Chez les six ans, Ann-Catrin Bierlein et ACSI Daisy Dynamite sacrés dans les six ans au Lion-d’Angers

Le suspense était entier ce matin sur le domaine de l’Isle-Briand, au Lion-d’Angers, à l’orée d’un test hippique qui s’est avéré déterminant pour le classement final du championnat du monde des chevaux de six ans. Et c’est peu dire qu’il a fait son travail de sélection, avec un temps serré qui a poussé les cavaliers à prendre des risques pour le réaliser. In fine, la victoire a échu à l’Allemande Ann-Catrin Bierlein et ACSI Daisy Dynamite, devant le Suisse Robin Godel et Kosmic d’Elbe, et l’Australien Kevin McNab associé à Monbeg Kobe. Premier Français, Nicolas Touzaint s’est octroyé la septième place avec Kovu de Belle Croix.



Avant le début de l’hippique, tous les chevaux ayant passé avec succès la visite vétérinaire, les scores étaient extrêmement serrés: les trois premiers du classement se tenaient en un point, et les douze premiers, en une barre. Très vite, le temps s’est révélé comme un élément déterminant, dont nombre de couples ont fait les frais tout au long de l’épreuve. Le top 10 provisoire n’a pas échappé à la règle: hormis la Germanique Ann-Catrin Bierlein, deuxième avant l’hippique avec ACSI Daisy Dynamite (Westph, Diacontinus x Casall), aucun des dix meilleurs classés à l’issue du cross n’est sorti de piste avec un score vierge de toute pénalité! Certains ont même connu de véritables désillusions, comme la Belge Lara de Liedekerke-Meier et Herakles (Hann, Herald 3 x Check In), troisièmes au provisoire, qui réalisaient un parcours parfait jusqu’à ce que le bai ne fasse tomber le dernier obstacle. Le couple a été relégué à la neuvième place finale.



Ann-Catrin Bierlein tient le choc

À l’entrée en piste de Patrick Verbakel et Passoa (KWPN, Liamant W x Freeman VDL), en tête depuis le dressage, Ann-Catrin Bierlein était assurée de la médaille d’argent. Restait à voir ce dont serait capable le duo néerlandais. Déjà très tendu à la visite vétérinaire, Passoa l’a semblé tout autant à son entrée en piste. Et les prétentions de victoire de son pilote se sont évanouies dès le mur placé en numéro 2, une seconde faute suivant plus loin dans le parcours. La cavalière allemande a alors pu laisser éclater sa joie. “Monter sur la première marche du podium est surréaliste. Mon rêve de gagner ici n’a pas mis longtemps à se réaliser car, à vingt-cinq ans, ce n’est que ma troisième participation au Mondial”, témoigne Ann-Catrin. Cette performance est d’autant plus notable que les naisseurs d’ACSI Daisy Dynamite sont ses grands-parents, et qu’elle a assisté à la mise bas. “Ce jour-là, j’avais un bras dans le plâtre, donc je me suis sentie bien inutile quand il a fallu aider à la sortir”, raconte-t-elle. D’autant plus notable aussi que l’Allemande n’est que cavalière semi-professionnelle de complet, travaillant à mi-temps dans une écurie de saut d'obstacles pour gagner sa vie. “Nous avons longtemps réfléchi au nom de ma jument, qu’elle porte bien... Heureusement, une fois partie sur son tour, elle est très fiable. J’ai eu un peu de chance aujourd'hui, mais il en faut pour gagner”, conclut-elle.

Pénalisés de 0,4 point de temps, Robin Godel et Kosmic d’Elbe (SF, Contendro x Caletto III) ont réalisé une belle opération, remontant de la cinquième à la deuxième place. “Kosmic est dans mes écuries depuis l’été 2025. Ses propriétaires l’ont acheté à Arthur Duffort (cavalier français lui aussi présent au Mondial, dans les sept ans, ndlr) dans le but de faire carrière”, explique le Suisse dont c’était seulement la deuxième participation au Mondial. “Cette année, nous avons fait quelques CCI 1*. Puis nous avons cherché à nous qualifier rapidement en 2* afin de pouvoir préparer le Mondial sans la pression de la qualification. Bien qu’il n’ait que six ans, Kosmic paraît en avoir dix tant il est posé. C’est évidemment un avantage pour le dressage. Mais il a aussi un vrai galop, beaucoup de volonté et le sang nécessaire pour performer en cross et à l’hippique. Pour moi, c’est le cheval de complet parfait. Je voulais faire un bon résultat ici, surtout avec ce cheval qui fait bien les trois tests. Restait l’inconnu de sa réaction dans l’environnement du Mondial. Il s’en est très bien tiré. Je pense qu’il a tout pour faire un cheval de haut niveau, y compris sur des épreuves longues, et pour constituer la relève de mes chevaux de tête actuels.” 

Avec 0,4 point de pénalité également en saut d’obstacles, l’Australien Kevin McNab et Monbeg Kobe (ISH, HHS Cornet x Clintord) ont eux aussi bénéficié des déboires de certains de leurs concurrents pour se parer du bronze mondial. En conférence de presse, le cavalier a salué le travail réalisé par son ami Gordon Murphy. “C’est lui qui entraîne Monbeg Kobe au quotidien. Pour ma part, je ne le monte que de temps en temps en concours. Je suis heureux de notre classement d’aujourd'hui. Non que je n’estime pas ce cheval! Mais je ne savais pas non plus comment il allait se comporter ici. Il a été parfait. Je n’ai jamais eu un cheval aussi sage à la remise des prix! Mais tout ça, je ne le savais pas avant. Il sera certainement commercialisé à un moment ou un autre, mais j’espère pouvoir revenir avec lui l’an prochain.” 

Comme hier soir, la Néo-Zélandaise Caroline Powell et WLS Ravenscourt (ISH, Cristo 5 x Soriento) est au pied du podium, à deux points de la tête.



Nicolas Touzaint remonte à la septième place

Meilleur Français après le cross avec une quinzième place provisoire, Nicolas Touzaint a réalisé avec Kovu de Belle Croix (SF, Mylord Carthago x Flipper d’Elle) un parcours tout en facilité bouclé sans faute et dans le temps. Cette performance a permis au couple de remonter à la septième place finale. On aurait pourtant pu craindre qu’il soit pénalisé par un parcours technique et un peu resserré pour une monture à l’amplitude aussi grande que celle du gris. “Kovu saute bien et il est respectueux. Quand ils sont bons, ils s’adaptent au parcours!”, répond l’Angevin. “J’ai eu de la chance sur le numéro un. Je l’ai senti un peu ému en rentrant et il ne s’est pas libéré sur le premier saut. Il l’a touché un peu fort mais cela l’a réveillé pour la suite, et au fur et à mesure du parcours il s’est relâché et a pris confiance. Je le sentais vraiment très bien sur la hauteur. On voit bien qu’il se promène là-dessus. Et je me suis même fait plaisir!” Quant à revenir dans un an: “Il en a évidemment le profil. Maintenant, de l’eau va couler sous les ponts. Il ne m’appartient pas, et il va falloir que j’en discute avec les propriétaires. Eux comme moi sommes déjà très contents de l’avoir amené là, car en début d’année, nous ne savions pas trop ce que cela donnerait. C’est une vraie satisfaction et une belle découverte.” 

À l’inverse, une faute sur l’avant-dernier obstacle et 1,2 point de temps dépassé ont fait perdre une place à Joséphine Heteau et Kill Bill de Galarza (SF, Untouchable*GFE x Kalaska de Semilly), leur offrant la vingt-sixième place finale. La cavalière s’estimait cependant très contente en descendant de sa monture. “Ma jument n’est pas simple à monter, et je la découvre après un cross aussi long que celui d’hier. Mais elle a fait le job et est en forme. Là, elle s’est décalée à la sortie du double, ce qui a occasionné une faute postérieure. Mais c’était pas mal quand même. De manière générale, elle est très verte en concours complet. Et entre sa performance du week-end et sa deuxième place au championnat de France des six ans, on peut dire qu’elle a fait une excellente saison. Si elle est toujours chez moi l’an prochain, car elle est à vendre, le but sera de revenir ici. Je vais m’atteler à l’améliorer en dressage cet hiver.” 

Enfin, pénalisés eux aussi d’une barre en début de parcours, Julie Simonet et Khalonek de Kergane (SF, Canturo x Nabab de Rêve) terminent leur championnat à la trente-cinquième place.



Les chevaux irlandais trustent le top 10

Côté élevage, on relève la présence de quatre chevaux ISH parmi les dix premiers classés avec Monbeg Kobe, WLS Ravenscourt mais aussi Barrington Candy Kid (H-Ekwador x Montebello La Silla), cinquième sous la selle du Britannique Jack Pinkney, et Greannanstown Sarahs Lady (par Dodarde E Z), associée à sa compatriote Holly Woodhead. Une belle démonstration pour l’élevage irlandais, réputé pour la qualité de ses chevaux de sport, qui s’impose une fois de plus comme l’un des grands gagnants de ce championnat. 

Les résultats des six ans

L’ensemble du Mondial du Lion est diffusé en direct sur GRANDPRIX.tv