Le virus West Nile gagne du terrain, les mesures pour s’en prémunir

Découvert en Afrique de l’Est dans les années 1940 et transmis par certains moustiques, le virus du Nil occidental, également appelé West Nile virus (WNV), circule exclusivement sur le pourtour méditerranéen entre 2000 et 2021. Encore très marginal jusqu’en 2022, avec neuf cas équins déclarés, il est aujourd’hui bien plus ancré en France, tant en nombre d’infectés qu’en départements touchés. Dans la très grande majorité des cas, l’infection est asymptomatique. Elle peut néanmoins prendre une forme neuroinvasive avec, cette fois, des symptômes graves voire mortels et d’éventuelles séquelles sur le long terme. Comment anticiper cette nouvelle menace silencieuse ?



Aurélie Vaultier

Aurélie Vaultier

© ZOETIS

Des symptômes variés, de bénins à très graves

Transmis par la piqûre d’un moustique infecté du type Culex (moustique commun), le WNV affecte certains oiseaux (hôtes principaux) et mammifères, dont l’Homme et le cheval (hôtes accidentels).  “La majorité (80%) des chevaux infectés ne présenteront aucun symptôme. Les chevaux symptomatiques présenteront de la fièvre et de la fatigue (état pseudo grippal) qui, pour la moitié d’entre eux environ, évoluera en forme neuroinvasive (atteinte du système nerveux central par le virus)”, développe Aurélie Vaultier, responsable vétérinaire spécialisée gamme équine au sein du Laboratoire Zoetis. “ 30 à 57% des chevaux atteints par la forme neuroinvasive décèdent”. Aucun traitement spécifique n’existe à ce jour. “Les chevaux infectés ne représentent aucun danger pour les autres chevaux ou l’Homme. Néanmoins, s’agissant d’une zoonose, ils doivent être obligatoirement déclarés auprès des autorités sanitaires. Ce système permet un suivi précis de la maladie, une meilleure connaissance de celle-ci et une protection globale de la santé publique et animale”.



Moustique du genre Culex

Moustique du genre Culex

© ZOETIS

Une propagation exponentielle 

Jusqu’en 2022, le WNV touchait seulement quelques départements du Sud de la France, dont le territoire de la Camargue, hautement propice à l’équation moustique-oiseau-cheval. “Grâce à la déclaration des cas, nous constatons que le WNV gagne du terrain chaque année. En 2023, une cinquantaine de cas équins ont été recensés principalement sur la façade atlantique, puis 89 cas en 2024 avec des nouveaux départements touchés comme la Vendée, la Vienne, etc. 2025 offre un léger recul des cas (60) mais un élargissement des départements touchés (16 nouveaux, ndlr). Cette année, les chiffres explosent, avec 361 cas recensés au 29 septembre 2026. Il s’agit ici du nombre de chevaux symptomatiques, le nombre total de chevaux infectés devrait donc être bien plus élevé”, note Dr Aurélie Vaultier.



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© ZOETIS

Que faire en prévention ?

Les moustiques sont généralement actifs entre mai et novembre. “Se protéger des moustiques et en limiter la propagation font partie des mesures à prendre : éviter les eaux stagnantes, rentrer les chevaux à l’approche de l’aube et du crépuscule, installer des moustiquaires dans les écuries, ou encore utiliser des insecticides ou des répulsifs. Relever régulièrement la température de son cheval est aussi une bonne habitude, pour faire un dépistage précoce”, achève la vétérinaire.
Une prévention médicale par la vaccination en amont de la période d’activité des moustiques reste la mesure la plus efficace. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Pour en savoir plus : 

RESPE (réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine) et sa fiche dédiée au WNV.
Zoetis, entreprise pharmaceutique vétérinaire leader de son secteur.