La course à l'organisation des JO 2036 est lancée et se fera à sept

L’Allemagne, le Qatar, la Hongrie ou encore l’Afrique du Sud : les prétendants à l’organisation des Jeux olympiques de 2036 affichent des profils bien différents. Si certains peuvent déjà s’appuyer sur des infrastructures équestres reconnues, d’autres doivent encore préciser leurs ambitions. Dans cette course à sept, la capacité à accueillir le dressage, le saut d’obstacles et le concours complet pourrait peser dans la balance, sans pour autant garantir aux chevaux une place dans tous les projets.



JO 2036, rendez-vous en terre inconnue ?

Munich, Budapest, Doha, Istanbul… Où les meilleurs chevaux du monde poseront-ils leurs sabots en 2036 ? Alors que la clôture des candidatures était fixée au 31 octobre, sept pays se sont lancés dans la course à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP). Un choix loin d’être anodin pour les sports équestres, dont la présence au programme du plus grand événement mondial continue de susciter des inquiétudes. Entre les scandales de maltraitance ayant écorné leur acceptabilité sociale et les contraintes financières et logistiques de leur organisation, les sports équestres ne sont jamais tout à fait à l’abri des arbitrages du Comité international olympique (CIO)… Il faut dire qu’un cross de concours complet, avec ses kilomètres de parcours et ses dizaines d’hectares à aménager, ne s’improvise pas au milieu d’un stade olympique !

 En 2032, à Brisbane, la question ne s’est pas posée (trop) longtemps. Avec sa solide tradition équestre, particulièrement en concours complet, et ses infrastructures existantes, l’Australie avait de quoi accueillir les trois disciplines dans de bonnes conditions. Pour 2036, en revanche, le paysage est autrement plus contrasté. Parmi les pays candidats, tous ne disposent pas de la même culture équestre, et encore moins des mêmes installations. À ce jour, sept prétendants sont sur les rangs : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, la Corée du Sud, la Hongrie, l’Inde, le Qatar et la Turquie. L’Allemagne, d’abord, a de sérieux arguments. Désignée fin septembre pour porter la candidature allemande, Munich a même déjà prévu des sites pour chacune des trois disciplines : le dressage devant le château de Nymphenburg, le saut d’obstacles sur le site historique de Munich-Riem et le cross au cœur du Jardin anglais.

Difficile de faire plus séduisant sur le papier, même si la faisabilité d’un tel projet reste à démontrer. La Hongrie avance, elle aussi, une piste intéressante : selon la presse locale, Budapest envisagerait de confier les épreuves équestres au complexe X-Bionic Sphere de Šamorín, en Slovaquie (mais à seulement une quinzaine de kilomètres de la frontière hongroise), bien connu des cavaliers internationaux. Une hypothèse encore loin d’être arrêtée. Ailleurs, les projets sont moins aboutis, du moins dans leur dimension équestre. La Corée du Sud a identifié le haras de Jangsu, mais sa candidature fait actuellement l’objet d’un réexamen. Le Qatar pourrait naturellement s’appuyer sur Al Shaqab, qui accueille déjà des compétitions de saut d’obstacles et de dressage de très haut niveau. Reste à savoir où et comment organiser le complet. 



En Turquie, Istanbul avait prévu la montée en gamme d’un centre équestre lors de sa précédente candidature pour les Jeux de 2020, mais aucun projet comparable n’a encore été rendu public pour 2036. Quant à l’Inde, qui mise sur Ahmedabad, et à l’Afrique du Sud, qui envisage une organisation répartie entre plusieurs villes, les installations destinées aux trois disciplines restent à préciser. Ces premières esquisses ne permettent évidemment pas de préjuger du choix du CIO, ni même de la place que les sports équestres occuperont dans les projets définitifs, mais elles montrent bien à quel point les situations diffèrent. Entre un pays comme l’Allemagne, où les trois disciplines bénéficient d’une longue tradition et d’infrastructures éprouvées, et d’autres où leur pratique internationale reste relativement confidentielle, les conditions d’organisation ne seront pas les mêmes. Si la seule culture équestre devait départager les candidats, Munich partirait donc avec une longueur d’avance. 

Mais si le CIO choisissait une ville hôte en fonction des carrières de jumping, cela se saurait ! Après des Jeux organisés en Europe, en Amérique du Nord puis en Océanie, l’idée de faire découvrir l’événement à un nouveau pays, voire à un continent, qui ne l’a encore jamais accueilli, aura forcément du poids. L’Afrique du Sud pourrait ainsi offrir à l’Afrique ses premiers Jeux olympiques d’été. D’ici aux premières présentations des projets, prévues en novembre, puis aux étapes suivantes du processus de sélection, beaucoup de choses peuvent encore évoluer. Il faudra surtout regarder quelle place chacun réservera réellement aux chevaux. Car pour les sports équestres, l’enjeu n’est pas seulement de savoir où se dérouleront les Jeux de 2036, mais également de s’assurer qu’ils pourront continuer à y disputer leurs trois disciplines.