McLain Ward et Contagious s’offrent un doublé dans un difficile Grand Prix 4* à Wellington

Déjà victorieuse jeudi en ouverture du CSI 4* de Wellington, la paire formée par McLain Ward et l’efficace Contagious s’est offert un nouveau succès. Dans un délicat Grand Prix, qui n’a vu que quatre couples revenir au barrage, l’Américain et son alezan ont signé le plus rapide double sans-faute de la journée sur la vaste piste en herbe du Winter Equestrian Festival (WEF). En Floride, la jeune Zoé Conter s’est hissée au deuxième rang en compagnie de Davidoff de Lassus, malgré un peu moins de deux secondes de retard sur McLain et Contagious. L’Américaine Ali Wolff a complété le tiercé gagnant aux rênes de Casall.



Zoé Conter et Davidoff de Lassus s'étaient déjà classés quatièmes d'un Grand Prix 3* à Wellington le mois dernier.

Zoé Conter et Davidoff de Lassus s'étaient déjà classés quatièmes d'un Grand Prix 3* à Wellington le mois dernier.

© Sportfot

Une journée pittoresque du sud de la Floride a servi de décor à l’épreuve phare de la quatrième semaine de compétition au Winter Equestrian Festival (WEF) de Wellington, samedi 5 février. Doté de 216.000 $, le Grand Prix CSI 4* a réuni quelques-uns des meilleurs cavaliers du monde, venus s'affûter outre-Atlantique dans les vastes installations du WEF. Sur la piste en herbe, le Brésilien Anderson Lima a dressé un parcours délicat, si bien que la majorité des quarante-six couples au départ n’a pu produire un parcours parfait. Le triple, placé en fin de parcours, s’est révélé impitoyable et a privé bon nombre de participants d’une place au barrage. Deux paires ont été pénalisées par le temps et neuf sont sorties de piste avec quatre points. Finalement, seuls quatre cavaliers sont parvenus à résoudre toutes les équations du parcours initial : McLain Ward, Ben Maher, Ali Wolff et Zoé Conter. 

McLain Ward a été le premier à revenir en piste, en compagnie de son partenaire olympique, médaillé d’argent aux derniers Jeux de Tokyo avec l’équipe américaine, Contagious. Âgé de treize ans, le fils de Contagio et petit-fils de For Keeps a laissé toutes les barres sur leurs taquets, survolant le second parcours du jour. Rapide, l’alezan a arrêté le temps en 42”95. À sa suite, Ben Maher, champion olympique individuel en titre, a tenté de faire mieux. Juché sur Ginger-Blue, déjà lauréate d’un Grand Prix de même niveau à Valkenswaard en juin dernier, du Longines Global Champions Tour de Paris quelques jours plus tard et encore deuxième du Grand Prix CSI 5*-W de Londres en décembre, le Britannique a renversé une barre, terminant quatrième.

La jeune Zoé Conter et son fidèle Davidoff de Lassus, un étalon sBs de treize ans par Ugano Sitte, ont réussi à aligner un second clear round. Belle performance, mais pas suffisante pour détrôner McLain Ward. Avec 44”92 au passage de la ligne d’arrivée et un peu moins de deux secondes de retard sur la star américaine, la Belge a dû se contenter de la deuxième place. Seule Ali Wolff pourrait alors tenter de déloger son compatriote. En selle sur Casall, un fils de l’étalon éponyme âgé de dix-sept ans, l’amazone états-unienne a joué placé et conclut son barrage en 45”70, lui octroyant la troisième place. 



“Je ne voyais pas Contagious être médaillé olympique”, McLain Ward

À dix-sept ans, le styliste Casall est toujours en forme avec sa cavalière Ali Wolff.

À dix-sept ans, le styliste Casall est toujours en forme avec sa cavalière Ali Wolff.

© Sportfot

“J'ai beaucoup de chance avec Contagious, parce que c'est un cheval très respectueux, donc on peut tenter sa chance on l’a fait jeudi, et dans le pire des cas, cela lui donnera un peu plus d'énergie ou de gaz pour le week-end”, a expliqué l’heureux lauréat. “Cela ne grille pas nos chances pour le Grand Prix, c'est un grand atout. Le parcours d'aujourd'hui était très difficile, et il n'y a plus beaucoup de différence entre un Grand Prix 4* et un 5*. Ce qu'ils perdent en écart entre un 5 et un 4*, ils le compensent par le temps imparti et des questions plus difficiles. C'était une épreuve classique, avec des obstacles hauts, et plus rien n’est facile ici. Chaque jour, nous entrons en piste pour nous battre, ce qui est un défi, mais aussi un brillant moyen d’offrir un sport formidable. C'est drôle parce que le premier concours hippique auquel j’ai ramené Contagious après les Jeux olympiques, je l’ai monté dans une épreuve qualificative et j'ai dit à Lee [McKeever], 'il a l'air différent après les Jeux'. À l'origine, je ne le voyais pas être médaillé olympique, mais il a grandi grâce à cette expérience et est devenu un meilleur cheval, plus confiant. Ma confiance en lui a également grandi après cette expérience. À ce stade, il est normalement sans-faute dans ses épreuves, ou je commets une erreur ; il a beaucoup de cœur et est un battant, ce qui est vraiment de bon augure pour lui.” Cette victoire a eu un goût encore plus spécial pour l’entourage de Contagious, puisque ses propriétaires, Lise et Annie Revers étaient sur place pour assister au Grand Prix.

À vingt-et-un ans, Zoé Conter a signé l’une de ses meilleures performances. “Mon cheval a sauté à fond pour moi aujourd'hui”, s’est-elle réjouie. “Je l'ai depuis quelques années maintenant, et il a été la clé pour entrer dans les Grands Prix 5*. Nous avons une grande confiance l'un en l'autre, c'est un excellent partenariat. La piste d'aujourd'hui était très bien construite, et je suis juste heureux de pouvoir compter sur lui comme ça et que les choses se soient bien passées aujourd'hui. En entrant en piste pour le barrage, j'étais clairement en train de jurer parce qu'être contre McLain [Ward], Ben [Maher] et Ali [Wolff] est presque impossible. J'avais l'intention de me contenter de la quatrième place, mais arriver en deuxième position derrière McLain était encore mieux que je ne l'aurais imaginé.”

Et Ali Wolff de revenir sur son expérience : “J'étais la plus lente des quatre à sauter, mais honnêtement, j'étais juste heureuse d'avoir pu revenir en piste. Ce cheval m'a amené au plus haut niveau de compétition, et j'essaie de m'y maintenir tout en respectant ses souhaits. Pour faire simple, je suis ravi que mon cheval puisse encore concourir à ce niveau ; il est construit sur tellement de cœur et de confiance en ce moment et c'est la seule raison pour laquelle j'ai réussi à passer ce cap. Anderson [Lima] est un grand chef de piste. Il sait comment jouer avec le dénivelé du terrain et comment intégrer l'esthétique de la piste où il conçoit.”

Les résultats complets.