Julien Épaillard se réinvente, Sébastien Cavaillon se relève et les jeunes chevaux brillent dans le nouveau GRANDPRIX

À l’honneur de ce nouveau numéro de GRANDPRIX, Julien Épaillard se confie sur l’évolution de ses ambitions, son rapport à la victoire et les défis qui attendent l’équipe de France à l’approche des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. La rédaction donne également la parole à l’Italien Piergiorgio Bucci, encore marqué par sa médaille mondiale envolée à Aix-la-Chapelle, et au complétiste Sébastien Cavaillon, déterminé à rebondir après une saison particulièrement éprouvante. L’élevage occupe une large place avec un dossier consacré aux championnats de jeunes chevaux, entre les promesses de Kelstar Derick, le retour en force de Jessica Michel-Botton et les succès de Joséphine Héteau et Khalonek de Kergane. Côté culture, Liliane Trévisan dévoile les coulisses de son livre consacré à Grégory Cottard. Enfin, ce numéro explore plusieurs enjeux liés à la santé et au bien-être équins, de la prévention des myosites à l'échauffement du cheval de sport, sans oublier un dossier sur les infrastructures équestres de demain, confrontées aux défis du changement climatique.



SPORT

Piergiorgio Bucci.

Piergiorgio Bucci.

© Sportfot

“Je suis moins accro aux CSI 5*, aux championnats et à la gagne que par le passé”, Julien Épaillard 

Installé dans le top 20 du classement mondial Longines depuis janvier 2020, Julien Épaillard est désormais bien plus que le “Français volant” décrit par les observateurs internationaux lorsqu’ils le voient fondre sur les lignes d’arrivée du monde entier. À quarante-neuf ans, celui qui a pris part aux cinq derniers grands championnats extérieurs aux rênes de quatre partenaires gagne peut-être moins d’épreuves que par le passé, mais, débarrassé du sentiment de devoir prouver sa valeur, se concentre plutôt sur l’accompagnement de chevaux capables d’atteindre le plus haut niveau. Fin connaisseur et pratiquant du commerce de haute volée, l’Augeron a également adapté sa manière de former les chevaux “d’Auge”, qu’il fait naître avec son épouse, Susana, aux évolutions du marché. Voyant en Hacker, l’un de ses produits maison, un possible successeur à ses meilleures montures, il entend pour l’heure mettre toutes les chances de son côté avec Donatello d’Auge et Le Coultre de Muze afin de se qualifier pour la prochaine finale Longines de la Coupe du monde. Début octobre, en marge du CSIO 5*-F de Barcelone, il s’est livré avec sa franchise habituelle sur ses objectifs, sa place en équipe de France et les difficultés rencontrées par celle-ci à un peu plus d’un an et demi des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. 

“Cette faute, en finale individuelle des Mondiaux, m’empêche encore de dormir”, Piergiorgio Bucci 

Le 23 août, à 16h50, Piergiorgio Bucci effleurait la médaille d’argent individuelle aux championnats du monde d’Aix-la-Chapelle. Sur cette même piste de la Soers, où le célèbre Raimondo d’Inzeo avait été sacré en 1956, l’Italie entrevoyait sa première breloque mondiale individuelle depuis 1970 et l’argent de Graziano Mancinelli et Fidux. Mais, au terme d’un championnat exigeant, le valeureux Hantano n’a pas pu empêcher la première barre de l’ultime oxer de tomber à terre, rétrogradant le couple à une cruelle quatrième place. Malgré ce rendez-vous manqué, l’Abruzzais installé aux Pays-Bas a signé sa meilleure saison, avec trois victoires en Grands Prix 5* grâce à une écurie plus fournie que jamais. Un cru 2026 écourté après une double fracture au pied qui tient le transalpin éloigné des concours en cette fin d’année. 

“J’ai décidé de me relever plus fort”, Sébastien Cavaillon 

Fort d’une médaille de bronze par équipes glanée aux championnats d’Europe de Blenheim en 2025 et porté par un Élipso de la Vigne en grande forme, le complétiste tricolore Sébastien Cavaillon se traçait un chemin pavé de performances en début d’année, se présentant comme un prétendant plus que sérieux à l’échéance internationale de l’année… Mais la suite de sa saison, entachée d’un contrôle antidopage positif sur son cheval de tête lors de l’étape du Grand National FFE/AC Print de Saumur en mars, accompagné d’une procédure éprouvante, ainsi que sa non-sélection aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, a pourtant été profondément bouleversée. Reconnu “ni coupable, ni responsable” de ce contrôle positif le 4 août, le Normand est revenu avec franchise sur ces mois d’incertitude, ses déceptions, les ressorts qui lui ont permis de rebondir et ses ambitions, restées intactes, avec son complice Élipso et son cadet utérin, Hashtag de la Vigne. Car malgré les coups encaissés et les remises en question, son objectif reste le même: le très haut niveau et, plus que jamais, les Jeux olympiques, à commencer par Los Angeles 2028. 

Sébastien Cavaillon et Elipso de la Vigne. © Sharon Vandeput/Hippo Foto

Paul Barret, une progression millimétrée 

En août 2026, le cavalier castrais Paul Barret a rapporté des championnats d’Europe Jeunes Cavaliers de concours complet de Segersjö une cinquième place individuelle et la médaille de bronze par équipes, avec son complice Qualified By van’t Huka. Travailleur acharné, curieux de tout et toujours prêt à se remettre en question, le jeune homme de vingt et un ans, venu à l’équitation sans héritage familial, a su se relever de plusieurs tentatives infructueuses pour atteindre son but. Portrait d’un cavalier lucide sur ses forces comme ses faiblesses, qui rêve des Jeux olympiques et commence à dessiner, étape par étape, le système qui lui permettra de vivre de sa passion.



ÉLEVAGE

Bordeaux.

Bordeaux.

© Dirk Caremans/Hippo Foto

Bordeaux, fruit d’assemblages allemands et néerlandais 

Si les Pays-Bas sont traditionnellement associés à leurs tulipes et leurs fromages, en vingt ans, ils ont par ailleurs réussi à produire un excellent Bordeaux à la robe tuilée, né de cépages allemands et néerlandais… Le parcours de cet étalon de dressage – puisque c’est de cela qu’il s’agit –, très peu utilisé en France, illustre bien comment de tels chevaux tracent leur réussite chez nos voisins, plus friands de cette discipline. 

Le Selle Français dynamise le programme du rendez-vous des prodiges 

Du 9 au 11 décembre, les meilleurs jeunes mâles de deux et trois ans du Stud-book Selle Français ainsi qu’une trentaine de pouliches issues de lignées de prestige nées en 2023 investiront le Pôle hippique de Saint-Lô pour la deuxième édition du Rendez-vous des prodiges. Directrice du Stud-book, Bérengère Lacroix présente les nouveautés imaginées par ses équipes et les administrateurs du livre de race hexagonal dans l’idée de dynamiser encore plus ce bel événement de fin d’année.



DOSSIER CHAMPIONNATS D’ÉLEVAGE

Kelstar Derick, un jeune médaillé qui n’a pas fini de faire parler de lui 

Le 20 septembre dernier, Kelstar Derick a décroché la médaille de bronze du championnat du monde des jeunes chevaux de six ans, organisé au sein de l’immense domaine de Zangersheide, à Lanaken. Né en 2020 chez Éric Fouquet, à la tête de l’élevage de Rick, dans la Manche, ce fils de Mylord Carthago semble promis à une belle carrière sous la selle du Tricolore Emeric George. Dans la finale de ce rendez-vous annuel du jumping de la relève mondiale, le hongre a, en effet, impressionné par sa facilité. Portrait. 

Jessica Michel-Botton, les victoires après la reconstruction 

Absente de la Grande Semaine de dressage en 2025, Jessica Michel-Botton l’a retrouvée à la mi-septembre avec six chevaux… qu’elle a tous menés sur un podium! Un peu plus d’un an et demi après la fin de son aventure au haras de Hus et à l’issue d’une période de reconstruction, qui l’a même vue s’essayer au horse-ball, l’athlète olympique a notamment mené Miami Vice de Hus au titre national chez les quatre ans. Espérant le qualifier au Mondial de Verden l’an prochain, la Nantaise d’adoption ne cache pas son envie de retrouver un jour l’équipe de France et évoque le nouveau système qu’elle met en œuvre depuis novembre 2025. 

Une semaine corrézienne pleine de promesses pour Joséphine Héteau 

Contrairement à ce que dit l’adage: “À jeune cavalier, vieux cheval”, c’est avec un piquet de vingt chevaux âgés de quatre, cinq et six ans que Joséphine Héteau s’illustre actuellement du haut de ses vingt-cinq ans, menant largement le top 100 de la Société hippique française des cavaliers du Cycle classique de concours complet, après une Grande Semaine de Pompadour phénoménale. Voilà qui méritait un portrait pour comprendre comment la jeune cavalière en est arrivée là. 

Joséphine Héteau et Merida de la Mouline. © Pauline Chevalier

Khalonek de Kergane, le courage breton 

Il est né dans un pré, un après-midi, devant son éleveur. À quatre ans, arrivé chez la complétiste tricolore Julie Simonet, il lui a donné quelques sueurs froides avant d’apprendre à lui faire confiance. Deux ans plus tard, Khalonek de Kergane a pourtant semblé savoir exactement ce qu’il devait faire à Pompadour, devenant champion de France des six ans et en s’offrant, grâce à ce classement, une sélection pour le Mondial des jeunes chevaux du Lion-d’Angers. S’il n’a pas tapé dans l’œil de sa cavalière au premier regard, le Selle Français a néanmoins su se démarquer dès son premier essai, gravissant petit à petit les échelons vers son titre. Une histoire de caractère, de patience, mais aussi de lignée, puisque derrière Khalonek pointe une souche bretonne construite à l’élevage de Kergane.



STYLE ET CULTURE

© Éditions Amphora

“J’ai essayé de comprendre l’homme qu’est Grégory Cottard derrière le cavalier”, Liliane Trévisan 

“Parce que je les aime”, disponible en librairie depuis le 22 octobre, est avant tout né d’une rencontre. Celle de Liliane Trévisan, journaliste de renom, grand reporter à L’Équipe pendant près de vingt-cinq ans et cavalière passionnée, et de Grégory Cottard, figure singulière du jumping français. En 2021, le portrait que la première avait consacré au second, dans lequel celui-ci exposait pour la première fois sa nouvelle philosophie équestre, avait fait grand bruit, suscitant autant l’admiration du grand public que de vives critiques (et plus encore) au sein du milieu. Devenus amis depuis, les deux Franciliens ont choisi de revenir, à travers cet ouvrage écrit à quatre mains, sur cette déflagration, mais aussi sur les obstacles rencontrés par le cavalier et les convictions qui l’ont poussé à poursuivre dans cette voie. Il en résulte une biographie touchante et authentique, qui éclaire le parcours, les choix et la personnalité de celui qui s’est imposé comme l’une des figures les plus populaires du jumping tricolore. Pour raconter les coulisses de ce projet, dont des extraits sont à découvrir aux pages 176 et 177, GRANDPRIX a choisi de donner la parole à celle qui, dans l’ombre du cavalier, a contribué à mettre son histoire en mots. 

Découvrez également la sélection de sorties littéraires ainsi que les habituelles pages Tendances.



AUTRES

Déconstruire les habitudes pour repenser l’hébergement équin 

Pour beaucoup de gérants de structures équestres, repenser l’hébergement de leurs chevaux suppose de tout reconstruire. Pourtant, bien souvent, les freins au changement ne sont pas toujours là où on les imagine. L’expérience du lycée agricole de Laval, intégré à AgriCampus Laval, en apporte la preuve: en 2019, l’établissement est passé d’un système classique de vie principalement en box à une écurie ouverte, sans chantier ni travaux. Claire Dufeu, directrice de l’atelier hippique de l’établissement, livre un témoignage qui bouscule les idées reçues. 

De l’échauffement avant toute chose 

Au même titre que l’humain, le cheval de sport est un athlète. Et tout athlète se doit, pour la préservation de sa santé, de son bien-être, ainsi que pour l’optimisation de ses performances, de s’échauffer en amont de toute pratique sportive. Mais attention! S’échauffer ne signifie pas se dégourdir les jambes cinq minutes aux trois allures, “histoire de”. Un échauffement se pense, se construit, s’anticipe et s’exécute avec soin. À la tête de la Balanda Equestrian Academy, Gilles Bertran de Balanda, ancien membre de l’équipe de France de saut d’obstacles, dont il fut même le sélectionneur en 2007 et 2008, livre ses conseils en la matière. 

La performance a l’épreuve de la myosite 

À ce jour, une grande variété de myopathies a été identifiée chez les équidés, avec une incidence particulièrement notable chez le cheval de sport et de course. Qu’elle soit d’origine génétique ou dite d’effort, comme le fameux “coup de sang”, la myopathie (ou myosite dans le langage courant) est bien une affection relativement répandue chez les chevaux. Il est alors possible de s’interroger sur ses conséquences du point de vue de la performance. Pour limiter ses effets et permettre un retour à l’entraînement dans de bonnes conditions en évitant les récidives, certaines dispositions sont à prendre en amont, comme en aval. Le point sur ces bonnes pratiques à adopter. 

Comment construire l’écurie de demain? 

Le service public de la météo et du climat Météo-France nous rapporte que l’été 2026 fut le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900. La France a suffoqué et, avec elle, nos chevaux et nos prairies. En sus d’agir durablement contre le dérèglement climatique, comment peut-on organiser les écuries d’aujourd’hui et de demain afin d’appréhender plus sereinement l’avenir? Sept professionnels de la filière équestre, issus de différentes spécialités, proposent leurs solutions architecturales et d’aménagements, avec des notes d’espoir et de bénéfiques changements.



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