Auteur d’une brillante saison, Gilles Thomas est le jeune cavalier de l’année 2022

Durant la période des fêtes, GRANDPRIX revient sur les événements, les faits, les femmes, les hommes et les équidés qui ont marqué 2022. Non content de faire partie des trente meilleurs cavaliers au classement mondial et d’être deuxième de la hiérarchie des moins de vingt-cinq ans, Gilles Thomas a remporté cette saison, à seulement vingt-quatre ans, des succès dont rêvent bien d’autres athlètes plus âgés. Encore auteur d’une superbe performance dans le Grand Prix de Genève, le Diable Rouge est le jeune cavalier de l’année.



Neveu de Marc van Dijck, qui a représenté la Belgique au plus haut niveau et chez qui il est d’ailleurs installé, Gilles Thomas a suivi un itinéraire idéal vers les plus hautes sphères du jumping mondial. Débutant l’équitation à un très jeune âge, il participe à ses premiers championnats d’Europe Enfants à l’âge de treize ans, en 2012, avec Tornado (KWPN, Koriander x Indoctro), et termine alors quarante et unième en individuel et sixième par équipes. L’année suivante est celle de sa première médaille, puisque le cavalier est sacré champion d’Europe Enfants avec le collectif belge à Ebreichsdorf, où il termine également cinquième en individuel aux rênes de Wielisa (KWPN, No Limit x Rigoletto). Ce succès n’est que le premier d’une longue série pour Gilles Thomas, qui va participer de 2014 à 2019 à trois championnats d’Europe Juniors et autant d'échéances européennes Jeunes cavaliers, terminer dans le Top huit en individuel à cinq reprises et remporter cinq médailles! Il obtient le plus beau triomphe de ses années Jeunes à Millstreet, en 2016, en devenant double champion d’Europe Juniors en compagnie d’Indiana vh Kapelhof (BWP, Chatman x Pinkus). Si la route vers le haut niveau peut parfois s’avérer longue et sinueuse, y compris pour les meilleurs athlètes des circuits Jeunes, le Belge a, lui, parcouru ce chemin de manière rapide et efficace.



La Global Champions League comme tremplin

Depuis l'an passé, Gilles Thomas fait partie de l'équipe des Valkenswaard United sur le circuit de la Global Champions League.

Depuis l'an passé, Gilles Thomas fait partie de l'équipe des Valkenswaard United sur le circuit de la Global Champions League.

© Sportfot

En 2018, à vingt ans tout juste, Gilles Thomas est sélectionné pour sa toute première Coupes des nations Seniors à l’occasion du CSIO 3* de Lisbonne, où il termine l’épreuve avec seulement quatre points au total des deux manches avec Conaro (Holst, Con Capitol x Quinar Z). En 2021, il intègre le collectif des Valkenswaard United pour disputer à leurs côtés les étapes du circuit de la Global Champions League. Dans une interview accordée à notre consœur de Studforlife au printemps, il expliquait d’ailleurs avoir trouvé cette série, à laquelle il a également pris part en 2022, très utile pour sa progression. “Déjà, le circuit propose seize ou dix-sept très bons événements, expliquait-il. Pour moi, comme pour mes chevaux, cela est vraiment génial. […] À ce niveau-là, être dans une équipe comme Valkenswaard United est un très grand avantage pour moi. Non seulement les concours sont vraiment chouettes, mais je suis surtout dans une équipe très forte avec Marcus Ehning et John Whitaker, par exemple. Je peux ainsi apprendre beaucoup de mes coéquipiers. Nous faisons les reconnaissances ensemble, échangeons entre nous sur nos façon de travailler, etc. Toutes les occasions sont bonnes pour apprendre; même lorsque nous allons manger ou grignoter au restaurant, nous pouvons parler avec des cavaliers et élargir nos connaissances. 2021 le voit également retrouver l’équipe de Belgique pour l’épreuve par équipes du CSIO 3* de Kronenberg, l’une des étapes du circuit des Coupes des nations EEF, qu’il dispute cette fois avec Luna van het Dennehof (BWP, Prince van de Wolfsakker x Quidam de Revel), qui n’écope que d’une faute dans le premier acte de l’épreuve.



Une saison 2022 de très, très haute volée

À Hickstead, Gilles Thomas a remporté le premier Grand Prix 5* de sa jeune carrière.

À Hickstead, Gilles Thomas a remporté le premier Grand Prix 5* de sa jeune carrière.

© Elli Birch / CSIO 5* Hickstead

Cette saison, Gilles Thomas a tout simplement explosé au plus haut niveau. À l’instar de Harry Charles, Edouard Schmitz, ou encore Mégane Moissonnier, qui faisait la Une de GRANDPRIX en octobre, il fait partie de la nouvelle génération qui gagne en saut d’obstacles, et a d’ailleurs remporté pas moins de vingt-sept épreuves internationales en 2022. Pouvant compter sur trois chevaux performants en Grands Prix CSI 5* pour les concours extérieurs, il a termine notamment troisième de l’étape du Longines Global Champions Tour de Miami et sixième de celle de Mexico en avril avec Luna van het Dennehof, avant de vivre une première consécration sur la mythique et immense piste en herbe britannique de Hickstead le 31 juillet. Là, le Diable Rouge remporte à l’occasion de la Coupe du roi Georges V le tout premier Grand Prix 5* de sa carrière grâce à un double sans-faute signé Aretino 13 (Holst, Artani x Caretino)… devançant ainsi Harry Charles, vingt-trois ans. “C’est la deuxième fois que je participe à un barrage avec [mon cheval]. Je ne savais pas qu’il était si rapide, alors je me suis lancé! J'avais l’avantage d’être le dernier à partir”, déclare-t-il après sa victoire. “C’est un Grand Prix historique, c’est vraiment spécial. Kevin Jochems est mon meilleur ami et il a aussi obtenu sa première victoire en Grand Prix 5* ici en 2018, alors je l’appellerai plus tard pour lui dire que ce Grand Prix n’est pas si difficile à gagner!”, plaisante-t-il encore.

Quelques semaines plus tard, Aretino 13 s’illustre sur une autre piste en herbe légendaire: celle de Calgary! Pour sa première apparition dans l'antre de Spruce Meadows, Gilles Thomas prend la troisième place du très difficile Grand Prix du CSIO 5* canadien, après une finale au chronomètre l’ayant opposé à Daniel Deusser et Steve Guerdat. “Nous avons signé le premier sans-faute de la manche initiale avant de réitérer dans la seconde”, se remémorera le Belge quelques jours plus tard lors d’une interview accordée à GRANDPRIX. “Je crois qu’il n’y avait pas eu de barrage dans ce Grand Prix depuis quelques années (depuis 2016, cru lors duquel Scott Brash et McLain Ward s’étaient affrontés, le duel ayant tourné à l’avantage du premier avec Ursula XII, ndlr), mais énormément de très bons cavaliers et chevaux s’étaient donné rendez-vous la semaine passée. J’ai commis deux fautes au barrage mais je suis tout de même très heureux du résultat.”



Gilles Thomas et Calleryama se sont offert une très belle quatrième place dans le Grand Prix du CSI 5* de Genève.

Gilles Thomas et Calleryama se sont offert une très belle quatrième place dans le Grand Prix du CSI 5* de Genève.

© Sportfot

Sélectionné pour représenter la Belgique lors de la finale des Coupes des nations FEI Longines de Barcelone – une vraie preuve de confiance du sélectionneur national Peter Weinberg lorsque l’on sait que la nation s’y rendait pour tenter de décrocher sa qualification olympique – tout début octobre, Gilles Thomas fait le déplacement en Espagne avec Calleryama (Holst, Casall x Contender). Après un parcours à cinq points lors de la première manche de l’événement barcelonais, en signant un sans-faute lors de la grande finale du dimanche, le couple participe activement à la victoire de son pays et à sa qualification pour les Jeux olympiques de Paris 2024, qui sont “dans un coin de [la] tête” du cavalier de vingt-trois ans. Pour parachever une saison déjà superbe, début décembre, le jeune Diable Rouge participe pour la première fois au CHI de Genève. “Je n’ai jamais eu la chance de venir à Genève. Ma participation est un rêve qui se réalise, confie-t-il alors à Léa Sargenti, du CHI de Genève. Cette piste est vraiment exceptionnelle, c’est le plus bel indoor auquel j’ai participé […] c’est fou ce qui m’arrive! Il y a deux ans, je n’aurais jamais imaginé monter avec les plus grands noms du saut d’obstacles.” Et pourtant! Une énième fois, Gilles Thomas prouve dans l’immense hall de Palexpo que la valeur n’attend pas le nombre des années. En effet, de nouveau aux rênes de Calleryama, le cavalier prend la quatrième place du Grand Prix étape du Grand Chelem Rolex grâce à un très bon double sans-faute.



Le haut niveau, mais pas que

Si son année 2022 a donc été couronnée de succès au plus haut niveau, le système dans lequel s’inscrit Gilles Thomas ne se limite pas à cet aspect du saut d’obstacles. Le Nieuwenhof de Marc van Dijck, où il est installé, regroupe à côté de son écurie de sport des activités d’élevage et d’étalonnage. Le jeune cavalier belge sort régulièrement des jeunes chevaux en compétition, et a d’ailleurs participé aux trois dernières éditions des championnats du monde FEI WBFSH des jeunes espoirs du saut d'obstacles. L’an passé, il avait même mené J. Comghorla van Beek (BWP, Comme Il Faut 5 x Padinus) à la médaille d’argent chez les sept ans. Cette année, c’est avec Kivolette van Beek (KWPN, Cidane x Indoctro) et Puskas de Kalvarie (BWP, Sea Coast Don’t Touch Tiji Hero x For Pleasure) qu’il s’est rendu à Lanaken, les classant aux douzième et dix-neuvième rangs du championnat des sept ans. Par ailleurs, il compte dans son piquet le très en vue étalon Selle Français de huit ans Ermitage Kalone (Catoki x Kannan). Auteur de nombreux sans-faute sur 1,45m cette année, l’alezan a fait ses débuts en épreuves internationales à 1,50m lors du CSI 4* de Rouen et n’a mis qu’une barre à terre. Le jeune cavalier de l’année devrait donc pouvoir compter sur une relève de choix pour la suite de sa carrière!