À Badminton, Laura Collett et London 52 répondent à Michael Jung et Chipmunk

Une semaine après l’éclatante victoire de Michael Jung et Fischer Chipmunk FRH à Lexington, où ils avaient battu le record du meilleur score en CCI 5*-L, avec 20,1 points, Laura Collett et London 52 ont répondu au maître allemand et à son crack, en s’imposant magistralement à Badminton, avec à la clé un score historiquement bas de 21,4. La Britannique a devancé ses compatriotes Rosalind Canter et Oliver Townend, associés à Lordships Graffalo et Swallow Springs. Le meilleur Français, Gireg Le Coz, fautif à trois reprises cet après-midi, a fini dix-huitième sur Aisprit de la Loge.



Laura Collett a réalisé un rêve d’enfant en remportant le CCI 5*-L de Badminton, cet après-midi en Grande-Bretagne, au mérite d’une superbe performance sur London 52. En tête depuis sa reprise de dressage, présentée vendredi, le couple a fini cette épreuve de légende avec un score de 21,4, le plus bas de l’histoire de Badminton, après avoir signé un parcours parfait hier lors du cross et concédé seulement une seconde au temps imparti aujourd’hui à l’hippique. Ce faisant, les champions olympiques par équipes de Tokyo, qui avaient déjà gagné le CCI 5*-L de Pau en 2020 avec 21,3 points, ont répondu à Michael Jung et Fischer Chipmunk FRH, qui avaient battu le record du meilleur score en CCI 5*-L, avec 20,1 points, dimanche dernier à Lexington. Voilà qui promet en vue des championnats du monde de Pratoni del Vivaro, en septembre en Italie, où ces deux paires de génie, capables de donc d’obtenir près de 80% au dressage et de ne plus lâcher ensuite, seront attendues de pied ferme, même si elles ne seront pas les seules favorites pour le titre.

La Britannique Rosalind Canter, championne du monde en titre a été la seule cavalière à terminer avec sa note de dressage (26), prouvant qu’elle tenait un nouveau crack en Lordships Graffalo, âgé seulement de dix ans, tandis qu’Oliver Townend a consolidé sa position de numéro un mondial en terminant trois et cinquième places sur Swallow Springs (29,7) et Ballaghmor Class (30,3) , chacun des deux gris ayant renversé un obstacle. Il s’agit du premier triplé britannique depuis celui réussi par Pippa Funnell, William Fox-Pitt et Leslie Law en 2002. D’ailleurs, Laura Collett a révélé que la victoire de Pippa sur Supreme Rock avait été son inspiration d’enfance. “Je faisais du cross-country sur les épaules de ma tante et je voulais gagner à Badminton, comme Pippa Funnell”, a-t-elle déclaré.

Lorsque Laura est entrée dans l’arène, elle avait le luxe d’avoir une barre d’avance sur Ros Canter, mais la pression était énorme. “Ce cheval est incroyable”, dit-elle de London 52. “Il a sauté comme un dératé. Je ne voyais pas mes distances, mais il sautait de plus en plus haut.” Quant à Ros, elle ne tarit pas d’éloges sur sa nouvelle superstar, qui disputait là son premier CCI 5*. “ Walter’ ne savait plus où donner de l’œil quand nous sommes arrivés, mais il a apprécié chaque partie, surtout la remise des prix. Il a tellement appris ces derniers jours.”



Les Bleus ont engrangé un maximum d’expérience

Sacrées en 2019 au domaine des ducs de Beaufort, Piggy March et Vanir Kamira, sa jument de dix-sept ans, qui n’ont concédé qu’une seconde au cross, ont terminé à une honorable quatrième place après une faute cet après-midi (30,1). “Je pense que Tilly a mieux sauté que jamais. Elle s’est donnée à fond sur le parcours de cross hier, alors j’étais un peu inquiète aujourd’hui, mais je n’aurais pas dû l’être”, a déclaré Piggy. David Doel, qui vit à seulement vingt minutes de Badminton, a réussi des débuts de rêve, terminant sixième sur Galileo Nieuwmoed (33,6) avec un sans-faute aujourd’hui, juste devant Kitty King et Vendredi Biats (34), membres de l’équipe sacrée championne d’Europe de l’an dernier à Avenches. L’Irlandais Austin O’Connor a interrompu l’hégémonie britannique en prenant la huitième place sur le spectaculaire Colorado Blue (36,3), alors que l’Américaine Tamra Smith, qui faitait ses débuts à Badminton, a pris la neuvième place sur Mai Baum (36,5). Le Britannique Richard Jones et Alfies Clover ont complété le top dix (38,4).

Côté français, il n’y a pas eu de miracle aujourd’hui. En délicatesse avec le saut d’obstacles depuis un moment avec le très, très sensible Aisprit de la Loge, Gireg Le Coz, douzième au sortir du cross, n’a pu empêcher trois fautes aujourd’hui. Conscient du travail restant à accomplir sur cet atelier, le Breton sait qu’il aurait pu éviter celle sur le premier obstacle, mais il n’a vraiment pas à rougir de sa dix-huitième place (46,7). Thomas Carlile peut lui aussi se satisfaire de sa trentième place avec le très prometteur Zanzibar Villa Rose (56,7), dix ans, qui a rempli de bonheur ses propriétaires, Philippe Lacaze et Michel Lecuelle, ainsi que son naisseur, un certain Kamel Boudra, qui a joint l’agréable à l’utile, à travers une carte postale quotidienne sur GRANDPRIX.tv. Jean-Lou Bigot aurait aimé réussir un sans-faute, pénalisé de 8,8 points aujourd’hui (60,6), mais il ne semble vraiment pas simple de canaliser son bouillonnant Utrillo du Halage. Même bilan pour Arthur Duffort, qui regrette surtout d’avoir trop traîné hier avec Toronto d’Aurois (61,4). Quant à Ugo Provasi et Cyrielle Lefèvre, ils ont goûté leur premier Badminton à sa juste valeur avec Shadd’Oc (66,7) et Armanjo Serosah (67), taillés pour ces grands événements qui font la noblesse de leur sport. Sans doute reviendront-ils l’an prochain, avec l’ambition de se rapprocher des meilleurs.

Après deux ans d’absence, l’événement a été énorme, réunissant 180.000 visiteurs en quatre jours. “Tout s’est passé comme je l’avais souhaité”, a déclaré Jane Tuckwell, directrice de l’événement. Beaucoup de gens heureux, des résultats fantastiques, de merveilleux sponsors. C’est un rêve qui se réalise enfin. Vivement 2023!” On ne peut que partager ce bilan. L’humain a besoin de se rassembler avec ses congénères de temps à autre, et cette occasion-là est définitivement l’une des plus belles à saisir pour qui aime les chevaux, la campagne et le très grand sport.

Les résultats