Banda*de Hus, brillante compétitrice et prolifique génitrice

Très bonne gagnante internationale avec Kevin Staut puis Grégory Wathelet, Banda*de Hus s’est également distinguée avec une progéniture nombreuse et qualiteuse. Issue d’une fort bonne souche Oldenbourgeoise, elle est la mère, la grand-mère et même l’arrière-grand-mère de plusieurs bons performers.



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Blankonette III, la mère de Banda.

© Collection privée

Notre galerie de portraits intitulée “Trésors de championnes” s’intéresse aujourd’hui à Banda*de Hus. Pour rappel, GRANDPRIX s’est appuyé sur une sélection de juments nées après 1995, ayant obtenu d’excellents résultats sportifs, matérialisés par l’obtention d’un indice de performances supérieur à 160, et ayant engendré au moins deux produits eux-mêmes indicés à 140 et plus. Banda, qui a pris l’affixe de Hus après son acquisition par Xavier Marie à l’âge de trois ans, a vu le jour en 2002 chez Heinz et Werner Sandkamp à Gronau, une ville moyenne d’Allemagne frontalière des Pays-Bas. Bien que née dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, elle a été enregistrée au stud-book Oldenbourgeois.

Banda est une fille du puissant Hanovrien Argentinus (Argentan I), qui a engendré de très nombreux gagnants au plus haut niveau tels le fantastique Arko III, vainqueurs de multiples Grands Prix et Coupes des nations avec le Britannique Nick Skelton, Anka 191, gagnante de la finale de la Coupe du monde avec l’Allemand Marcus Ehning, All Star 5, sacré champion d’Europe par équipes avec l’Irlandais Denis Lynch, Adlantus AS avec l’Allemand Lars Nieberg, Asti Spumante avec l’Allemand Thomas Mühlbauer, ou encore les très bons étalons Air Jordan, deuxième de la finale de la Coupe du monde avec l’Allemand Daniel Deusser, et Thunder van de Zuuthoeve.

La mère de Banda, Blankonette III, est une fille de Lefevre, un étalon Holstein qui n’a pas laissé une très grosse production, mais qui combine les sangs précieux de Landgraf I, Ramiro et Cor de la Bryère. Elle a également produit Lima 47 (OS, Lucky Boy), gagnant à 1,45 m avec l’Allemande Janne Friederike Meyer-Zimmermann et l’Américaine Alison Robitaille, et surtout Cool Down 7 (Old, Catoki), très bon gagnant international avec Ludger Beerbaum. Comme sa fille, elle poursuit d’ailleurs sa carrière à l’élevage au haras de Hus, au Petit-Mars, en Loire-Atlantique. “Sa production n’est pas aussi régulière que celle de sa fille, mais elle nous a donné de bons poulains, dont Far West de Hus, exporté en Irlande, et Chypre de Hus (Z, Conthargos), née en 2020, que je trouve parfaite”, estime toutefois Gilles Botton, responsable du saut d’obstacles au haras de Hus.

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Cool Down 7, brillant avec Ludger Beerbaum, est un frère utérin de Banda.

© Scoopdyga



Une grand-mère très française

Blankonette, la grand-mère de Banda, est très imprégnée de sang français puisque quinze de ses seize ascendants à la quatrième génération sont nés dans l’Hexagone. Elle est issue du croisement entre l’Anglo-Arabe Inschallah (Israël x Nithard) et les Selle Français Zeus (Arlequin AA x Matador AA), Furioso II (Furioso, Ps x Talisman) et Condor (Foudroyant II, Ps x Issu d’Amblie). Blankonette est également la mère de Conners (Corlando), gagnant à 1,40 m, et de Corlanda 14 (Corlando), gagnante à 1,60 m avec le Turc Sencer Can. Dans cette souche maternelle, enregistrée sous le numéro 24 à l’Oldenbourg, on trouve de très nombreux gagnants à haut niveau dans les trois disciplines olympiques. Citons notamment Zigeuner 1 (Old, Zeus) avec l’Allemand Gerd Wiltfang, Jackie Brown 4 (Han, Lord Pezi) avec l’Allemande Meredith Michaels-Beerbaum, Casirus (Old, Casiro I) avec l’Allemand Holger Wulschner, Carlos 328 (Old, Carolus I) avec l’Américain Karl Cook, Sans Soucis (Z, Surrealist van’t Paradijs) avec l’Irlandais Darragh Kenny et le Brésilien Rodrigo Pessoa, Casino Berlin (Old, Berlin) avec l’Allemand Hendrik Sosath, Bangkok Girl PP (Old, Balou du Rouet) avec l’Allemand Benjamin Wulschner, ou encore Lord Pepsi (Old, Lord Pezi) avec le Suisse Paul Estermann.

Banda a débuté en concours avec Marc Dilasser, qui l’a montée à quatre et cinq ans, avec à la clé une cinquième place lors de la finale nationale de Fontainebleau la deuxième année. Elle a poursuivi sa formation à six ans avec Yoann Le Vot, participant à la finale de Fontainebleau puis aux Mondiaux Jeunes Chevaux de Lanaken, avec une douzième place à la clé.

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Banda avec Yoann Le Vot en 2008 au CIR du Lion-d’Angers.

© Collection privée



Précoce et efficace

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Banda avec Ashley Fleischhacker en 2016 à Wellington.

© Sportfot

À sept ans, elle est passée sous la selle de Kevin Staut, qui l’a montée pendant trois ans, obtenant très vite de bons résultats. “Banda était très précoce. À huit ans elle avait déjà sauté le Grand Prix Coupe du monde d’Helsinki en étant classée (neuvième, ndlr). Juste après, nous avions terminé quatrième du Grand Prix CSI 3* de Montpellier. Elle était très marquée par Argentinus, avec des épaules un peu pendantes, peu de garrot et un très gros passage de dos, donc un déséquilibre entre l’avant et l’arrière-main. En revanche, elle était hyper puissante et avait une très bonne tête. Je ne garde d’elle que de bons souvenirs”, se remémore Kevin Staut, avec qui Banda s’est aussi classée à Amsterdam, Zürich, Valence, Rome, Estoril ou encore Stuttgart, obtenant l’indice de 163 à neuf ans. “Ensuite, elle a eu de très bons résultats avec Gregory Wathelet. Elle a très bien réussi à combiner sport et élevage, car elle s’est reproduite très tôt par transferts d’embryons. Elle était vraiment très consistante, efficace et utile dans mon piquet.”

Banda s’est également montrée très performante sous la selle de Grégory Wathelet, avec des victoires et classements dans des épreuves cotées entre 1,45m et 1,55m à l’âge de dix ans. Elle a ensuite passé une partie de l’année au haras de Hus pour des transferts d’embryon, avant de retrouver brièvement le cavalier liégeois puis d’être vendue à la jeune Américaine Ashley Fleischhacker avec qui elle a essentiellement concouru à 1,40m et 1,45m aux États-Unis, achevant sa carrière en octobre 2016. En 2018, elle a rejoint le haras VDL, aux Pays-Bas, où elle poursuit sa carrière de poulinière entamée en France.

Mise à la reproduction par transferts d’embryon dès l’âge de quatre ans, Banda a donné quatre produits en 2007, dont Thorus (ISO 136, SF, Diamant de Semilly), classé à 1,40m avec Davy Bouvier Chabot et François Poppe avant d’être exporté au Venezuela, Champagne de Hus (Old, Chellano Z), mère de Astrait de Hus (ISO 120, SF, Shouppydam des Horts) et Bangalore de Hus (ISO 130, SF, Conrad) et grand-mère de Gravure de la Mouline (ICC 134, SF, Eldorado de Hus), deuxième du championnat des quatre ans de concours complet avec Astier Nicolas. En 2007, Banda a aussi donné France de Hus (Old, Fergar Mail), mère de Valencia de Hus (ISO 135, Z, Vivaldi du Seigneur) et de Brooklyn de Hus (ISO 141, SF, Conrad), gagnant du Grand Prix CSI 3* de Megève avec le Marocain Abdelkebir Ouaddar avant de passer sous la selle des Irlandais Cian O’Connor et Max Wachman.

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Banda avec Grégory Wathelet en 2012 à Genève.

© Scoopdyga



Farouk de Hus, le produit phare de Banda

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Brooklyn de Hus avec le Marocain Abdelkebir Ouaddar en 2019 à Megève.

© Nicolas Hodys

Banda est également la mère d’Uranhus (ISO 141, SF Lamm de Fétan) classé en Grands Prix à 1,45m avec Yohann Mignet, Colisée de Hus (ISO 136, Z, Cirhus), performant à sept ans avec Timothée Anciaume avant d’être exporté aux Émirats arabes unis, Eiffel de Hus*GFE (ISO 153, SF, Con Air), labellisé Excellent lors de la finale nationale des six ans sous la selle de Valentin Besnard, Et Toc de Hus (ISO 126, SF, L’Arc de Triomphe), Venise de Hus (Z, Vivaldi du Seigneur), mère du prometteur Falko de Hus*GFE (ISO 128, SF, Baloubet du Rouet). Et le sang de Banda brille surtout à travers Farouk de Hus (Z, For Hero). Sous la selle de Jérôme Hurel depuis l’âge de huit ans, le hongre a effectué une remarquable saison 2020 avec trente-sept classements, dont vingt-deux podiums et dix victoires jusqu’en Grand Prix à 1,45m, ce qui lui a valu un ISO 160.

“Nous nous sommes aperçus assez tard que Banda produisait si bien”, admet Gilles Botton, qui l’a également montée lors de quelques parcours. “Au début, elle a été croisée avec des étalons un peu importants qui ne lui convenaient pas vraiment, comme Lamm de Fétan et Diamant de Semilly, même si les poulains se sont bien comportés en concours, comme tous les produits de Banda. Ensuite, nous avons essayé de la croiser plus intelligemment et cela a fort bien fonctionné. Nous ne l’avons pas conservée longtemps puisque Xavier Marie l’a vendue aux États-Unis trois ans après mon arrivée. Elle nous a laissé des filles qui produisent elles aussi très bien, dont la meilleure est sûrement France de Hus. Ses filles et fils sont très sains et solides, ce qui est très important en élevage. De plus, ils sont compétitifs et guerriers en piste. Physiquement, ils sont généralement très imprégnés par leur père.”

En septembre dernier, lors de la vente aux enchères Trigon, organisée par Frederik de Backer, le haras VDL et Stal Tops, la ravissante Benanda VDL (Z), produit du croisement assez exclusif entre Banda de Hus et Bacardi VDL (KWPN, Corland x Kannan), l’ancien crack de la Suissesse Janika Sprunger, a été vendue 56.000 euros à un client américain. Avec des produits encore jeunes, ainsi que de nombreuses filles et petites-filles poulinières, la descendance de Banda n’a sûrement pas fini de faire parler d’elle et l’on devrait assister à l’émergence d’autres très bons compétiteurs dans les prochaines années.

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Farouk de Hus avec Jérôme Hurel en 2020 à Grimaud.

© Sportfot



Banda*de Hus avec Marc Dilasser en finale du championnat de France des chevaux de cinq ans, en 2007.

En 2010, Kevin Staut et Banda s’étaient classés sixièmes du Grand Prix CSI 3* de Montpellier.

En novembre dernier, Jérôme Hurel et Farouk de Hus ont décroché la victoire dans un Grand Prix à 1,45m disputé à Saint-Lô.

Eiffel de Hus*GFE avec Valentin Besnard il y a quelques jours à Saint-Lô.

Benanda VDL, fille de Banda et Bacardi VDL, vendue 56.000 euros en 2020.