Harry Charles : “Je n’ai jamais eu un cheval de la qualité de Freda”
Dimanche, Harry Charles, qui avait contribué à la médaille de bronze par équipes de la Grande-Bretagne aux championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, s’est paré du même métal en individuel avec LT Holst Freda. Voici la réaction du cavalier, auteur de l’un des trois doubles sans-faute de la finale individuelle:
“Aix-la-Chapelle est lieu vraiment particulier. Comme le dit Steve (Guerdat, ndlr), je pense qu’il n’y a pas meilleur endroit que ce stade pour accueillir un championnat. Lorsque j’étais enfant, c’était celui dont tout le monde parlait, celui où l’on voyait nos idoles gagner. Justement, l’une de choses qu’ont en commun les cavaliers que je considère comme mes modèles, à l’instar de Steve ou de Scott (Brash, ndlr), est qu’ils terminent toujours proches du podium lors des grands championnats. Je rêvais d’en faire de même, mais jusqu’ici, je n’avais jamais vraiment réussi.
Cette fois, ce n’était pas forcément très bien parti non plus. En mai, j’étais à la maison en train de me dire que je ferais peut-être bien de réserver des vacances cette semaine-là, car il semblait peu probable que je participe à ces Mondiaux. Et puis, Freda est arrivée et elle a tout changé pour moi. À l’origine, elle était destinée à mon épouse, Eve (Jobs, ndlr). Lorsqu’elle a eu l’opportunité de l’essayer, elle venait de rentrer en Angleterre, mais elle a tout de suite sauté dans un avion pour revenir aux Pays-Bas, où se trouvait la jument. Avec mon père (Peter, sacré champion olympique par équipes avec les Britanniques en 2012, ndlr), nous avons rejoint Freda avant Eve, et quand elle est arrivée, je lui ai dit qu’il n’était peut-être même pas nécessaire d’essayer la jument, car j’étais déjà tombé amoureux d’elle.
Et puis un jour, alors que nous étions dans la carrière, Eve m’a demandé si je me pensais capable de disputer les Mondiaux avec Freda. Je lui ai répondu que non, pas vraiment, car il ne restait que trois mois avant leur coup d’envoi. Elle a alors posé la même question à mon père, qui lui a dit que c’était tout à fait envisageable (rires). Honnêtement, nous nous sommes parfaitement entendus dès le premier jour, mais Aix restait un rêve complètement fou. Le CSIO 5* de Rotterdam (où la grise a signé un double zéro en Ligue des nations Longines mi-juin, ndlr) est déjà arrivé vraiment tôt pour notre couple, mais elle y a montré à tout le monde à quel point elle était incroyable. Nous, nous le savions déjà ! Pour autant, l’emmener en championnat, et qui plus est à Aix-la-Chapelle, restait un grand défi, mais je savais que nous pouvions viser une performance individuelle.
Malheureusement, les deux premiers jours, j’ai commis des erreurs, et le podium semblait alors bien loin. Même ce dimanche, en étant vingt-troisième avant la finale, je me suis demandé l’espace d’un instant si cela valait le coup de sauter. J’ai même demandé à ChatGPT s’il était encore possible pour moi de décrocher une médaille (rires). Il m’a répondu que c’était peu probable, mais pas impossible. De toute façon, je n’aurais jamais renoncé à disputer cette finale (rires).
En tout cas, c’est vraiment génial de me retrouver sur le podium avec ces deux gars-là. J’ai encore du mal à y croire. J’ai une chance folle de pouvoir compter sur une jument et une équipe incroyables. Je n’ai jamais eu un cheval de la qualité de Freda, et peut-être que je n’en aurai jamais d’autre, mais c’est ok. Clairement, nous ne la surexploiterons pas. Elle sera uniquement orientée vers les plus beaux défis de notre sport.”
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