“Le marché de l'immobilier équestre résiste, c'est encourageant !”, Guillaume Carlier

Inquiétudes générées par la crise sanitaire, nouvelles attentes, impact de la baisse du volume des ventes, évolution des prix, Guillaume Carlier, Directeur de Horse Immo, fait le point et livre des conseils pratiques à ceux qui ont un projet immobilier.



Quel est l’état du marché de l’immobilier équestre actuellement ?

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Guillaume Carlier, directeur d'Horse Immo

Alors que tous les indicateurs laissaient supposer que le marché immobilier allait progresser encore et battre les records de 2019, le Covid-19 est venu bouleverser le paysage. Le marché a connu un coup d’arrêt inédit. Désormais il se reconfigure mais résiste. Confinés chez eux, les Français en ont profité pour revoir leurs projets d’achat, faire leurs calculs et consulter les annonces en lignes. Nous avons enregistré sur notre site internet une augmentation d’audience de 146% ! Beaucoup de gens se sont mis à rêver d’une autre vie.

Comment la crise du Covid-19 influence-t-elle les envies des acheteurs ?
Pour notre clientèle de professionnels : cavaliers, directeurs de centres équestres, de poneys-clubs ou de haras, entraîneurs de chevaux de courses, marchands de chevaux, l’impact du Covid-19 a été violent. La filière équine a été sévèrement touchée entre l’arrêt des cours, l’annulation en série des concours et l’élevage en pointillé.
Mais il existe des signaux positifs : alors que presque toutes les fédérations sportives ont annoncé une baisse de leur nombre de licenciés entre octobre 2019 et octobre 2020, la FFE affiche un chiffre en hausse de près de 27 000 sur cette période. 

C’est un élan vers une discipline se pratiquant en pleine nature au contact d’un animal aussi exceptionnel que le cheval, qui favorise le respect des autres, de la vie animale, donne le goût de l’effort, de l’engagement et de la persévérance. Il n’est pas près de s’éteindre. Il faut être optimiste, les nuages laissent toujours place à de belles éclaircies !
Nous constatons que la clientèle semble évoluer à un bon train vers une prise en compte sincère du bien-être animal et s’intéresse de plus en plus à des infrastructures éco-responsables, mieux intégrées à leur environnement paysager.
La présence de paddocks constitue désormais un critère essentiel, les prés sont plus prisés que jamais.



Le profil des acheteurs a-t-il été modifié avec la crise ?

Une nouvelle tendance « à se mettre au vert » apparaît chez une clientèle citadine qui a la possibilité de télétravailler. Ce sont donc de nouveaux acquéreurs qui arrivent sur le marché. Non spécialisés dans le monde équestre, ils s’intéressent à des biens avec 2/3 hectares relativement proches des grandes villes, avec une connexion internet haut débit.
Nous continuons également à être sollicités par des groupes hôteliers qui souhaitent développer des offres « nature » et par des personnes souhaitant faire de l’élevage canin.
En dépit des nombreuses incertitudes, nous sommes convaincus que pendant ces périodes d’ajustements, des opportunités sont à saisir. La pierre reste plus que jamais une valeur refuge, au sens propre du terme.

Quel est l’impact du Covid-19 sur les prêts immobiliers ?

Les banques jouent un rôle majeur dans l’acquisition d’un bien immobilier, impactant grandement la réflexion d’achat et sa concrétisation.
Les banques conservent des taux de crédit immobilier relativement bas mais se montrent toujours très sélectives vis-à-vis des projets qui leur sont présentés. Le tri est draconien. Depuis 2019, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) recommande aux banques de limiter la durée des prêts à 25 ans et fixe à 33% le taux d’endettement maximal de l’emprunteur, ce qui exclut du crédit les dossiers les plus fragiles.
De plus, trouver un financement peu prendre un peu plus de temps car les banques examinent en détail le profil des candidats à l’emprunt et sont de plus en plus attentives au niveau d’apport personnel. Elles demandent presque systématiquement 30% d’apport pour financer les frais liés à l’achat ainsi qu’une épargne résiduelle après opération en cas d’imprévus ou de coup dur.

En revanche, les banques sont prêtes à proposer de belles décotes aux « bons profils », à qui elles pourront à terme proposer des produits d’épargne.



Le post-second confinement va-t-il entraîner une baisse des prix ?

Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Les vendeurs gardent en référence les prix d’avant Covid-19, alors que les acquéreurs deviennent plus frileux, espérant une baisse. Ceci génère une forme d’attentisme. Une baisse de la demande, conjuguée à une hausse de l’offre, pourrait tirer (modérément) les prix vers le bas dans les mois à venir. Il faudra attendre que les notaires publient leurs données pour savoir si une éventuelle baisse des prix de l’immobilier se concrétise ou non. Ce n’est pas le cas à ce jour.

Concernant le nombre de ventes, le très léger rebond de l’été ne rattrapera pas les mois perdus pendant le premier et le deuxième confinement. Une stagnation des ventes est à anticiper début 2021. 

En quoi faut-il être particulièrement attentif en cette période si particulière ?

Comme en temps normal, il convient de mettre le logement sur le marché au prix conseillé plutôt que l’afficher trop cher en se disant que les clients vont négocier. Il ne faudrait pas décourager de potentiels acheteurs qui, s’étant fixé un budget maximal, penseraient que le bien n’est pas pour eux.
Pandémie ou pas, l’achat ou la vente d’un bien immobilier est toujours un moment important qu’il convient de mûrement réfléchir. Faire appel à chaque étape aux conseils d’experts comme nos agents est indispensable car désormais, sans expertise terrain et fichier acquéreur solide, clôturer une transaction peut se révéler difficile.

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