À Šamorín, Spencer Smith décroche sa plus belle victoire grâce à Théodore Manciais, fleuron de l’élevage français

Au terme d’un barrage décoiffant, Spencer Smith s’est offert sa plus belle victoire, à l’occasion de l’avant-dernière étape du Longines Global Champions Tour de Šamorín. Dans le Grand Prix à 1,60m, l'Américain a imposé avec brio son agile Theodore Manciais  quatorze ans, fleuron de l’élevage français et surtout de celui de Denis Hubert, implanté à Saint-Lô, dans la Manche. Pour deux centièmes, le couple a devancé Christian Ahlmann et Jur Vrieling. Meilleur Français, Olivier Robert termine aux portes du classement.



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Pour une faute, Olivier Robert n'a pu accéder au barrage et a dû se résoudre à laisser les rênes du circuit à Peder D

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L’avant-dernier Grand Prix CSI 5* à 1,60m du Longines Global Champions Tour a tenu toutes ses promesses, samedi 16 octobre. À Šamorín, en Slovaquie, dans une arène inédite où le circuit de Jan Tops n’avait encore jamais posé ses valises, la victoire est tombée dans l’escarcelle de Spencer Smith. En selle sur le Selle Français Théodore Manciais, qui a vu le jour dans les prairies manchoises de Denis Hubert, l’Américain a tout tenté. Lancé à pleine vitesse sur la piste indoor à l’apparence luxueuse, le jeune cavalier a pu compter sur l’agilité de son alezan, qui a effacé toutes les difficultés imposées par le tracé de l’Italien Uliano Vezzani. “Il n'y a pas de mots. C'est ce pour quoi j'ai travaillé toute ma vie” s’est ému le sympathique Spencer Smith. “Je suis tellement reconnaissant, j'ai le meilleur cheval et les meilleurs supporters. Georgina Bloomberg (cavalière internationale et également mécène de l’équipe des New York Empire, ndlr) m'a donné cette opportunité et m'a mis sur cette scène - j'ai tellement de chance. Mon cheval mérite cette victoire plus que moi.”

Le talent du duo ne faisait aucun doute. Déjà victorieux d’un Grand Prix 2, 3, et 4*, ainsi que de deux épreuves labellisée 5*, le couple franco-américain a complété sa collection en ajoutant une victoire au plus haut niveau. Pour ne rien gâcher, Spencer Smith et Théodore Manciais ont dû s’arracher pour remporter ce titre, puisque la concurrence présente en Slovaquie était des plus redoutables.

Premier à s’élancer au barrage, l’Écossais Scott Brash, brillant cette année, a donné le ton. Aux rênes d’un autre produit de l’élevage français, Hello Vincent, né Coquin de Coquerie chez Annick et Raphaël Dulin, à Subligny, dans la Manche, le pilote de trente-cinq ans a coupé la ligne d’arrivée en 40”56. En serrant ses courbes et en ouvrant le doigts, le duo était battable, mais n’a pas laissé beaucoup de marge à ses poursuivants, qui se retrouvaient sous pression. Les attendus Henrik von Eckermann, en selle sur l’excellent King Edward, médaillé d’or massif avec la Suède aux Jeux olympiques de Tokyo cet été, l’ancien numéro un mondial Daniel Deusser, aux rênes du Selle Français Bingo Ste Hermelle, déjà récompensé à Valkenswaard un peu plus tôt cette année, ou encore Peder Fredricson, double médaillé à Tokyo avec le généreux H&M All In de Vinck ont laissé tomber une barre.



Olivier Robert manque le barrage d’un cheveu

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Christian Ahlmann n'est pas passé loin de la victoire avec le puissant Dominator 2000 Z.

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Sans prendre tous les risques, le Néerlandais Bart Bles s’est assuré une place d’honneur et termine sixième aux rênes de Kriskras DV (41”34). Revenu en piste en numéro cinq pour dérouler sa finale au chronomètre, Spencer Smith a dû patienter et observer ses adversaires avant de crier victoire. Et le jeune homme a dû vivre de vraies montagnes russes d’émotions ! Première à pouvoir le détrôner, sa compatriote Jessica Springsteen a déroulé une nouvelle prestation de toute beauté. Associée à Don Juan van de Donkhoeve, avec qui elle a participé à la médaille d’argent collective du Stars and Stripes à Tokyo cet été, l’amazone a affiché un temps de 40”48. Pas suffisant pour l’emporter, mais bien assez pour combler de joie la cavalière, enlaçant tout sourire l’encolure de son splendide bai. 

Peder Fredricson hors-course après sa faute, il restait encore trois candidats pour la victoire. Et Christian Ahlmann a bien failli coiffer son cadet au poteau. Impressionnant avec son étalon noir Dominator 2000 Z, l’Allemand a bien dominé son sujet, mais pas le classement final. Malgré une belle prise de risque sur l’ultime oxer, le duo aux couleurs de zangersheide a manqué d’ajouter un Grand Prix 5* à son palmarès pour… deux centièmes ! Une infime différence imperceptible à l'œil nu. Finalement deuxième, le couple a supplanté le Néerlandais Jur Vrieling, encore sur son nuage après sa victoire et sa deuxième place dans les deux épreuves disputées par équipe ce week-end. Toujours aux rênes de son Fiumicino van de Kalevallei, le cavalier des Oranje n’a pas fini son vol vers les sommets du sport. Si Philipp Weishaupt aurait bien aimé l’emporter et porter haut les couleurs des écuries Beerbaum, deux fautes l’ont relégué au dixième rang avec Lacasino.

Pour le Français Olivier Robert, cette étape revêtait un double enjeu. D’abord, l’épreuve en elle-même aurait constitué une belle récompense pour l’impressionnante du Bordelais. Ensuite, il figurait en tête du classement général du circuit, aux côtés de Peder Fredricson. Piégé sur le numéro cinq avec Vangog du Mas Garnier, primé lors du deuxième week-end de compétition organisé à Rome, le Tricolore a terminé aux portes du classement, en treizième position. Rageant. Rageant aussi pour Roger-Yves Bost, impérial avec l’extraterrestre Cassius Clay VDV Z, qui n’a commis qu’une minuscule touchette sur le délicat vertical de palanque placé en numéro deux. 

La bataille se poursuivra la semaine prochaine sur le circuit du LGCT. Toujours dans l'antre de Šamorín, le champion de la saison sera connu à l’issue du dernier Grand Prix de la saison régulière. 

Les résultats complets ici.