Ils sont six à avoir accepté de participer à cette table ronde. Benjamin Aillaud, Eva van Avermaet, Caroline Godin, Léa Lansade, Astrid Pamart et Thierry Pomel ont chacun leur parcours, leur approche et leur ton. Si leurs analyses divergent parfois, tous partagent la volonté de faire progresser les sports équestres et d’accorder une place toujours plus importante au bienêtre des chevaux. Pendant près de quatre heures, ils ont accepté de confronter leurs points de vue, parfois avec vigueur, mais toujours dans le respect des opinions de chacun. Les échanges ont porté sur les grandes thématiques retenues par la rédaction de GRANDPRIX : les conditions de vie des chevaux, leur entraînement, les exigences du sport, le rôle des institutions et la relation avec le grand public. Voici la restitution de cette longue discussion.
Pouvez-vous vous présenter succinctement ? Caroline Godin : Je suis responsable des formations au haras de La Cense (centre de formation en équitation éthologique, ndlr), et j’évolue parallèlement au niveau Grand Prix en dressage – et un petit peu à l’international (l’an dernier, la cavalière avait notamment été sélectionnée au CDIO 5* de Compiègne avec Querida de Hus, ndlr).Astrid Pamart : Cavalière depuis mes trois ans, j’ai commencé à travailler dans les chevaux chez mon voisin, Olivier Bost. J’ai coaché des équipes Enfants et Juniors à Abou Dabi, puis je me suis installée en Suisse, où j’ai entraîné des cavaliers de saut d’obstacles. Un jour, je suis tombée sur une jument plus compliquée que les autres, qui m’a poussée à évoluer et à trouver d’autres méthodes d’éducation. Aujourd’hui, je suis une professionnelle du hunter et poursuis des études de lettres. Thierry Pomel : Ancien cavalier international, de concours complet d’abord puis de jumping (il a notamment été sacré double vice-champion du monde à Rome en 1998 avec Thor des Chaînes, ndlr), j’ai ensuite été sélectionneur à la Fédération française d’équitation (FFE) pendant dix ans des équipes Jeunes puis de l’équipe Seniors (de 2019 à 2021, ndlr). J’ai aussi travaillé auprès des complétistes français. Eva van Avermaet : Belge flamande, je suis venue m’installer en France il y a vingt-trois ans en tant que vétérinaire équin. Je suis cavalière, propriétaire de chevaux et très passionnée par le dressage. En Belgique, j’avais reçu une éducation équestre dans laquelle le bien-être des chevaux occupait une place centrale. ...