À Calgary, Ben Maher a tenu bon face à un Enjeu majeur
Le 12 septembre à Calgary, le Britannique Ben Maher a ravi l’un des Grands Prix qu’il manquait à son palmarès ô combien fourni, grâce à Enjeu de Grisien.
“Je viens ici depuis ma jeunesse et j’ai toujours pensé qu’y gagner représentait un vrai jalon dans la carrière d’un cavalier.” À quarante-trois ans, Ben Maher pouvait pourtant déjà se targuer d’avoir atteint les sommets de son sport. Triple champion olympique (dont un titre individuel en 2021 à Tokyo avec Explosion W) et sept fois médaillé aux championnats d’Europe avec la Grande-Bretagne, le natif d’Enfield s’est construit, au fil de plus de deux décennies au top niveau, l’un des palmarès les plus fournis de sa génération. Une ligne manquait toutefois encore à son brillant palmarès : celle d’un Majeur du Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles.
Le 13 septembre, sur l’immense piste en herbe de Spruce Meadows, à Calgary, Ben Maher a fini par combler ce vide pour sa vingt-neuvième participation à un Majeur. Associé au Selle Français Enjeu de Grisien, le Britannique s’est imposé dans le Grand Prix Rolex du CSIO 5*, décrochant ainsi le premier de sa carrière. Une consécration longtemps attendue sur une piste qui lui avait jusqu’alors résisté. En 2024, le quadragénaire avait entrevu la victoire avec Dallas Vegas Batilly, avant qu’une faute en deuxième manche ne mette fin à ses espoirs et ne le relègue au huitième rang. “Cela faisait deux ans que je passais tout près du but mais que les choses ne se passaient pas comme prévu au dernier moment”, a-t-il reconnu à l’issue de son succès.
Ce cap franchi par le pilier britannique a une saveur d’autant plus particulière que sa monture, Enjeu de Grisien, ne lui a pas toujours facilité la tâche. Lorsque le hongre a rejoint ses écuries en 2022, l’entente n’a pas été immédiate. Malgré le talent qu’il lui reconnaît, Ben Maher a d’abord éprouvé des difficultés à s’accorder avec ce délicat produit français, au point d’envisager de le confier à un autre cavalier. Le Britannique a ainsi revu sa manière de le monter, prenant le parti de faire l’inverse de ce qu’il lui proposait jusqu’alors, avait-t-il confié à GRANDPRIX en 2024. Un changement drastique, qui a permis au couple d’avoir le fameux déclic jusqu’à atteindre, quatre ans plus tard, l’un des sommets de leur histoire commune.
Une chute qui aurait pu coûter cher
Mais Enjeu de Grisien n’est pas la seule cartouche sur laquelle le natif d’Enfield peut compter au plus haut niveau. Ginger-Blue, Point Break, Catelly ou encore le prometteur Maddox van het Haringvliet composent un piquet particulièrement fourni qui lui permet d’enchaîner les performances. Deuxième de la finale de la Coupe du monde Longines de Bâle en 2025 avec Point Break, malgré une fracture au pied, il a également contribué quelques mois plus tard à la victoire de la Grande-Bretagne lors de la finale de la Ligue des nations Longines de Barcelone avec Enjeu de Grisien. Cette année, Point Break lui a offert le Grand Prix du CSIO 5* de Rotterdam en juin, avant de l’accompagner aux championnats du monde d’Aix-la-Chapelle et d’y signer quatre sans-faute consécutifs, participant grandement à la médaille de bronze de son collectif.
La route vers le succès albertain aurait pourtant pu s’arrêter brutalement vingt-quatre heures avant le top départ du Grand Prix de ce Majeur. Engagé dans la Coupe des nations avec Catelly, un petit-fils de Catoki qu’il monte depuis le mois de mai, le Britannique a lourdement chuté sur la barre de spa – premier obstacle de la seconde manche – après un premier tour irréprochable. Blessé à l’épaule droite, le cavalier a malgré tout pris part au Grand Prix dominical, sans montrer le moindre signe d’inconfort une fois en selle.
Cette première victoire dans un Majeur ouvre désormais au cavalier de quarante-trois ans les portes d’une nouvelle quête : celle du Grand Chelem Rolex consistant à remporter trois Majeurs consécutifs. À Calgary, le Britannique a d’ailleurs mis fin à l’épopée de l’Allemand Richard Vogel, vainqueur à Bois-le-Duc puis Aix-la-Chapelle, mais cinquième à Spruce Meadows. Lors du CHIO de Genève en décembre, Ben Maher aura ainsi l’occasion de donner suite à son succès canadien et de faire un pas de plus vers un exploit que seul son compatriote d’outre-Manche, Scott Brash, est parvenu à accomplir en 2015.

