“Caracole a réellement passé un cap et pris une maturité incroyable”, Julien Épaillard

Julien Épaillard ne s’arrête plus… En remportant hier sa soixante-quatrième victoire internationale de l’année, il s’est également imposé pour la troisième fois consécutive dans le Grand Prix 4* de Saint-Lô, remportant par la même occasion sa troisième épreuve majeure du week-end avec Caracole de la Roque. Le numéro trois mondial est revenu sur ce concours dingue et ses perspectives pour les prochains mois. 



Comment vivez-vous votre troisième victoire consécutive dans le Grand Prix CSI 4* de Saint-Lô ? 

C’est bien sûr toujours aussi agréable. J’ai toujours à cœur de réussir de bonnes performances ici, je connais presque tout le monde en tribunes. Il s’agit aussi du premier indoor, qui nous permet donc de faire le point, ainsi que d’une bonne préparation pour Lyon. Généralement, lorsque j’obtiens de bonnes performances à Saint-Lô, cela se poursuit à Lyon. Je monte une jument incroyable ; je me suis régalé au premier tour, elle était disponible et formidable. Le barrage a été un peu plus intense mais elle a réellement passé un cap et pris une maturité incroyable depuis les championnats du monde (de Herning, mi-août, ndlr). Tout cela réunit donne une superbe journée et un excellent week-end. Il s’agit presque du seul concours lors duquel ma mère, mon petit-frère et ma petite-sœur viennent me voir. Ils n’habitent pas loin donc profitent de cette occasion une fois par un. Cela me permet de passer du temps avec eux, et lorsque les résultats sont bons, ils sont ravis. 

Cette troisième victoire intervient avec un troisième cheval différent, les deux éditions précédentes ayant été remportées avec Queeletta et Billabong du Roumois… 

Oui, c’est très bien, mais ça aurait été aussi très bien de s’imposer trois fois avec le même cheval. C’est un autre défi ! Queeletta, qui avait gagné la première année, a terminé sa carrière et est devenue poulinière chez ses propriétaires, la famille Sadran. Billabong a été vendu (et évolue désormais avec Harry Charles, ndlr) et Caracole a signé un premier indoor incroyable. Je savais que j’avais une chance de bien figurer aujourd’hui mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une faute. 

Il s’agit de votre soixante-quatrième victoire internationale de l’année. Quelle saison ! 

Je retiens davantage le nombre de Grands Prix gagnés que le nombre de victoires. J’en ai remporté seize en 2022 pour le moment, ce qui est déjà pas mal. Nous nous creusons la tête pour améliorer notre système, essayons d’observer les chevaux, de les écouter et d’apprendre de nos erreurs. J’ai quarante-cinq ans et commis beaucoup d’erreurs dans ma carrière. J’ai eu la chance de monter des cracks, sans eux, rien n’aurait été possible. Aujourd’hui, l’équipe qui m’entoure est incroyable, mes propriétaires me font confiance et je peux gérer mon écurie comme je l’entends, ce qui est une chance incroyable.

Quelle va être la suite du programme avec Caracole de la Roque ? 

Caracole va sauter à Lyon la semaine prochaine, je ne sais pas encore si elle courra la Coupe du monde. Ce sera elle ou Donatello (d’Auge, le produit maison ndlr). Elle prendra part à l’épreuve majeure du premier jour et Donatello s’élancera dans une petite épreuve. En fonction de cela, je déciderai quel cheval sera au départ du Grand Prix. Caracole aura ensuite une pause jusqu’au CSI 5*-W de Madrid (du 24 au 27 novembre, ndlr), puis un break d’une semaine avant le CHI de Genève. J’aimerais y courir le Grand Prix avec elle. Je pense que d’ici là, je devrais rester dans le Top 10 (l’épreuve qui réunit les dix meilleurs cavaliers au monde en prenant en compte le classement mondial de novembre, ndlr), que j’aimerais courir avec Donatello. Cela est mon idée de base mais nous savons que les plans sont souvent ajustés avec les chevaux. Ce sont eux qui me diront, en fonction de leur forme, je verrai comment adapter tout cela. 

Avez-vous des ambitions de Coupe du monde cette saison ?  

Je ne sais pas vraiment. Pour le moment, je vais courir à Lyon mais j’ai annulé mes participations à Vérone et Stuttgart. J’avais la chance d’avoir ma place mais j’ai intégré beaucoup de nouveaux chevaux très chouettes à mes écuries et n’en compte réellement que deux étant prêts à courir des étapes de la Coupe du monde ; Caracole et Donatello. J’avais la possibilité de faire deux piquets mais je n’ai pas voulu emmener des chevaux qui n’étaient pas prêts pour courir des épreuves intermédiaires lors de ces indoors. Je dois faire connaissance avec mes nouvelles recrues, qui ont davantage leur place à Oliva. Je ne pense pas aller à La Corogne non plus. Je serai donc à Lyon, Madrid, mais aussi sûrement Malines. Après cela, je verrai si j’ai engrangé des points au classement général et comment Donatello se comporte en indoor. Pour l’heure, il n’a couru qu’un seul concours dans ces conditions, c’était ici l’an passé avec mon cavalier (Séverin Sigaud, ndlr) et il avait terminé troisième du Grand Prix 2*. A priori, il a l’air de bien se sentir sur ce type de piste mais j’ai besoin d’en avoir la confirmation. Caracole ne courra de toute façon pas la finale de la Coupe du monde (qui se tiendra à Omaha, dans le Nebraska, en avril, ndlr), ce n’est pas du tout l’un de ses objectifs. Pour Donatello, nous verrons si j’engrange suffisamment de points, sinon, ce n’est pas une catastrophe. La finale sera à Omaha, ce qui représente un long voyage, mon cheval ne va avoir que dix ans… Cela me paraît un peu prématuré, je vise peut-être davantage les championnats d’Europe avec lui (du 29 août au 3 septembre, à Milan, ndlr), cela me semble un peu plus judicieux.

Tous les parcours du CSI 4* de Saint-Lô sont à retrouver sur GRANDPRIX.tv