter une équipe complète. Afin de mener à bien cet objectif, dans toutes les disciplines, le mot d’ordre de la saison 2025 a été l’ouverture des collectifs afin de permettre à de jeunes athlètes d’engranger de l’expérience.
Frédéric Bouix a salué l’implication des organisateurs de concours français qui soutiennent ainsi la préparation des Bleus, relevant notamment l’organisation de grands événements comme le Printemps des sports équestres ou encore trois CPEDI en France en 2026 à Pompadour, Fontainebleau et Tremblay-en-France. La France reste une nation équestre phare en matière d’organisation de concours internationaux. Le rôle primordial des propriétaires de chevaux a été mis en lumière, avec l’exemple du haras des Coudrettes d’Armand et Emmanuèle Perron-Pette, investis en jumping, complet et voltige. Ils sont partie prenante de la performance et s’engagent pour le rayonnement de la France dans le monde à travers la signature à venir, pour les couples inscrits sur les listes longues pour les Mondiaux, la signature d’une convention tripartite – propriétaire, cavalier et Fédération – mettant l’accent sur l’importance de la transparence sur les sujets vétérinaires, le respect de l’éthique ou d’un suivi en préparation mentale quand le besoin a été identifié.
Ces listes longues sont en cours de réalisation par les entraîneurs nationaux et les cadres de la direction technique nationale. “Les staffs fédéraux sont à l’écoute des besoins des couples et présents pour les accompagner, tant techniquement, humainement que financièrement”, a rappelé Sophie Dubourg qui a rappelé deux dates à retenir pour les Mondiaux: le 6 juillet pour les engagements nominatifs, avec douze à quinze couples selon les disciplines, et le 26 juillet pour les engagements définitifs (cinq couples).
Le Master Pro, rendez-vous incontournable de la saison sportive
En saut d’obstacles, le Master Pro, organisé dans le cadre du Printemps des sports équestres, a permis à Édouard Coupérie et Olivier Guillon, sélectionneurs nationaux en charge des équipes de France, d’effectuer une large revue d’effectifs. “Nous observons tous les couples, dont certains que nous voyons moins régulièrement. Le championnat Pro Élite propose une épreuve de vitesse le premier jour puis un enchaînement qui se rapproche de ce que nous rencontrons en CSIO, avec une rivière. Pour les sélections en équipe de France, nous privilégierons ceux qui ont pris part au Master Pro”, précise Édouard Coupérie, sélectionneur national et chef d’équipe.
Les Coupes des nations et les étapes de la Ligue des nations Longines, épreuves par équipes, demeurent structurantes dans la préparation des grands championnats. À ce titre, la France se produira lors des CSIO 5* de Rome, Saint-Gall, La Baule, Rotterdam, Falsterbo, Hickstead, en principe à Calgary, ainsi qu’à Gassin. La FFE n’a pas encore reçu de réponse de la part des organisateurs des CSIO 5* de Dublin et Bruxelles. Concernant sa stratégie pour les prochains mois, Édouard Coupérie a mentionné disposer de deux groupes – des couples aguerris, issus pour certains de l’ouverture faite aux jeunes cavaliers la saison passée, et des cavaliers expérimentés avec des chevaux qui doivent faire leurs preuves – soit une quinzaine de Tricolores.
“Le CSIO 5* de La Baule, avec sa Coupe des nations à domicile, sera l’un des derniers concours importants pour les couples en lice pour les Mondiaux. Il me permettra de jauger de l’état de forme de chacun et je souhaite avoir, à la suite, une idée de sélection élargie pour affiner le programme individuel de préparation des couples identifiés”, détaille Edouard Coupérie, qui a confirmé l’organisation d’un regroupement pour les cinq couples sélectionnés avant le départ pour Aix-la-Chapelle. À plus court terme, pour me CSI 5* d’Aix-la-Chapelle, fin mai, la FFE espère pouvoir sélectionner un ou deux cavaliers en plus de Julien Épaillard, Simon Delestre, Nina Mallevaey et Kevin Staut, invités en vertu de leur classement mondial.

