“Mon favori reste Harrie Smolders”, Rodrigo Pessoa

Hier après-midi à Leipzig, en Allemagne, Martin Fuchs a gagné la Chasse, épreuve inaugurale de la finale de la Coupe du monde Longines de saut d’obstacles. En selle sur Chaplin, le Suisse a devancé l’Autrichien Max Kühner et l’Irlandais Conor Swail. Triple vainqueur de cette finale en 1999, 2000 et 2001 avec l’inoubliable Baloubet du Rouet, Rodrigo Pessoa livre son analyse et se jette à l’eau en désignant son favori: le Néerlandais Harrie Smolders.



Impression générale

En suivant cette épreuve de loin, j’ai vu pas mal de barres tomber, et peu de sans-faute (neuf, sur trente-cinq partants, ndlr). Cela avait l’air délicat, notamment cette palanque que Frank Rothenberger avait placée en numéro 12, à trois foulées courtes derrière des barres de Spa. Ce genre d’enchaînements est toujours difficile, qui plus est en fin de parcours. Le double vertical-oxer 9, tel qu’il avait été placé, collé à une tribune et après un gros virage, s’est également avéré fautif. Quand on se met en tête qu’on doit lutter contre le chronomètre, on augmente naturellement la probabilité de commettre des fautes. En tout cas, cette finale me semble bien lancée.”



Le règlement

À propos du règlement, je trouve positif que les fautes ne coûtent désormais plus que trois secondes dans cette épreuve jugée au barème C, contre quatre auparavant. Cela invite les cavalier à prendre davantage de risques, ou au moins à jouer le jeu de la vitesse. Dans notre sport, la prise de risque doit être justement valorisée. En tout cas, une faute ne doit pas condamner un couple qui tente sa chance. Il en vaut de même pour les épreuves jugées au barème A, où chaque seconde de temps dépassé coûte désormais un point (contre un point toutes les quatre secondes jusqu’au 31 décembre 2021, ndlr). Pour moi, un refus est une faute plus grave qu’une barre qui tombe, donc il doit coûter plus cher au cavalier qui le concède. De même, un couple concédant une faute en ayant essayé de rentrer dans le temps doit être avantagé par rapport à un autre, qui ne prend tout son temps et limite les risques.



La dure entrée en matière de Steve Guerdat

Aujourd’hui, on n’a pas vraiment assisté à des performances inespérées. En revanche, on peut être déçu pour Steve Guerdat (également triple vainqueur de cette finale, tenant du titre et pénalisé de trois fautes aujourd’hui avec Victorio des Frotards, finissant vingt-cinquième, ndlr). C’est cher payé, mais cela peut toujours arriver. En compétiteur, Steve est parti avec l’ambition de réussir un bon temps. Son cheval a glissé un tout petit peu entre les obstacles 5 et 6, ce qui l’a peut-être embêté par la suite, au-delà même de cette faute sur l’oxer 6. Pour le reste, il n’y a pas eu de grandes surprises dans cette épreuve où l’on ne gagne rien mais où l’on peut tout perdre. Il faut être compétitif, mais aussi savoir jouer placé pour tirer au mieux son épingle du jeu en fonction des points forts et faibles de son cheval.



Les autres ténors au rendez-vous

Comme toujours en championnats, Martin Fuchs a été au rendez-vous, cette fois avec Chaplin. Demain, il montera The Sinner, ce qui est un luxe. Cette stratégie avait permis à Marcus Ehning (l’Allemand a lui aussi gagné trois fois ce sommer printanier, ndlr) de gagner en 2010 à Genève (avec Noltes Küchengirl et Plot Blue, ndlr). Pour autant, il reste le seul à s’être imposé avec deux chevaux dans l’histoire de cette compétition, donc on verra si cela porte chance à Martin. Max Kühner a également répondu présent (deuxième avec Elektric Blue P, ndlr), tout comme Conor Swail (troisième sur Count me in, ndlr), qui est en très grande forme depuis plusieurs mois en Amérique du Nord. Même s’il est Irlandais, on le considère un peu comme Américain depuis le temps qu’il vit et concourt aux États-Unis. Comme toujours, McLain Ward s’est montré compétitif avec Contagious (cinquième mais crédité du meilleur chronomètre, ndlr). Il est de loin le meilleur Américain dans cette compétition où la Fédération équestre des États-Unis a envoyé bon nombre de nouveaux couples, dont la plupart sont inexpérimentés et pas à la hauteur de de championnat. McLain a de bonnes chances de terminer dans le top cinq, d’autant qu’il a plutôt préservé son cheval cet hiver. Maintenant, les dés sont jetés.



Harrie Smolders, “LE” favori de Rodrigo

Pour autant, mon favori reste Harrie Smolders (neuvième aujourd’hui avec Monaco, ndlr), même s’il reste encore beaucoup d’obstacles à sauter d’ici dimanche. Son cheval est très solide et le couple reste sur deux deuxièmes places dans les deux plus beaux Grands Prix de la saison indoor, à Genève et Bois-le-Duc, deux étapes du Grand Chelem Rolex (plus un autre en Coupe du monde Longines à Londres, ndlr). Harrie n’est pas le seul favori, loin de là, mais c’est le mien.”

Les résultats
Le parcours

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