Lara et Tara réalisent le doublé au Lion-d’Angers!
Épreuve reine du Mondial du Lion, le championnat du monde des sept ans a connu son dénouement cet après-midi sur la carrière de l’hippodrome. Moins fautif que celui des six ans, le parcours n’a eu aucun impact sur le Top 5 provisoire. Après quatre jours d’épreuves, le podium final est dominé par la Belge Lara de Liedekerke-Meier, dont la jument Tara van het Leliehof, déjà victorieuse chez les six ans l’an passé, réalise le doublé. Le Britannique Hector Payne se pare d’argent avec Bueno, et le Tricolore Alexis Goury, de bronze, avec Jeroboam Wal.
On se souviendra longtemps du hurlement de Lara de Liedekerke-Meier à la réception du dernier obstacle de l’hippique: “Come on!”. Le cri de libération d’une cavalière qui se reconnaît sujette à la pression et gardait en tête combien l’obstacle renversé le matin même chez les six ans avec Herakles (Han, Herald 3 x Check In) lui avait coûté cher. Une cavalière aussi qui, il y a deux jours, admettait continuer à ressasser l’erreur de pilotage qui lui avait fait perdre la victoire chez les sept ans avec FRH Helios (Han, Herald 3 x Only) en 2025...
Pourtant, en regardant le parcours de Tara van het Leliehof (BWP, Pegase van’t Ruytershof x Major de la Cour), rien ne semblait pouvoir arriver. En avant et très au-dessus des barres, la jument noire a fait étalage de son immense talent pour entrer dans le panthéon du Mondial du Lion en s’octroyant le titre dans les sept ans, un an après sa victoire chez les six ans. La dernière jument à avoir réalisé le doublé était Golden de Béliard (AA, Upsilon x Jalienny AA), sous la selle de Thomas Carlile, en 2022 et 2023. “C’est un peu surréaliste. Qu’un cheval gagne un championnat est déjà super, mais deux, c’est incroyable. Je ne suis que sa cavalière: c’est bien elle qui rentre dans un cercle très exclusif”, se réjouissait la cavalière d’outre-Quiévrain après la remise des prix. “Je voulais faire justice à la jument. Nous avions axé l’année sur le Mondial. Sa saison n’avait pas été extraordinaire, mais je la savais prête. Encore fallait-il garder la tête sur les épaules et donner le meilleur. Ce matin m’a rappelé que le destin peut basculer pour pas grand-chose.”
Et la pression était bien là à son entrée en piste, comme elle l’a été tout au long des quatre jours du championnat. “Même si je tentais de m’auto-persuader du contraire, j’avais beaucoup de pression car nous étions attendues et qu’Alexis Goury nous en a rajouté après le dressage (test au terme duquel la Belge et le Tricolore étaient ex-aequo, ndlr). Il est vrai qu’une telle pression est un privilège: nous travaillons tous les jours pour nous retrouver dans des configurations telles que celles de ce Mondial. Reste que ça me rend un peu drama queen. Je dors mal. Je ressasse. Ce n’est pas l’enjeu en lui-même mais la perspective de décevoir mon équipe, mes propriétaires et même, les médias, qui me pèse.” Avant d’ajouter avec le sourire: “Bref. C’est très fatigant d’être moi!”.
La suite n’est pas encore écrite pour l’association de Lara et Tara, même si l’amazone souhaiterait évidemment la garder sous sa selle. Quand on l’interroge sur le lien qu’elle entretient avec sa perle noire, elle répond: “Tara n’est pas dans le top 3 des chevaux auxquels je suis le plus attachée. C’est davantage fusionnel avec des chevaux que j’élève, et je m’attache moins à des chevaux qui ne m’appartiennent pas car j’ai déjà vécu des moments très durs quand certains m’ont été enlevés. Mais c’est un des chevaux que j’estime le plus. Elle n’a aucune faiblesse dans les trois tests et dispose d’un énorme potentiel à développer encore. Et je la respecte énormément pour ça.”
Alexis Goury, troisième et ravi!
Deuxième derrière Lara, le Britannique Hector Payne a lui aussi réalisé un parcours parfait avec Bueno (AES, Dante’s Junior x Alicante), dont on peut dire qu’il porte bien son nom. “Je suis enchanté! Il a tout fait de son mieux, bien que l'hippique ne soit pas son point fort. Avant d’arriver au Lion, je savais que c’était un bon cheval, et il avait déjà obtenu d’excellents résultats en compétition. Mon équipe et moi espérions un top 10, et il a dépassé nos espérances. Nous étions si heureux que nous n’avons même pas regardé le tour de Lara! Nous allons maintenant profiter du moment, et verrons ce que nous apportera l’année prochaine”, a déclaré le pilote en conférence de presse.
Alexis Goury a su sécuriser sa place sur la troisième marche du podium grâce à un magnifique sans-faute réalisé avec Jeroboam Wal (SF, Vleut*GFE x Flyer). Après le dernier obstacle, acclamé comme il aurait pu l’être dans un stade de foot, il a mis en joie le public du Lion en s’offrant un joli tour de piste sous les hourras. “Je ne m’attendais pas à être à pareille fête avant de venir, même si je savais que le cheval en était capable. Je l’ai préparé toute l’année en vue de cet événement. Mais il n’est pas toujours facile d’être présent au rendez-vous, qui plus est lorsque le contexte crée une inconnue. Je suis donc ravi, et surtout d’avoir montré que c’est un cheval de grande qualité. Pour la suite, il m’a initialement été confié dans le but d’une commercialisation. Le problème est que lorsque je commence à performer avec un cheval, j’ai trop d’affect pour imaginer le vendre... Je vais donc essayer de trouver des solutions pour le conserver.”
Trois Français dans le top 10
Outre Alexis, deux Français prennent place dans le top 10 final. D’abord, Thomas Carlile juché sur Juste Unetoile (SF, Upsilon x Quaprice Bois Margot), la jument de la famille Sans et de Georges Riccio. La baie a gratifié les spectateurs d’un tour éblouissant, démontrant des progrès spectaculaires depuis la septième place acquise chez les six ans l’an passé. Bien que n’étant pas sur le podium, le Toulousain d’origine savourait la performance de sa partenaire. “Juste Unetoile a fait un super concours, se montrant à son avantage dans chacun des trois tests. Elle a déroulé une très belle reprise, et elle a tellement de dimension que le cross d’hier était presque trop petit pour elle. L’an dernier, notre couple se cherchait (Thomas ne l’avait monté que quelques fois avant de remplacer Eddy Sans, blessé, au Mondial, ndlr). Elle continue à naviguer entre les Hauts-de-France (où réside Eddy Sans) et la Sarthe (où sont situées les écuries de Thomas Carlile), mais au cours de la saison, elle a passé plusieurs périodes à la maison, comme cela a été le cas depuis Lignières. C’est bien pour construire notre relation et la mettre à ma main. Maintenant, elle est plus sereine en piste que l’an dernier. Si j’ai la chance de continuer avec elle, elle va arriver assez rapidement au niveau supérieur. L’année de huit ans est la plus difficile et stratégique. Si elle reste sous ma selle, son programme sera sans doute semblable à celui d’Iam du Loir cette année.”
Un sans-faute a également permis à Héloïse Le Guern et Joystick de Syac (SF, Cicave du Talus*GFE x Balleroy), non seulement de rester dans le top 10, mais d’y gagner deux rangs pour s’octroyer la huitième place finale. “Le bilan est très bon”, a analysé la cavalière, également vingt-neuvième avec Cambel (Westph, Caroly x Canturano), en mettant pied à terre. “Joystick a répondu présent avec un bon parcours dans le tempo. Cambel a fait une faute après une courbe que je n’ai pas très bien montée mais a lui aussi montré qu’il en avait sous le pied.” De quoi présager de belles choses pour la suite.
Des autres Tricolores, le mieux classé est Gireg Le Coz qui, associé à Jilkhann de Kergane (SF, Berdenn de Kergane x Amadehus), est remonté de la vingt-septième à la dix-huitième place. Les autres sont plus loin.
Du côté des stud-books, le Selle Français et les chevaux de sport irlandais terminent botte à botte avec trois représentants dans le top 10. Le premier place Jeroboam Wal, Joystick de Syac, huitième, et Juste Unetoile. L’ISH aligne quant à lui Earl Dorado (par Diarado), Tysons Upto Trix (Tyson x Corrado I) et Rutland Flamenco (Casallco x Je T’Aime Flamenco), respectivement six, sept et neuvièmes avec les Britanniques Max Warburton et Lizzie Baugh, et l’Irlandais Ian Cassells.

