Les Bleus triomphent à Gassin et concluent la saison de la Ligue des nations au sommet
Après un match digne du classique duel France-Brésil, les Bleus ont fini par s’imposer dans l’étape de la Ligue des nations de Gassin. À domicile, le quatuor d’Édouard Coupérie a notamment été porté par le double zéro d’Antoine Ermann sur Floyd des Prés, tandis que Nina Mallevaey, Simon Delestre et Julien Épaillard ont chacun réussi un sans-faute, respectivement sur Destine to Be, Gatsby du Tillard et Donatello d’Auge. Battu en fin de course malgré un premier acte impeccable, le Brésil s’est placé deuxième devant la Belgique.
LES TOPS
Gatsby du Tillard a brillamment supporté la pression de l’enjeu pour sa première Coupe des nations.
© Massimo Argenziano/FEI
À Gassin, l’équipe de France a conclu la saison de la Ligue des nations Longines comme elle l’avait débutée à Abou Dabi : en haut de l’affiche ! Cet après-midi, dans les superbes installations du Polo Club de Saint-Tropez, l’équipe d’Édouard Coupérie a été la meilleure en devançant neuf autres quatuors de taille. De quoi lui permettre de conclure les quatre étapes en tête du classement général, à deux semaines de la grande finale de Barcelone, qui avait couronné la Grande-Bretagne l’an passé. “Le fait de terminer en tête du circuit me rend très fier”, s’est réjoui le patron des Bleus. “Cela a été possible grâce à mes cavaliers. Nous avions gagné à Abou Dabi, été sixièmes à Ocala, puis signé une moins bonne performance à Rotterdam (avec une dixième place, ndlr). J’apprécie particulièrement ce circuit, qui donne la chance à quatre cavaliers, puis trois en seconde manche. À pied, la pression est terrible, mais j’adore cela ! Aujourd’hui à Gassin, j’avais misé sur une équipe forte, car nous concourions à domicile et tenions à signer une bonne performance”, a-t-il poursuivi.
Huitième aux Mondiaux il y a un mois, la France s’est montrée davantage à son aise dans le Var, comptant sur un sublime double sans-faute d’Antoine Ermann et Floyd des Prés. Après un rendez-vous aixois en demi-teinte, le Bourguignon a montré que lui et son alezan étaient de nouveau parfaitement dans le coup. Comme eux, seuls quatre autres couples ont réussi une prestation impeccable sur le tracé du maestro Grégory Bodo, salué de toutes parts.

Nina Mallevaey et Destine to Be ont signé un sans-faute en seconde manche.
© Massimo Argenziano/FEI
Pour sa deuxième épreuve par équipes, Destine to Be a confirmé que Nina Mallevaey avait raison de placer de grands espoirs en lui. Le bai brun ne s’est fait piéger que sur la triple barre en première manche, réussissant un excellent sans-faute dans la seconde. Avant même le début d’épreuve, Édouard Coupérie et Julien Épaillard avaient prévu que Donatello d’Auge ne participerait qu’à la première manche. Pour cause, le bai brun né chez son cavalier et lauréat de la finale de la Coupe du monde Longines en 2025 n’avait pas affronté de parcours à 1,60m depuis le Grand Prix CSI 5* de Bois-le-Duc, le 15 mars. Après un été plus léger et marqué par des victoires dans les Grands Prix 4* du Longines Deauville Classic et 3* de Lier, le bai brun s’est montré très à l’aise, signant un parcours sans pénalité.
Alors que le Brésil était sur de bons rails, réussissant trois sans-faute en première manche, les Auriverdes se sont chamaillés avec les Bleus jusqu’au bout. Après une faute dans le double dans l’acte initial, Simon Delestre a ensuite mis la pression aux vestes vertes grâce à un sans-faute de Gatsby du Tillard, qui courait sa première Coupe des nations. N’ayant pas droit à la moindre erreur, Marlon Módolo Zanotelli et sa formidable gagnante du Grand Prix, Charly Heart, ont été piégés sur la dernière ligne, laissant filer le sacre aux locaux.
Ayant connu des Mondiaux difficiles, les Brésiliens peuvent se réjouir de leur belle deuxième place, permise par le double zéro de João Victor Castro Aguiar Gomes de Lima et son surpuissant Cashpaid J&F. Écarté de la seconde manche par le chef d’équipe Pedro Paulo Lacerda, Pedro Junqueira Muylaert y a lui aussi contribué grâce à son sans-faute sur Gemme Villers.
Grâce à un deuxième round impeccable, les Diables Rouges ont grimpé dans le classement pour compléter le podium, départagés avec le Brésil par la somme des chronomètres de la seconde manche. Sur Quito de Mariposa, un sensible fils de Comme Il Faut de dix ans, Jérôme Guéry a réussi une copie parfaite. Formé par Seppe Wouters jusqu’en mars, l’alezan au style parfois atypique confirme tous les espoirs que le vice-champion du monde de 2022 fonde en lui. Médaillé d’argent par équipes aux Mondiaux il y a un mois, Abdel Saïd a encore montré qu’il était un pilier de la composition belge. Avec la surpuissante Wathnan*Bonne Amie, qui n’a pas été avare en jetés de postérieurs, l’ancien représentant égyptien a survolé les deux tours.
Antoine Ermann et Floyd des Prés ont signé l’un des cinq double zéro de la journée.
© Massimo Argenziano/FEI
LES FLOPS
L’enjeu était de taille cet après-midi dans l’ultime étape de la saison de la Ligue des nations Longines. Les dix équipes au départ devaient en effet valider leur ticket pour la finale barcelonnaise, qui se tiendra dans deux semaines. À ce jeu-là, la Suisse et les Pays-Bas ont échoué, ne parvenant pas à se qualifier pour la seconde manche, dans le Var. Cette année encore, la composition de Peter van der Waaij a semble-t-il souffert du boycott du champion du monde, Steve Guerdat. Aujourd’hui, aucun membre du quatuor n’a réussi de sans-faute, Alain Jufer, Janika Sprunger et Martin Fuchs laissant deux barres à terre chacun, respectivement sur Chaccoo de l’Escant MM, Orelie et Lorde. Barbara Schnieper a sauvé l’honneur avec un parcours à quatre points de sa fidèle Canice.
Pour les Pays-Bas, les scores lourds se sont enchaînés, seul Maikel van der Vleuten parvenant à s’extirper du parcours sans pénalité avec Jesther, le fils de Cardento né chez son coéquipier Bas Moerings. Ce dernier a d’ailleurs concédé deux fautes dans le triple avec l’agile Ipsthar, l’un des rares chevaux engagé à avoir couru les Mondiaux, il y a un mois. Ne parvenant pas à faire mieux qu’une cinquième place cette saison, les Néerlandais terminent bons derniers. Alors que les vestes orange surplombaient le jumping mondial en 2014 et 2015, la phase transitoire que traverse l’équipe de Wout-Jan van der Schans se prolonge dans la douleur…
Finalement quatrième, l’Italie n’a pu compter sur ses piliers Piergiorgio Bucci et Pallieter vd N.Ranch. Après une chute sans gravité jeudi, le duo vainqueur des Grands Prix 5* de Mexico et Rome n’est pas allé au bout du premier parcours. Fautant sur le vertical n°2, le gris par Cornet Obolensky (ex Windows van het Costersveld) a ensuite dérobé la rivière, poussant son cavalier à abandonner.
Championne du monde il y a quatre semaines avec une composition différente pour les trois quarts, l’Allemagne a aussi connu une journée difficile. À Gassin, la Mannschaft n’est pas parvenue à aligner le moindre sans-faute. Cinq des sept parcours se sont soldés par une barre à terre, tandis que Marcus Ehning et Coolio 42, seuls médaillés d’or à Aix de cette équipe, ont abandonné en première manche. Ne pouvant améliorer le score de son équipe, le Centaure a préféré lever la main et en rester là. Une contre-performance qui n’aura pas d’incidence pour la finale, l’Allemagne bouclant tout de même la saison de la Ligue des nations au deuxième rang.
Sur la piste du Polo Club de Barcelone, la nation championne du monde affrontera donc la France, la Grande-Bretagne, le Brésil, l’Irlande, la Belgique, les États-Unis ainsi que l’Italie.

