“Il ne faut pas reprendre plein pot sous prétexte de rattraper le temps perdu”, Emmanuelle Van Erck

À l’heure où la réouverture de la saison de compétition se confirme, comment préparer au mieux les chevaux pour un retour réussi sur les pistes ? Quel programme d’entraînement appliquer ? La Fédération équestre internationale (FEI) et son partenaire officiel Cavalor, leader mondial de la nutrition équine, apportent leurs réponses à ces questions cruciales.



“Seul le respect des règles permettra de préserver tout le monde, les humains comme les chevaux”, Göran Akerström

Göran Åkerström, directeur du service vétérinaire de la Fédération équestre internationale

© collection privée

Courant mai, le déconfinement a été instauré aux quatre coins de la planète. Ainsi la vie a pu recommencer à suivre son cours dans les écuries. Et ce mois de juin voit la compétition reprendre doucement, mais sûrement. Ainsi non seulement les chevaux peuvent à nouveau travailler avec des objectifs, mais également, ils recommencent à voyager… Göran Akerström, directeur du service vétérinaire de la Fédération équestre internationale (FEI), insiste sur les notions de prudence et de sécurité : “Il est important de se montrer prudent. Le virus concerne tout le monde, les cavaliers et leur entourage, les officiels, le public. La FEI a édité des consignes à destination de tous les comités d’organisation, il appartient à chacun de les respecter afin de se protéger, et de protéger les autres, et ainsi reprendre la compétition dans des conditions saines et sereines.”

Et ce d’autant plus que la notion d’infection virale ne concerne pas seulement les humains. Peter Bollen, fondateur et dirigeant de Cavalor, rappelle en effet un point crucial : “Un des plus grands problèmes rencontrés par les chevaux en compétition, ce sont les infections virales : les chevaux au contact les uns des autres attrapent toutes sortes de virus qui affectent leur système immunitaire et sont la cause de contre-performances. ‘Grâce’ au Covid-19, si je puis dire, les gens commencent à comprendre cela : les chevaux, qui ont connu nettement moins de soucis de santé durant le confinement du fait d’être restés chez eux, doivent aussi respecter la distanciation sociale lorsqu’ils se trouvent en dehors de leur écurie, et cela relève de la responsabilité des cavaliers, grooms et propriétaires. ”Göran Akerström en profite pour rappeler les règles essentielles à respecter : “Les chevaux issus d’écuries différentes ne doivent pas être en contact, et il faut idéalement que lors de déplacements, les boxes des chevaux ‘en visite’ demeurent éloignés de ceux logeant sur place de façon permanente. Il est également impératif que tous les humains qui les entourent se lavent les mains le plus souvent possible. N’oublions pas que les chevaux sont manipulés en permanence, les mains sont donc un puissant et dangereux vecteur de viralité.”



“Cette reprise doit se faire en douceur”, Emmanuelle Van Erck

Le Dr Emmanuelle van Erck, vétérinaire, experte européenne en maladies respiratoires et consultante en nutrition de Cavalor

© Wilhelm Westergren

Retourner en concours en toute sécurité est une chose. Reprendre la compétition intelligemment en est une autre. Emmanuelle Van Erck, docteur vétérinaire, experte européenne en maladies respiratoires et consultante en nutrition pour Cavalor, apporte une vision raisonnée de la situation : “Cette reprise doit se faire en douceur, il faut donner le temps aux chevaux de se réacclimater à leur rythme de compétiteurs. De plus, elle doit être vue comme une opportunité de faire le point, de vérifier que l’on est prêt, de constater s’il reste des petits réglages à peaufiner. Faire un sans-faute c’est bien beau, mais le cheval est-il suffisamment en état ? Comment récupère-t-il après ses premiers tours ? Comment, après une période inhabituellement longue passée à la maison, vit-il le transport, le changement d’environnement ? Est-il stressé ? A-t-il le moral ?” De façon progressive, de petits - mais nécessaires - réglages pourront ainsi être opérés, afin que rapidement, les chevaux soient en mesure de concourir «comme avant» au meilleur de leur forme, tant physique que mentale.

Par ailleurs, selon la façon dont ils ont eu la possibilité d’être entraînés durant le confinement, les chevaux ne vont pas tous rattaquer la saison de la même manière. Peter Bollen opère une distinction : “Les chevaux qui ont continué à travailler quotidiennement seront bien évidemment plus prêts que ceux qui ont été mis en tout ou partie au repos. Il ne faut pas oublier que ces derniers auront besoin d’autant de temps pour retrouver leur forme optimale que de temps passé ‘au vert’”



“Les chevaux devront retrouver un rythme alimentaire adapté de façon progressive”, Peter Bollen

Peter Bollen, fondateur et dirigeant de Cavalor

© Peter Van Den Bulck

Qui dit remise en état dit adaptation de l’alimentation. Ainsi Peter Bollen précise : “Les chevaux qui reprennent un travail intense après une phase de repos devront retrouver un rythme alimentaire adapté de façon progressive, petit à petit durant environ un mois. En termes de nutrition, ils auront besoin de plus de lipides, qui constituent une source d’énergie en cas de travail sur le long terme. À l’inverse, la reprise de la compétition dès la réouverture de la saison pour les chevaux qui sont restés au travail nécessitera un apport accru en énergie explosive, avec plus de glucides. Il sera aussi opportun de leur administrer des compléments pour soutenir les articulations et la musculature.” (Cavalor dispose de son propre outil de calcul des rations en ligne: https://www.mycavalor.com/fr). Emmanuelle Van Erck abonde dans ce sens, en insistant quant à elles sur les notions d’immunité et d’hydratation : “Le fait de se retrouver à nouveau en compétition, dans un environnement très peuplé, après une période de confinement très préservée et calme peut fragiliser le système immunitaire des chevaux et augmenter le risque d'ulcère, c’est pourquoi je recommande une cure de vitamine C, vitamine E et acides gras (oméga 3). Sans oublier les électrolytes : l’été arrive, les chevaux vont transpirer, il sera donc nécessaire de compenser pour maintenir un taux d’hydratation optimale. ”

De la même manière que la FEI et Cavalor, son partenaire officiel, ont tout mis en œuvre, ensemble, pour accompagner au mieux chaque cavalier, chaque professionnel, chaque femme et homme de cheval durant le confinement, ils se mobilisent aujourd’hui pour permettre à tous les compétiteurs, professionnels comme amateurs, un retour en piste réussi, en toute sécurité, et toujours dans le souci du bien-être des chevaux.

Si le sujet vous intéresse, consultez la fiche dédiée par Cavalor au retour à la compétition.