Le Kaiser Michael Jung et l’impériale Grande-Bretagne règnent sur Aix-la-Chapelle
Sacrés champions olympiques en individuel à Paris il y a deux ans, Michael Jung et Fischer*Chipmunk viennent de décrocher l’or individuel devant leur public aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, où l’équipe germanique s’est parée d’argent. Impériale, la Grande-Bretagne s’adjugé le titre collectif et a vu deux de ses représentantes monter sur le podium individuel: Rosalind Canter, en argent avec Lordships Graffalo, et Laura Collett, en bronze sur London 52. Les États-Unis ont complété le podium par équipes. S’il n’y avait plus d’équipe de France en lice dans ces championnats après le retrait de Diabolo Menthe en amont de la seconde inspection vétérinaire, les trois couples tricolores encore en compétition ont fini dans le top dix. Gaspard Maksud a mené Zaragoza II à la cinquième place, tandis qu’Astier Nicolas et Alexis Goury se sont classés huit et dixième sur Alertamalib’Or et Je’Vall.
Gaspard Maksud et Zaragoza ont signé un sans-faute plein de maîtrise.
© PSV Morel/FFE
Ce n’est parce que les favoris ont tenu leur rang que le public s’est ennuyé ce dimanche en Allemagne, où l’hippique du concours complet a conclu la première semaine des championnats du monde pluridisciplinaires d’Aix-la-Chapelle. Ce n’est pas parce que la France s’est retrouvée sans équipe ce matin avec le retrait de Diabolo Menthe, le partenaire de Nicolas Touzaint, légèrement blessé lors de l’exigeant cross d’hier, que les supporters français ont perdu toute raison de vibrer au parc de la Soers. Après l’or de Noély Thibaudat et Théo Gardies en pas de deux, et l’argent de la France dans la Coupe des nations de voltige, grâce à Jeanne Braun, Dorian Terrier, Quentin Jabet, Ruben Delaunay, Tom Menand et Lambert LeClézio, ils pouvaient rêver de voir une Veste bleue grimper sur la boîte individuelle, Gaspard Maksud et Astier Nicolas s’étant hissés aux sept et huitième places après le cross avec Alertamalib’Or et Zaragoza.
Finalement, il n’y a pas eu de miracle, mais les trois derniers Tricolores en lice ont honoré le public de beaux sans-faute aux obstacles. L’encadrement fédéral et les cavaliers sont repartis le cœur gros de ne pas être parvenus à obtenir une qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Alexis Goury, finalement dixième avec Je’vall (34,9 points), n’a pas pu retenir ses larmes en zone mixte, et Jean-Luc Force a souri pour masquer son légitime chagrin. Pour autant, le sélectionneur national peut se satisfaire d’avoir misé sur l’apport technique de Pascal Henry et Henk Nooren parce que les Bleus comptent désormais parmi les cavaliers les plus solides dans ce dernier test où l’on peut tout perdre. Gaspard Maksud a fini cinquième (30,9), soit un rang de mieux qu’il y a quatre ans à Pratoni del Vivaro, et Astier Nicolas, huitième (32,7) en raison de quatre secondes de temps dépassé.
Tout perdre, les Suisses savent ce qu’il en est, eux qui ont rétrogradé de la troisième à la cinquième place finale cet après-midi en raison de leurs parcours fautifs. Cinquième comme aux championnats d’Europe du Pin-au-Haras en 2023 – sans oublier qu’ils avaient aussi fini quatrièmes des Jeux olympiques de Paris 2024 ainsi que des Européens de Blenheim l’an passé et d’Avenches, en 2021… L’an prochain, c’est justement à Avenches que la France tentera d’obtenir l’un des deux tickets olympiques en jeu aux championnats d’Europe. En cas d’échec, une dernière place est promise à la meilleure équipe non encore qualifiée du circuit FEI des Coupes des nations. La Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Irlande, la Suisse, la Nouvelle-Zélande, la Suède et la Belgique ayant pris les sept places en jeu à Aix, on voit mal comment la France pourrait échouer l’an prochain, mais… tout reste à faire.
Comme prévu, les équipes de Grande-Bretagne et d’Allemagne ont aligné les beaux parcours, et se sont parés de l’or et de l’argent. Grâce à leur belle équitation et à des chevaux de grande qualité, les États-Unis de William Coleman (quatrième avec Diabolo, 30 points), Boyd Martin (treizième sur Cooley Nutcracker, 37,3) et Phillip Duttonn (Denim, 46,3) ont finalement remporté la bataille à couteaux tirés pour la médaille de bronze (113,5), devançant l’Irlande (122,5) et la Suisse 128,1).
Dans le money-time, les favoris de la compétition individuelle ont eux aussi tenu leur rang. Et l’expérience, des chevaux comme des cavaliers, a clairement payé sur cette grande piste en herbe, autour de laquelle les tribunes étaient fort bien garnies, mais moins – disons-le – qu’hier soir pour la Reprise Libre en Musique de dressage. Cinq et neuvième après leur cross parfait d’hier, l’Allemand Christoph Wahler et la Suissesse Mélody Johner ont respectivement lâché 9,2 et 8,8 points sur D’Accord (38,6) et Erin (40,3), finalement seize et dix-huitième. Les Britanniques Laura Collett et Tom McEwen ont concédé 4,4 et 4 points avec London 52 (28) et JL Dublin (32,6), mais sont restés dans le top dix, la première sauvant le bronze qui lui était promis après le test de fond, et le second se classant septième.
Aussi élégants et impeccables qu’hier, les vétérans Andrew Hoy et Vassily de Lassos ont fini sixièmes avec 31,7 points. Comme Will Coleman, Rosalind Canter et Michael Jung, grandissimes favoris pour le titre planétaire, ont conservé leurs 23,4 et 23 points du dressage avec Lordships Graffalo et Fischer*Chipmunk. Pour quatre dixièmes de points, soit une seconde de temps dépassé, l’Allemand a battu la Britannique, remportant son deuxième titre mondial après celui décroché en 2010 avec Sam. Ce n’est pas parce que Michael Jung a tout gagné, et même plusieurs fois, qu’il faudrait banaliser ce genre de performances. Cette fois, il a remporté le pari osé de dominer le monde avec un hongre de dix-huit ans. Un crack qu’il n’a pas encore l’intention de retirer de la compétition tant il lui semble continuer à prendre un plaisir fou dans ce triathlon équestre qui sort grandi ce soir.
Le classement individuel en direct
Le classement par équipes en direct
Notre compte-rendu du cross
Notre compte-rendu du test de dressage
L’analyse de Maxime Livio
L’analyse de Thibaut Vallette
De gauche à droite : Rosalind Canter sur Lordships Graffalo, Laura Collett sur London 52, Tom McEwen sur JL Dublin, et Gemma Stevens sur Flash Cooley.
© Leanjo de Koster/FEI

