La troisième tentative est la bonne pour Daniel Deusser et Tobago dans le Super Grand Prix de Prague

Hier, Daniel Deusser et Tobago prenaient le départ du Super Grand Prix du Longines Global Champions Tour pour la troisième fois de leur carrière. Quatrièmes en 2018 et sixièmes en 2019, tous deux se sont cette fois tout bonnement imposés en devançant Katrin Eckermann, seule autre concurrente à avoir réalisé un double sans-faute aux côtés de Cala Mandia. McLain Ward, quant à lui, est monté sur la troisième marche du podium avec HH Azur.



Katrin Eckermann et Cala Mandia ont réalisé le premier double sans-faute de la soirée et terminent finalement deuxièmes.

Katrin Eckermann et Cala Mandia ont réalisé le premier double sans-faute de la soirée et terminent finalement deuxièmes.

© Sportfot

Après les défections de Malin Baryard-Johnsson et Ludger Beerbaum, seuls treize couples étaient au départ ce soir du Super Grand Prix du Longines Global Champions Tour, ouvert aux vainqueurs d’étapes 2022 du circuit ou au meilleur cavalier non qualifié de chaque Grand Prix de la série, lorsque celui-ci était remporté par un athlète ayant déjà composté son billet pour Prague. Le parcours initial à 1,65m dessiné par Uliano Vezzani pour cette épreuve s’est avéré abordable, et sept duos l’ont d’ailleurs terminé sans mettre la moindre barre à terre. Il a tout de même piégé les doubles champions du monde en titre, Henrik von Eckermann et King Edward (BWP, Edward x Feo de Lauzelle), qui avaient pourtant remporté l’étape Coupe du monde de Vérone il y a deux week-ends et semblaient donc en pleine possession de leurs moyens. En ajoutant une nouvelle faute à leur compteur lors de la seconde manche, qui s’est avérée plus sélective, tous deux ont terminé sixièmes.

Avec HH Azur (sBs, Thunder vd Zuuthoeve x Sir Lui vd Zuuthoeve), qui à seize ans, a très peu sauté cette année mais a tout de même profité de ses sorties pour remporter deux Grands Prix CSI 4* sur le continent américain, terminer cinquième de l’épreuve reine du CHIO d’Aix-la-Chapelle et septième de celle du CSIO 5* de Calgary, McLain Ward a montré la voie en réalisant le premier sans-faute du second acte. L’Étasunien, qui avait écopé d’un point de pénalité pour temps dépassé lors de son premier passage et portait le dossard huit, a de suite été imité par Katrin Eckermann. Aux rênes de Cala Mandia (West, Capistrano x Valentino), neuf ans, qui avait surpris son monde en remportant l’étape du Longines Global Champions Tour de Miami en début d’année, l’amazone avait déjà signé un parcours parfait en première manche, et a de fait mis les quatre derniers concurrents sous pression.



Trois cavaliers craquent, mais pas Daniel Deusser

Détenteurs du meilleur chronomètre de la deuxième manche, Pieter Devos ont été relégués au quatrième rang pour une faute.

Détenteurs du meilleur chronomètre de la deuxième manche, Pieter Devos ont été relégués au quatrième rang pour une faute.

© Sportfot

Auteur d’une excellente saison sous la selle de Harrie Smolders, qui lui a notamment permis de remporter l’argent par équipes aux Mondiaux de Herning et de terminer deuxième de la finale de la Coupe du monde à Leipzig, Monaco N.O.P (Holst, Cassini II x Contender) n’a cette fois pu éviter une faute, synonyme de cinquième place finale. Christian Ahlmann et le puissant Mandato van de Neerheide (BWP, Emerald van’t Ruytershof x Pommeau du Heup), eux, en ont carrément accumulé deux, et ont ainsi été relégués au huitième rang.

Il ne reste alors plus que deux couples au départ: Daniel Deusser et Scuderia 1918 Tobago (Z, Tangelo vd Zuuthoeve x Mr Blue) d’abord, Pieter Devos et MoM’s Toupie de la Roque (SF, Kannan x Nabab de Rêve) ensuite. L’Allemand, quatrième et sixième et de ce même Super Grand Prix en 2018 et 2019 avec huit puis quatre points au compteur, puis de nouveau sixième l’an passé avec une faute commise aux rênes de Killer Queen VDM, conjure cette fois le sort pour laisser toutes les barres sur leurs taquets. En franchissant la ligne d’arrivée en 65”22 sur son étalon, déjà vainqueur des Grands Prix CSI 5* de Bois-le-Duc et New-York cette année, il devance qui plus est sa compatriote Katrin Eckermann de plus d’une seconde et s’installe ainsi en tête. Deuxième de la saison régulière du circuit et juché sur la jument ayant aligné le plus de doubles sans-faute dans les Grands Prix du Longines Global Champions Tour cette saison, Pieter Devos ne compte pour autant pas laisser passer sa chance et va très vite avec l’ancienne complice de Julien Epaillard…si bien qu’il coupe les cellules en 64”15! Oui mais voilà, à côté de ce fantastique chronomètre, l’écran géant affiche un score de quatre points, le Belge ayant mis la délicate palanque placée devant la tribune VIP à terre sur son passage…. C’est la quatrième place pour lui, et la victoire pour Daniel Deusser, dont le second parcours est à revoir en bas d’article et qui empoche au passage plus de 300 000 euros.



“Irréel”, Daniel Deusser

La victoire de Daniel Deusser a été célébrée dans une mise en scène grandiose, qui fait la marque de l'événement tchèque.

La victoire de Daniel Deusser a été célébrée dans une mise en scène grandiose, qui fait la marque de l'événement tchèque.

© LGCT / Stefano Grasso

Seul athlète à avoir pris part aux quatre éditions de ce Super Grand Prix, le cavalier des écuries Stephex était “bouche bée” après son triomphe. “Ce que Jan Tops (le fondateur des circuits Global Champions, ndlr) a créé ici ces dernières années est ce que j’appelle un événement unique, et sauter ici dans une arène comme celle-ci et avec un public comme celui-là est juste irréel.” Jan Tops, justement, a quant lui déclaré être “très fier de ce qui a été mis en place ces dernières années et particulièrement de la formule du Super Grand Prix, qui fonctionne. On voit que c’est une épreuve géniale et populaire; elle est le théâtre du plus haut niveau de saut d’obstacles que l’on puisse voir, et a lieu dans une salle bondée. Nos réseaux sociaux et notre TV tournent à plein régime dans le monde entier et c'est pour moi un honneur de travailler avec une équipe comme celle de Jan Anderlik (le directeur de l’événement, ndlr) et ses collaborateur pour […] mettre sur pied ce qui a été livré durant cette semaine. Nous avons commencé le voyage ensemble il y a quatre ans, c'était du jamais vu. J'ai assisté à tous les concours de la planète ces trente-cinq dernières années, mais un événement comme celui-là, on n'en voit pas ailleurs. De A à Z, c'est parfait, et c'est le plus beau des sports.”

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