“Je ne regrette pas d’avoir consacré mon année à ce magnifique collectif”, Manon Moutinho
Avec quatre médailles, dont deux titres mondiaux, la France a particulièrement brillé lors des championnats du monde de voltige la semaine passée à Aix-la-Chapelle. Quentin Jabet a décroché l’or en individuel, tout comme Théo Gardies et Noëly Thibaudat en pas de deux, tandis que l’équipe tricolore ont obtenu l’argent par équipes, confirmé dans la Coupe des nations, disputée aux côtés de Quentin Jabet et Dorian Terrier. Manon Moutinho, sélectionneuse et entraîneuse nationale, dresse le bilan de ces Mondiaux, saluant notamment la cohésion de son collectif.
“Cette compétition était très attendue et je suis ravie du résultat final. Depuis longtemps déjà, la voltige apporte beaucoup de médailles à la France. Lorsque j’ai pris mes fonctions (début 2023, ndlr), j’ai récupéré une équipe qui gagne. C’est positif, mais il fallait continuer à la faire gagner, ce qui n’est pas facile. De plus, cette année, nous avions choisi de présenter la plus grande délégation de l’histoire de la voltige française aux Mondiaux, soit un pas de deux, quatre individuels et une équipe. Lorsqu’on établit une sélection pour une telle compétition, on doit toujours trouver un juste équilibre entre quantité et qualité, et je suis assez fière de ce que nous avons accompli collectivement. Cela montre aussi qu’il y a de l’investissement dans tous les projets, toutes les catégories, des plus jeunes aux plus âgés. Pour moi, il est hyper important d’être là pour tout le monde autant que possible.
Deux médailles d’or et deux médailles d’argent, c’est génial. Le titre de Quentin (Jabet, ndlr) est incroyable parce qu’il fallait aller le chercher. La domination française en voltige masculine est ancrée de longue date et j’espère que nous parviendrons à la faire perdurer. Le pas de deux, nous n’en avions jamais présenté, donc gagner l’or est encore plus génial. Bravo à eux, c’est magnifique. Ils sont allés chercher cette médaille. Au-delà d’une médaille, ils voulaient être les meilleurs et donner leur maximum. C’était vraiment un souhait de leur part et je les félicite encore une fois.
Dans la Coupe des nations, évidemment, nous aurions aimé l’or. Comme je l’ai dit, toutes les nations rencontrent des difficultés. De notre côté, nous avons connu pas mal de blessures. Tenir un collectif, c’est dur, mais nous y sommes parvenus. Je suis fière du staff et de ce collectif. Dorian (Terrier, ndlr) a voltigé comme jamais auparavant, et Quentin n’avait jamais évolué sur Sir Sensation. L’équipe n’a jamais aussi bien voltigé qu’aujourd’hui. Merci à Lambert (Leclezio, ndlr) d’avoir accepté de faire un petit retour pour cet événement. C’est hyper révélateur de tout ce que nous avons essayé de créer, même si cela a été dur. Ces médailles, ils les méritent amplement. Je les remercie d’avoir pu compter sur eux aujourd’hui.
La communication est très importante. Ils forment un super groupe où l’ambiance est saine, ce qui est hyper important pour moi. Au pôle France FFE de Saumur (soutenu par l’Institut français du cheval et de l’équitation, ndlr), il règne vraiment une super ambiance. Ces voltigeurs partent d’ailleurs tous ensemble en vacances mercredi. C’est aussi l’amitié montre qui rend cette équipe unique. Ils ont chacun des personnalités différentes qui ont servi la création de ce collectif: Dorian est un énorme pilier, Quentin est un compétiteur né, et Lambert apporte sa rigueur. Tom (Menand, ndlr) a découvert tout cela et a cru en lui jusqu’au bout, jusqu’au dernier moment. Jeanne (Braun, ndlr) est toujours aussi impressionnante. Théo et Noëly ont été présents en soutien à certains moments pour cette équipe, comme nos deux réservistes, qui méritent cette médaille autant que les autres, si ce n’est plus, parce que cela a été dur pour eux de regarder de loin. Baptiste (Terrier, ndlr) a été médaillé aux championnats d’Europe Jeunes au Mans.
Nous ne faisons pas tout cela uniquement pour les médailles, mais quand elles arrivent à la fin, nous sommes ravis. Cela valide tout notre investissement. Je ne regrette pas d’avoir consacré mon année à ce magnifique collectif. Je sais que la Fédération, qui nous soutient financièrement, est super fière aussi. Les médailles, il faut aller les chercher et nous avons su le faire. Merci à François Athimon (conseiller technique national, ndlr), merci à Romain (Bernard, chorégraphe, ndlr). Cela n’a pas été facile pour eux non plus cette année. Ayant été athlète, je sais ce dont les athlètes ont besoin. J’ai essayé de porter leur voix au maximum et de me demander comment les aider au mieux à tel ou tel moment. C’est ce qui fait que nous avons réussi à tenir le collectif jusqu’au bout. Merci évidemment à nos longeurs, nos chevaux et leur entourage, qui ont été merveilleux.”

